Le refus opposé par le procureur du tribunal de Nanterre au mariage entre une personne transsexuelle et un travesti est "scandaleux", a affirmé vendredi Alain Piriou, porte-parole de l'Inter-LGBT (interassociative lesbienne, gaie, bi et trans).
Le procureur de Nanterre Bernard Pagès a annoncé jeudi qu'il s'opposait au mariage de Camille Barré (femme depuis 1999 selon l'état-civil) et l'Argentin Benito Martin Leon, qui se fait appeler Monica et revendique sa féminité, estimant qu'il s'agit "d'un mariage militant".
"Je ne m'attendais pas à cette décision, affirme Alain Piriou, Camille et Monica se sont rencontrées il y a un an, elles vivent ensemble". Certes, ajoute-t-il, "c'est une maladresse de la part de Monica de s'être présentée comme femme et d'avoir revendiqué un mariage de +genres+ identiques", mais "la loi est "claire, c'est l'état-civil qui compte".
"C'est bien la raison pour laquelle le mariage de Bègles (entre deux hommes, ndlr) a été interdit. La justice ne peut utiliser cet argument aujourd'hui, elle dit donc que le mariage n'est pas sincère, c'est choquant et scandaleux", estime Alain Piriou.
Le porte-parole de l'Inter-LGBT, collectif d'associations dont, selon Alain Piriou, Camille Barré est membre du conseil d'administration, "n'a pas intérêt à se servir de ce mariage comme acte militant", accusation portée par la justice pour justifier l'interdiction du mariage.
"Le mariage de Bègles était un acte militant, mais aujourd'hui le débat sur le mariage entre homosexuel(le)s ne peut être tranché que par le législateur", dit-il.