Quelque 4 milliards de dollars seraient nécessaires à Haïti pour les trois prochaines années. Pour ouvrir leur bourse au pays le plus pauvre de l'Amérique, les bailleurs de fonds exigent de l'ordre dans l'administration publique. Jacques-Edouard Alexis, le chef du gouvernement, s'y engage et part à la conquête des milliards!
25 avril 2008, les bailleurs de fonds internationaux ont rendez-vous à Port-au-Prince pour décider des modalités de financement du Document de stratégie nationale pour la croissance et la réduction de la pauvreté (DSNCRP). Quelque 4 milliards de dollars, a indiqué le Premier ministre Jacques-Edoaurd Alexis, dans le cadre de ce dernier document qui viendra suppléer au Cadre de Coopération Intérimaire (CCI), sont nécessaires à Haïti pour les trois prochaines années.
Un budget définitif, dit-il, sera élaboré d'ici la rencontre programmée pour le mois d'avril avec les partenaires d'Haïti. Des émissaires haïtiens, a annoncé le chef du gouvernement, seront dépêchés auprès des responsables politiques des agences internationales afin d'exposer nos attentes et avoir une idée des enveloppes disposées par ces partenaires avant même la tenue de la conférence annoncée pour le mois d'avril dans la capitale haïtienne.
« Ces dernières années, l'essentiel de l'aide internationale à Haïti passe par les ONG - Organisation non gouvernementale -, a déploré le Premier ministre Alexis. Nous avons une grande préoccupation sur les mécanismes de développement de l'aide. » Des efforts, a admis le chef du gouvernement, devront être consentis pour qu'une plus grande partie de l'aide internationale au pays passe par le gouvernement.

Le Premier ministre Jacques-Edoaurd Alexis qui s'exprimait à l'issue d'une rencontre à huis clos avec des partenaires internationaux entend mettre de l'ordre tant dans l'administration publique que dans la façon où l'aide arrive au pays. Le chef de la Villa d'Accueil a particulièrement déploré la duplication des ONG. « Certaines des organisations non gouvernementales agissent sans connaître les sphères d'actions des autres structures », se plaint-il. Dans l'attende d'un vrai succès de la prochaine conférence des bailleurs, le Premier ministre a, par ailleurs, annoncé des réformes tant au niveau de l'administration publique que dans la législation haïtienne, condition sine qua non, pour décaisser des fonds au profit du pays.
Source: Le Nouvelliste