La visite de quelques heures du président vénézuélien Hugo Chavez en Haïti, le 12 mars, fera la une pendant plusieurs jours, sinon dans les médias du moins dans les discussions quotidiennes de l’Haïtien.
Ils sont nombreux à dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas. « Nous voyons tout le monde s’improviser expert en relations internationales. Mais personne n’ose dire clairement que l’administration Bush ne va pas rester sans réaction sur ce mini-sommet », explique l’un d’entre eux.
« Il y aura bientôt une augmentation du nombre de déportés et les démarches pour l’obtention des visas américains en Haïti seront de plus en plus compliquées et difficiles », poursuit-il.
En Haiti, l’obstention d’un visa pour « l’Eldorado étasunien » relève souvent d’un parcours du combattant. Des dizaines de citoyens haïtiens, reçus par les services consulaires américains, espèrent chaque jour décrocher le sesame en vue de se rendre aux Etats Unis d’Amérique.
Un autre membre du groupe prend à parti l’immigration américaine pour les déportations massives des illégaux haïtiens. « Ils envoient des gens qui n’ont aucun contact avec la réalité haïtienne. Des gens qui, parfois, n’ont aucune famille en Haïti. Et lorsqu’ils en ont une, elle est composée de proches dépourvus de moyen économique. »
Un homme de grand âge déclare brutalement « une capitale avec en moyenne quatre heures d’électricité par jour avec ces quartiers résidentiels transformés en bidonvilles, des rues envahies par les marchands, une fuite exagérée de cerveaux, une couverture forestière évaluée à moins de 2% et une misère effroyable, il faut bien qu’un jour il se passe des qu’en-dira-t-on, s’il veut sortir des griffes du sous-développement entre lesquelles le pays se trouve coincé depuis plus de 200 ans d’indépendance.