Déjà aux prises avec un déficit alimentaire, la population haïtienne doit compter depuis le début de la saison des pluies avec un ennemi insidieux, qui risque de réduire encore son approvisionnement en vivres.
Le phytophthora colocasia ou mildiou, maladie caractérisée par une pourriture molle, menace en effet le mazonbèl - une variété de tubercules de la famille de l'igname - dans le département du Sud d'Haïti. Pour faire face à cette épidémie qui se manifeste depuis quelques semaines par des taches noires sur les feuilles et les pétioles, la direction départementale de l'Agriculture dans le département du Sud a organisé, la semaine dernière, deux séances de formation sur le terrain pour les paysans des communes des Cayes et de Maniche.
L'agronome Pierre Laurore a signalé que cette maladie provoque la mort prématurée des feuilles, puis celle du tubercule, et enfin de toute la plante.
Le département de l'Agriculture contre-attaque
Pour protéger la culture du mazonbèl - colocasiae antiquorum, de son nom scientifique -, l'agronome Cléveus Jean Fritzner a préconisé le traitement préalable des boutures dans une solution d'eau et de chlore. « 1 gallon de chlorox pour 9 gallons d'eau », a précisé l'agronome.
Il a illustré son propos en plongeant plusieurs boutures de cette grande plante herbacée dans une solution chlorée et les a laissé tremper de deux à trois minutes. Puis, il les a fait sécher à l'air avant de les planter.
Le représentant du Conseil d'administration de la section communale (CASEC) de Maniche, Déo Luis François, a félicité les agronomes pour cette séance de formation et a profité de l'occasion pour réclamer de l'Etat haïtien un encadrement des paysans pour changer la vie dans la communauté. « Bientôt, a-t-il dit, le conseil va mettre sur pied un groupe de paysans pour démarrer avec des plantations de mazonbèl. »
Le mazonbèl, aliment énergétique riche en amidon, est très prisé dans les consommés ou se mange cuit. Les feuilles peuvent également être consommées en légumes.
Source : Précinor Lubin, RTMS