Le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis a procédé ce lundi à la cérémonie d'investiture, dans les locaux de la Primature, des neuf membres de la Commission mixte de Mise en Oeuvre de la loi HOPE (CMO-HOPE).
Placée sous la présidence du secrétaire général de la Primature, Ronald Beaudin, cette commission, établie pour une durée de 15 mois, devra faire atterrir le projet en accompagnant, conseillant les différents acteurs agissant dans le projet et en garantissant le respect des termes de la loi HOPE.
Cette loi baptisée ''Haitian Hemispheric Opportunity through Partnership Encouragement'' qui a déjà fait couler beaucoup d'encre surtout dans les médias haïtiens et américains, entend créer plus de 50.000 emplois en Haïti dans les secteurs du textile et des vêtements ainsi que des pièces de véhicules à moteur.
M. Alexis n'a pas manqué de souligner l'importance pour Haïti de cette loi votée en décembre 2006 qui, selon lui, est le résultat du partenariat engagé entre les secteurs public et privé soutenu par l'administration américaine. Il a profité de l'occasion pour remercier l'ambassadeur américain accrédité à Port-au-Prince, Janet A. Sanderson de l'intérêt mis par les responsables ces derniers temps dans les dossiers commerciaux qui concernent Haïti.
« C'est une démarche à poursuivre si l'on tient véritablement à garantir un environnement sécuritaire dans le pays », dit le Premier ministre qui, tout en parlant de la loi HOPE II, voit dans la mise en oeuvre de cette loi « le signe des temps ».
« De même que l'équipe gouvernementale travaille à renforcer chaque jour le climat sécuritaire dans le pays, à combattre la contrebande, la drogue, l'impunité et le blanchiment d'argent, la création d'emplois demeure l'une de ses plus grandes préoccupations pour la jeunesse et les familles d'Haïti », a par ailleurs souligné Alexis.
Selon lui, la loi HOPE offre ces opportunités. Il revient à la CMO-HOPE de créer les conditions qui facilitent la tâche à l'exploitation de cette loi.
La Commission mixte de Mise en OEuvre de la loi HOPE est formée de représentants de la Primature, des ministères du Commerce et de l'Industrie, de l'Economie et des Finances et des Affaires sociales et du Travail, de l'Association des Industries d'Haïti (ADIH), la Chambre de Commerce haïtiano-américaine (AMCHAM), l'Association des Zones franches (AZOF) et d'organisations syndicales.
La présidente de l'ADIH, Maryse Kédar, quant à elle, n'a pas caché son optimisme à cette étape jugée importante dans la mise en place de la loi HOPE. Elle a fait remarquer que des signaux de production ont déjà été lancés dans le cadre de la loi HOPE. « Les premiers résultats, dit-elle, se manifestent déjà chez nous par la création de 1200 emplois et par l'acquisition d'immeubles au parc de la SONAPI qui, d'ailleurs aujourd'hui, affiche complet. »
Maryse Kédar prévient ses partenaires que des défis sont à surmonter pour permettre au pays de bénéficier pleinement des opportunités offertes par la loi HOPE. Parmi ces défis, elle cite : la formation professionnelle et académique ; les infrastructures portuaires, énergétiques et sanitaires ; l'accès au financement pour les entreprises actuellement décapitalisées ; l'accueil et la facilitation des investissements.
La présidente de l'ADIH lie la réussite de ce projet à la capacité et l'efficacité de l'Etat de dissuader et empêcher toute forme de contrebande. « Car, ajoute-t-elle, toute contravention mettrait en péril l'ensemble de ces dispositions. »
Mme Kédar a fait ressortir quelques points de divergences décelés dans les règlements soumis par la douane américaine dans le cadre de l'application de la loi HOPE. « Nous espérons que nos observations et commentaires persuaderont nos interlocuteurs américains », avance-t-elle.
Le président de la CMO-HOPE entend orienter les efforts de cet organe vers la recherche de l'efficacité. Fort de ses expériences dans l'administration publique avec des gens du secteur privé, il promet de permettre à Haïti de tirer les meilleurs profis de cette loi.
Source: Le Nouvelliste