«Haïti Chérie», une fiction du réalisateur italien Claudio Del Punta sur les conditions de vie de nos compatriotes dans les bateys, campe la tragédie d'un couple d'Haïtiens travaillant en République dominicaine et voulant rentrer au pays.
«Haïti Chérie» raconte l'histoire d'un voyage entre la République dominicaine et Haïti, celui d'un jeune couple de travailleurs migrants haïtiens qui, pour échapper aux conditions de surexploitation sévissant dans les champs de canne à sucre dominicains, décident de revenir, au risque de leur vie, dans leur pays d'origine, Haïti.
Avec la participation de Yeraini Cuevas, Valentin Valdez, Jean Marie Guérin et Juan Carlos Campos, des acteurs amateurs, «Haïti Chérie» est un film qui éclaire d'une manière particulièrement obsédante les traitements inhumains que les grandes compagnies sucrières, basées en République dominicaine et bénéficiant d'un climat anti-haïtien généralisé, infligent à ces travailleurs clandestins, lit-on sur le site haitiensenfrance.online.fr.
On retiendra aussi la critique d'Arno Gaillard, relevée sur Première.fr : ce film «nous dit mieux que tous les journaux télévisés, la misère dans cette partie du monde». Interprété par des comédiens pour la plupart amateurs mais acteurs de cette vie terrible, ce retour en Haïti douloureux nous aide à mieux comprendre le drame d'un pays.
«Claudio Del Punta, poursuit Gaillard, filme l'exploitation des paysans, des ouvriers, la détresse humaine et la brutalité des militaires. Devant sa caméra, la tragédie du peuple haïtien et la vie des clandestins qui travaillent en République Dominicaine (…) Ce Haïti entre documentaire et fiction, semble attendre des bras qui enfin lui diraient : Nous t'aimons, nous t'aiderons ».
D'une durée d'une heure et demie, cette fiction est l'histoire de Jean-Baptiste et de Magdaleine, un couple de migrants haïtiens en République Dominicaine qui, ne supportant plus la vie dans la Batey veut retourner en Haïti. Même si Jean-Baptiste espère pour eux deux une vie meilleure en République Dominicaine, la mort de leur enfant de sous-alimentation confirme sa décision.
La tentative de viol de Magdaleine par l'un des gardes va précipiter leur départ. Avec l'aide d'Ernesto, médecin militant de la plantation, ils s'enfuient, emmenant avec eux Pierre, un jeune coupeur de canne de 14 ans complètement dévoué à Magdaleine.
Le groupe traverse la République Dominicaine, essayant d'oublier leur vie de misère et les injustices qu'ils ont subies jusque lors. Une situation d'autant plus choquante quand elle est mise en regard du tourisme florissant sur cette partie de l'île et qui n'a aucun contact avec leur réalité.
Le retour du couple en Haïti sera une rencontre tragique avec un monde dévasté par la pauvreté et la violence.
Après l'exposition «Esclaves au paradis» qui a fait couler beaucoup d'encre, «Haïti chérie» est un autre moyen d'attirer l'attention sur la tragédie des fameux braceros, ces Haïtiens travaillant dans les plantations de canne dominicaines et évoluant dans des conditions de vie infrahumaines. Une situation que plusieurs organisations dont l'ONG Amnesty International et le Collectif 2004 Images ont déjà dénoncé comme une nouvelle forme d'esclavage. La sortie d'Haïti Chérie relaiera cette campagne en partenariat avec Libération, RFI, Africultures, le collectif Haïti et Gens de la Caraïbe.
Ce drame de l'Italien Claudio Del Punta a déjà décroché plusieurs distinctions dont le Prix de la Jeunesse du 60e Festival de Locarno (Suisse) et celui du Meilleur Scénario du Festival du Film d'Amour de Mons, Sur l'île d'Hispanola dans les Caraïbes.
«Haïti chérie» sortira en France le 28 mai.