BM: transferts de fonds des migrants ne suffisent pas pour le développement

Les transferts de fonds des migrants contribuent à réduire la pauvreté mais ils ne peuvent se substituer à des politiques de développement robustes, estime la Banque mondiale mardi dans un rapport sur les transferts vers l'Amérique latine et les Caraïbes. "Les transferts de fonds sont un moteur de développement mais ils ne sont pas un substitut à des politiques saines", a estimé Humberto Lopez, économiste à la Banque mondiale chargé de l'Amérique latine et des Caraïbes. Les effets positifs de tels mouvements vont de la réduction de la pauvreté à la hausse de l'épargne, en passant par l'accès accru aux soins et à l'éducation. Mais "l'effet des transferts de fonds sur la pauvreté et les inégalités est plutôt modeste dans la majorité des cas", a ajouté M. Lopez. La Banque mondiale chiffre à 167 milliards de dollars le montant total des transferts de fonds en 2005 (contre 31 milliards seulement en 1990). Sur ces sommes, une large partie va à l'Amérique latine et aux Caraïbes (48,3 milliards), où elles peuvent représenter une part très forte de la richesse nationale: 52,7% du PIB (produit intérieur brut) d'Haïti, 17% en Jamaïque et 16% au Honduras par exemple. Mais pour chaque hausse d'un point des transferts par rapport au PIB, la pauvreté n'est réduite que de 0,4%, souligne le rapport. De plus les transferts de fonds peuvent aussi avoir des effets pervers, comme la perte de revenus associés au départ du membre de la famille à l'étranger, la réduction de la population active dans le pays d'origine et une certaine appréciation des taux de changes, selon le rapport.