"Sans Pays" : Un livre de larmes de sueur et de sang
Président de la société des gens de Lettres en 1950 et originaire de la région niçoise, Alain Absire a été couronné par le prix Femina en 1987, frôlant de peu le Grand Prix du roman de l'Académie Française, son ouvrage "l'égal de Dieu", un pur chef d'œuvre, se situait au Moyen Age en Normandie. Plusieurs de ses titres ont défié la chronique et connu un grand succès auprès du public, comme " Lazare " ou le " Grand sommeil ", " Alessandro " ou " la guerre des chiens ", " Lapidation ", " Roman d'une ville en douze nuits " dont certains ont été réédités en livre de poche.
Absire voue un culte au soleil et à l'Italie en particulier et beaucoup de niçois ont encore en mémoire " Les Noces Fatales " dont l'action se déroule à Naples au moment de l'Unité italienne avec les partisans de Garibaldi.
" Toute l'œuvre d'Alain Absire est pétrie de passion et en même temps, elle dérange " souligne Marc Douin, son ami d'enfance qui nous présente " Sans Pays " le dernier Absire sorti en mars comme une brise de printemps. Un roman où la peur et la violence s'egrennent au fil des pages entre Haïti et Paris sur fond de culture française et d'université où riment les mots déchanté, précarité et rivalité.
Après avoir fui les exactions de son pays pour étudier dans la capitale, l'héroïne Rosena échoue dans le squat de Cachan où elle connaît la misère et la lâcheté humaine, celle des petites chefs qui l'entraînent dans les petits boulots, gardienne de nuit dans les parkings à l'esclavage de la machine à coudre des ateliers clandestins.
La déchéance atteint son paroxysme avec l'évacuation manu militari du squat et le parcage des humains dans un gymnase qui avait l'outrecuidance de s'appeler " Belle image ".
Ce livre est fait de larmes de sueur et de sang stipule l'historien Marc Douin qui tient à rappeler que nos ancêtres sont arrivés dans ce pays souvent sans papier et il ajoute que plutôt que de parler d'humanisme, Absire préfère invoquer la dignité humaine. Ce roman " Sans Pays " basé sur des faits avérés réveillera peut-être les consciences pour faire changer les choses comme le préconise Marc Douin
" Sans Pays " chez Fayard.