Pas de jours gras pour le Cap. Il manque à la ville de l'argent, l'énergie nécessaire, pour organiser les festivités carnavalesques dans la métropole du Nord.
Après la levée de la reine-soleil à Jacmel, les capois s'attendent à donner la réplique. Comme ville historique et touristique, le Cap possède autant de potentialités que la métropole du Sud-est.
« Depuis deux semaines environ, les Capois s'inquiètent de savoir si cette année le carnaval aura lieu dans leur ville, car aucun ministère ne s'est offert pour financer les festivités carnavalesques de la ville », déclare le président du comité carnavalesque 2007, le Dr Clausel Midy. Il se dit être dans une position inconfortable face à la population capoise qui attend ce soulagement thérapeutique.
Jeté aux oubliettes
« C'est dans cette ambiance de trouble que le comité a appris la venue au Cap-Haïtien du ministre de la Culture et de la Communication, souligne Dr Midy. Je me suis dit dans ma naïveté que c'est Dieu lui-même qui l'envoie pour résoudre les problèmes de la ville, ou tout au moins apporter quelques précisions sur l'imbroglio dans lequel le comité se débat. »
Dr Midy a fait savoir par ailleurs que le comité devait avoir une entrevue avec le ministre. Cependant celui-ci n'était pas venu pour « régler les problèmes de carnaval mais pour un déplacement privé. »
« Le Cap-Haïtien a été jeté aux oubliettes », déplore le Dr Midy tout en indiquant que « le comité a été éconduit » au vu et au regard de la presse.
La somme de 81 millions de gourdes a été décaissée pour les festivités carnavalesques. Jusqu'à présent aucune précision n'a été fournie officiellement au sujet de l'origine des fonds de l'Etat alloués à l'organisation du carnaval de Jacmel qui a eu lieu le 11 février en cours.
Port-au-Prince aura sa part du lion. Et le Cap? se questionne le président du comité carnaval 2007 de la métropole du Nord.
« Le ministère de la Culture et de la Communication, touché à ce sujet, précise Dr Midy, nous renvoie au ministère de l'Intérieur qui, lui-même, déclare n'avoir pas un sou à allouer au Cap-Haïtien et que cette partie relève du ministère de la Culture. Les élus locaux, députés et sénateurs alertés, disent mener une bataille terrible afin d'obtenir une subvention des ministères sus-cités, mais ceux-ci restent fermes sur leur position. »
Le Sénateur Kelly Bastien, pour sa part, a laissé entendre sur les ondes que ce serait une grossière erreur du gouvernement si le Cap n'est pas inclus dans son programme de carnaval 2007. Il a soutenu ensuite que le Cap possède les deux meilleurs orchestres musicaux du pays, le Tropicana et le Septentrional.
Soulignons que le ministre de la Culture, M. Daniel Elie, avait été convoqué dernièrement devant la Commission culture du Parlement pour donner des informations au sujet des 81 millions de gourdes. Toutefois, il avait fait savoir que la somme n'est pas suffisante pour organiser un carnaval à travers toute l'étendue du territoire.

Tous les regards convergent vers Jacmel, « La capitale culturelle d'Haïti ». Jacmel est convoité. Mais souvent on oublie qu'il y a un effort déployé par les secteurs de la société civile jacmélienne pour réussir manifestement chaque année des événements culturels allant du cinéma, des festivals de la poésie, des guédé et le carnaval. Par contre, au Cap, les responsables s'accrochent à un certain passé nostalgique et oublient de s'investir dans le présent. Toutefois, le problème de l'organisation du carnaval au Cap demeure une responsabilité d'Etat pour ne pas envenimer les régionalismes d'une ville à l'autre. C'est le moment idéal pour la société civile capoise, de faire revivre la fierté christophienne, de se lever de bon pied avec ses reines et ses rois.
Source: Le Nouvelliste