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Existe-t-il vraiment un mental individuel ?

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Published by TiCam- 06-13-07
news Existe-t-il vraiment un mental individuel ?

A- Le problème des intercommunications psychiques
Mark Twain, le célèbre écrivain humoristique, pensait qu' un livre sur les nouvelles mines d'argent du Nevada serait, dans la conjecture du moment, assuré du succès. Mais il n'avait ni le temps, ni grande envie de s'en occuper. L'idée lui vint alors de faire appel à un ami qui se trouvait à l'autre extrémité des Etats-Unis, un certain Wright, et de lui confier le projet. Dans la longue lettre qu'il lui écrivait, il proposait l'ordre à suivre pour le récit. Mais au moment de poster la lettre, il se dit que si, par hasard son ami, après avoir écrit le livre, ne réussissait pas à trouver un éditeur, il se trouverait dans une position embarrassante.
Il décida donc de ne rien faire ; il conserva cependant celle lettre dans ses papiers personnels. Quelques jours plus tard, lui parvenait un long manuscrit que Wright lui envoyait en lecture. La trame en était identique à ce qu'avait imaginé Twain, et le manuscrit était daté du jour même où avait failli partir la lettre.
Coïncidence ? Disons alors que tout est coïncidence. Hasard ? Alors tout est dû au hasard. Vraiment, ce n'est pas sérieux. Mark Twain, lui, tira de l'incident sa «conclusion logique». Notons que Twain fut non seulement un journaliste et un écrivain mais aussi et surtout un observateur pénétrant de petits faits divers. Il relevait systématiquement les coïncidences de la vie courante, «Coïncidences banales trop fréquentes pour être fortuites». Ainsi, les lettres qui se croisent comme si la même idée était venue au même moment aux deux correspondants. Ainsi, également, les initiatives simultanées comme germées d'une impulsion unique en plusieurs esprits. Ainsi, enfin, l'idée commune commercialement exploitable, ou matière à brevet d'invention, voire d'authentiques découvertes scientifiques. L'opinion courante était alors qu'il y avait en «vol d'idée». Le délit était difficile à prouver et à poursuivre. Le téléphone, par exemple, eut quatre inventeurs, et l'intervention un seul bénéficiaire. Mark Twain ne croyait pas au «vol d'idée». Peu à peu s'était imposée à lui ne autre hypothèse explicative, celle des «fuites mentales». L'épisode rapportée plus haut l'en à convaincu.
Il admit en effet que la télépathie pouvait être la seule responsable des «vols d'idées» en technologie comme en science, ainsi que des plagiats littéraires. Twain a exposé ses idées sur cette «contrebande» mentale dans un opuscule au titre évocateur : « La télégraphie mentale». Rappelons que le XIXe siècle était celui des premiers triomphes technologiques de l'électricité. «Quelle fût ou semblât mystérieuse ne faisait qu'en accroître le prestige», écrit un chercheur averti. «Tout ce qui se dérobait à l'explication immédiate était attribué à l'électricité, la nature du lien restant bien entendu à définir. Il ne pouvait en être autrement de la télépathie.»
Qu'est donc le courant électrique ? Quelque chose d'impalpable qui, le long d'un fil, transporte les idées, allume les lampes, fait tourner les engrenages à distance. La communication télépathique fait aussi courir les idées d'un cerveau à un autre, tels les télégrammes anonymes à des correspondants inconnus. A l'époque, les télégrammes empruntaient le fil ; les idées, non. C'est ainsi que Twain considérait la télépathie comme une forme plus impalpable et subtile de l'électricité». Il en était si convaincu qu'il voulut inventer un appareil capable de «capter cette quintessence électrique». N'y parvenant pas, il se consola en lui donnant un nom, le «phrénophone».
Un spécialiste de l'inexplique plaide en faveur de Twain. Il parle de «l'excusable ingénuité d'un homme à qui nous devons... les plus fines observations sur les pseudo coïncidences et dont les intuitions sur les intercommunications mentales, les flux et reflux mentaux prennent aujourd'hui toute leur valeur.» Il fait bien entendu des réserves sur les analogies simplistes et superficielles, utilisées par Twain, avec le monde de la physique. Ces analogies «pouvaient être d'une certaine utilité pour donner aux ignorants une première idée de phénomènes qui demeurent pourtant hors de la physique comme la télépathie.» Comme le soutient un auteur spiritualiste, «c'est le monde physique qui dépend d'un ordre supérieur, ultra physique, et non l'inverse.»
