La bombe pétrolière est beaucoup plus grosse que les observateurs avisés ne le craignaient. En effet, selon de nouvelles informations obtenues par Le Nouvelliste, les pertes totales absorbées par l'Etat haïtien s'élèvent à date à plus de 500 millions de gourdes.
Entre le 30 mars et aujourd'hui, sur chaque gallon de produits pétroliers consommé par le pays, le gouvernement accorde de fait une subvention de plus de 50 gourdes qui représente le manque à gagner consenti par l'Etat qui renonce à une partie des taxes et le financement accordé pour réduire de ce fait le prix facturé au consommateur final.
Cette situation de «subvention clandestine» inquiète à double titre: d'un côté le jour où le gouvernement décidera de faire payer le vrai prix aux utilisateurs la facture pétrolière risque de faire un bond spectaculaire et de provoquer des réactions de mécontentement ; d'un autre côté, plus d'un s'inquiète de savoir qui finance les largesses actuelles ou qui le fera à l'avenir.
Le président René Préval a-t-il ordonné à la Banque de la République d'Haïti de puiser dans les réserves de devises accumulées depuis plusieurs mois ou sommes nous entrain de jouer avec les clauses de l'accord Petro Caribe ?
Pour le moment aucune information officielle ne circule à ce sujet, affaires courantes aidant.
Cependant, selon des informations obtenues de sources concordantes, les compagnies pétrolières s'interrogent sur des impayés du gouvernement qui seraient entrain de s'additionner pour la première fois depuis des années.
"Beaucoup de personnes se font du souci de la gestion muette de la crise pétrolière. Nous sommes assis sur une bombe qui devient chaque jour plus dangereuse à mesure que les prix du pétrole augmentent sur le marché mondial. Rien que pour gérer l'annonce de la hausse des tarifs à la pompe, il nous faudrait un Premier ministre et un ministre des Finances qui communiquent avec la population", a indiqué au journal un économiste.
Dans cette affaire, des deux côtés le mal est infini: continuer à subventionner sans le dire la facture pétrolière pour faire la course contre la hausse des prix pratiqués sur le marché mondial est insoutenable et contre productif. Tout comme il est délicat, dans la situation actuelle, d'annoncer une hausse substantielle du gallon d'essence.
C'est risqué. Très risqué.
Source: Le Nouvelliste