Un dopant licite : la café frappe fort !
9 avril 2007
Café équitable, marché corsé
Le commerce équitable pèse près de 2 milliards d'euros au niveau mondial dont 660 millions d'euros rien qu'en Europe. Le café absorbe, à lui seul, 5 % des parts de ce marché global.


1964. Première conférence des Nations unies pour le commerce et le développement, dont le slogan « Du commerce, pas de l'assistance » vient titiller la philisophie des échanges internationaux. À Paris, la toute première boutique de l'association Artisans du Monde lève son rideau rue de Rochechouart dix ans plus tard. C'est aujourd'hui le 1er réseau de commerce équitable (160 points de vente). En 1988, le label Max Havelaar est créé, poussé par les financements publics comme ceux du ministère des Affaires étrangères et le paiement de la certification par les entreprises agréées. À partir de 1995, les multinationales agroalimentaires commencent à s'intéresser de près au commerce équitable. Et pour cause, en France, le chiffre d'affaires du secteur (alimentaire et non-alimentaire) a explosé pour atteindre 230 millions d'euros en 2004. En 2005, un tiers du chiffre d'affaires de Malongo (22 millions d'euros) était réalisé par la vente de cafés et thés équitables. Pourtant, ce marché pâtit toujours d'une critique récurrente : le prix de ses produits. Le Conseil de la concurrence estime qu'ils sont en moyenne 5 à 15 % plus chers que leurs homologues classiques. Pourtant, dans le même temps, seuls 18 % des consommateurs jugent ces mêmes produits trop chers (1) et ils sont 42 % à avoir acheté des produits équitables au cours des 12 derniers mois (2). En attendant, le commerce équitable continue de se tailler une place de choix. La 7e édition de la quinzaine qui lui est dédiée aura lieu du 27 avril au 13 mai 2007. L'occasion de présenter les innovations futures. Malongo, par exemple,
est en train de développer un tout nouveau projet avec l'université de Nice Sophia-Antipolis et l'université d'État d'Haïti. À partir de fin 2007, certains paquets de café devraient posséder un « Tag » d'identification. L'acheteur aura ainsi accès, sur certains types de téléphone mobile, aux informations concernant l'origine du paquet et pourra visualiser via Internet et Google Earth les photos du lieu de production, la quantité produite, le nombre d'emplois créés...
Angélique Gineste
(1) Sondage TNS-Sofres, mars 2006
(2) Sondage Pèlerin-CCFD / TNS Sofres, avril 2006.