Un demi siècle plus tard, un excellent et talentueux conteur Upton Sinclair, écrivait un livre où il rendait compte de ses expériences sur ce qu'on appelait alors la «transmission de pensée à distance». L'ouvrage s'intitulait «Radio mentale». L'équivoque avait certainement persisté mais avec une terminologie remise à jour. Un historien du paranormal a affirmé que Twain et Sinclair «étaient sans doute des sensitifs». Et d'argumenter : «On imagine mal que des hommes puissent s'aventurer en de telles recherches sans avoir été directement impliqués en des phénomènes que la grande masse ignore ou nie. Et cela suppose une certaine étoffe, celle précisément des sensitifs.» D'ailleurs, ajoute-t-il, nous sommes tous des sensitifs, mais pas tous au même degré. «On peut être en la matière, plus ou moins doué, comme on serait plus ou moins doué pour les mathématiques ou la musique, comme on peut avoir plus ou moins de mémoire.»
Chose étonnante, les intercommunications mentales peuvent avoir lieu au cours de processus oniriques apparemment normaux. Tout se passe comme s'il existait une sorte de complémentarité entre deux rêves faits par des sujets différents. Les psychologues orthodoxes, ceux qu'Arthur Koestler appellent les «psychologues de la terre plate» n'en reviendraient à l'écoute de ces récits qui abondent dans les annales de la recherche métaphysique.
Monsieur X assistait à une réception chez Madame Y. Il prit congé à 10 heures du soir. La même nuit, Mme Y eut le rêve suivant : Elle est à la station avec un Monsieur, un inconnu ; plusieurs amis sont présents au départ, y compris M. X Soudain, le véhicule se met en marche et Mme Y les quitte sans avoir eu le temps de prendre tous les bagages. Elle crie par la fenêtre à M. X de les lui passer, sans oublier la valise jaune. Arrivée à destination, elle va au dépôt et trouve tous ses bagages, sauf la valise jaune. M. X. est là aussi et la dame le gronde pour sa négligence.
Le lendemain matin, Mme Y raconta son rêve à témoin M. Z et environ une heure après, M. Z étant encore présent, M. X arriva. Avant qu'on lui ait dit quoi que ce soit au sujet du rêve, il racontait celui qu'il avait eu lui-même la nuit précédente. Il se trouvait dans une gare et devait garder les bagages de Mme Y. On lui avait spécialement recommandé une valise jaune. Il transporte tout à grand peine mais la valise jaune manque ; il ne sait comment. Il monte les escaliers vers la consigne et trouve Mme Y qui lui fait de vifs reproches de sa conduite.
Selon G. N. M. Tyrell, qui a rapporté le cas, Mme Y ajoute une déclaration qu'elle a signée et qui est ainsi libellée : je racontai mon rêve à M. Z avant d'entendre celui de M. X et ce dernier à son tour raconta son rêve à M. Z sans avoir entendu le récit du mien. L'auteur souligne que Mme Y possédait une valise jaune mais M. X n'était pas sûr de l'avoir jamais vue.
Un négateur absolu pourrait dire que M. X et Mme Y avaient rêvé de bagages la même nuit et que la coïncidence était due au hasard. Peut être ajouterait-il que tous les deux avaient des obsessions au sujet des bagages et qu'ils en rêvaient fréquemment. Un psychanalyste freudien pourrait même trouver quelque signification sexuelle aux bagages. Mais même si tout cela était vrai, ça ne suffirait pas à justifier raisonnablement une explication par le hasard.
Analysant ce cas, Tyrell souligne qu'il «ne s'agissait pas simplement de deux percipients (récepteurs) qui rêvaient de bagages la même nuit : leurs rêves coïncidaient en sept points différents : 1) dans les deux cas c'étaient les bagages de Mme Y. ; 2) M. X avait été spécialement chargé d'en prendre soin ; 3) il s'agissait particulièrement d'une valise jaune ; 4) M. X et Mme Y s'étaient rencontrés à la consigne ; 5) la consigne était en haut des escaliers ; 6) la valise jaune était perdue ; 7) M. X était grondé par Mme Y pour l'avoir perdue.»
L'explication par le hasard de rêves coïncidents est fondée, dit Tyrell, sur l'hypothèse que les gens ont souvent des rêves semblables qui ne sont pas à la même date et qui sont oubliés ou négligés. On ne se les rappelle que s'ils sont simultanés. Remarquons que dans le cas intéressé, les rêves furent racontés avant que personne ne connût leur coïncidence. «L'explication par le hasard impliquerait que M. X et Mme Y avaient souvent des rêves présentant ces sept coïncidences, mais qui avaient été oubliés jusqu'au moment où ils se produisirent la même nuit. Il suffit de dire nettement tout ce qu'exige l'hypothèse fortuite pour voir à quel point elle est inadmissible.»
Alors comment expliquer les intercommunications mentales, qu'elles soient vigiles ou oniriques ?... (A suivre)
Source: Le Nouvelliste
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  #1 (permalink)  
By Al Saqr on 06-14-07, 06:55 AM
Stanford a longtemps consacré un département à l'étude de ces phénomènes pour finir par le fermer car il n'y avait aucun résultat.
Chaque année, des récompenses importantes sont offertes à ceux qui pourraient reproduire (même pas prouver !) un phénomène de ce type. Personne ne les a encore gagnées.
Pour moi, c'est clair et net.
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