Le projet nourri par le Secrétaire général de l'Organisation des Nations-Unies, Ban Ki-Moon, de faire de la République dominicaine le grenier de la Caraïbe ravive l'appétit des Haïtiens, de plus en plus intéressés à faire partie du projet évalué à 1 milliard de dollars américains. Le projet entend apporter une réponse urgente à la crise alimentaire qui secoue la région caribéenne.
Le directeur exécutif de la Commission de développement frontalier (CDF) , Max Antoine II, est monté au créneau mercredi pour plaider en faveur de la participation d'Haïti à ce projet qui, sinon, risque de profiter uniquement à la République dominicaine.
« Les grandes performances réalisées par la République dominicaine dans le domaine agricole et agro-alimentaire restent à son honneur », a-t-il dit, soulignant que le projet pourrait s'étendre sur la ligne frontalière haïtiano-dominicaine où on a déjà identifié un grand nombre d'éléments complémentaires.
Signalant que la crise alimentaire se répercute négativement sur la situation socioéconomique, politique et sécuritaire des Etats caribéens, Ban Ki-Moon s'est donné pour objectif de faire de la République dominicaine un modèle d'utilisation des fonds destinés à combattre la faim et la malnutrition.
Max Antoine II assimile cette démarche à une idée vieille de plusieurs années qui voulait créer un fonds baptisé Fonds Hispaniola ou Fonds Quisqueya. « Ce fonds consisterait à convertir la dette de la République dominicaine vis-à-vis des Etats-Unis afin de constituer un fonds commun d'investissement et de développement de la frontière haïtiano-dominicaine, explique-t-il. Les priorités de ce fonds porteraient sur la protection des ressources naturelles, l'investissement dans l'agriculture et les infrastructures de même que la stimulation des investissements privés de manière à créer des emplois durables. »

Des vallées humides, des plaines franches, des rivières et des lacs sont autant de potentiels qui sont disponibles sur la zone frontalière terrestre haïtienne d'une superficie de 3 450 km2, souligne le directeur de la CDF. « Ses extrémités nord-est et sud-est baignent dans l'Océan Atlantique et la mer des Caraïbes, ce qui offre des possibilités énormes pour la pêche et le tourisme », dit-il, soutenant que si ce territoire est bien aménagé, il pourra produire des fruits, des légumes et d'autres variétés alimentaires, tant pour la consommation locale que pour l'exportation.
Max Antoine II souhaite que les autorités des deux pays saisissent rapidement l'opportunité qui se présente de faire de la région frontalière un pôle dynamique de développement économique.
Source: Le Nouvelliste