En vue de faire face à la hausse persistante des prix du pétrole et des produits alimentaires, le président dominicain Leonel Fernández a sollicité, mardi 10 juin 2008, des fonds supplémentaires de la Communauté internationale en faveur d'Haïti. Le numéro un dominicain demande aux pays qui ont profité de l'augmentation des prix du brut d'aider les pays importateurs pauvres.
Le président dominicain s'exprimait, à Santo Domingo, à l'ouverture de la trentième assemblée annuelle de la Commission économique l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL) déroulée autour du thème : « La transformation productive, 20 ans après, anciens problèmes, nouvelles opportunités.
Leonel Fernández a déclaré que les pays de l'Amérique latine ne peuvent pas continuer à payer la facture pétrolière telle qu'elle est aujourd'hui en même temps que les services de la dette externe.
Tout en indiquant que l'offre et la demande influencent la hausse des prix du brut, Fernandez a fait remarqué qu'il existe une grande faiblesse dans le système global.
Interrogé sur la hausse de 11 dollars du baril de brut en une seule séance, Leonel Fernández pense que ceci est dû à l'utilisation par certains pays des fonds de pension pour s'approvisionner en pétrole. Cela crée des spéculations qui ont des impacts négatifs sur la vie des gens.
Le premier mandataire dominicain voit dans la double crise alimentaire et énergétique actuelle une menace pour la stabilité et la gouvernance des Etats.
Quant aux aliments transformés en combustible pour faire face à la crise du pétrole, M. Fernández explique que ce choix va créer des déséquilibres dans l'agriculture et autour du gouvernement en se référant aux récentes émeutes de la faim éclatées dans plusieurs pays.
Le mandataire dominicain a appelé à la réflexion et pense que l'économie suit son cours. Il s'est montré optimiste devant le « contexte global de détérioration et d'incertitude ». Pour lui, la crise actuelle est conjoncturelle et peut être résolue à court terme.
Ont pris part à la cérémonie d'ouverture du CEPAL, le vice-président la République dominicaine, Rafaël Alburquerque et le secrétaire exécutif du CEPAL, José Luis Machinea, et des représentants de 44 pays membres du CEPAL, dont Haïti, des fonctionnaires du gouvernement, des représentants du corps diplomatique accrédités en République dominicaine et des invités spéciaux.
Le président dominicain n'est pas à son premier appel à l'aide en faveur d'Haïti. Lors de la conférence de la FAO sur la crise alimentaire tenue du 3 au 5 juin 2008, à Rome, Fernandez avait plaidé en faveur de la création d'un fonds global de solidarité pour aider les pays les plus pauvres à surmonter la crise alimentaire. Il avait même critiqué le fait que la Banque mondiale n'a mis en faveur d'Haïti qu'une enveloppe de 10 millions de dollars.
Devenu porte-étendard de la crise alimentaire qui sévit également en Haïti, Leonel Fernandez qui a brigué un troisième mandat dont deux consécutifs veut atténuer les flux migratoires sur son pays.
Source: Le Nouvelliste * * * * * * *
Les Dominicains fustigent la contrebande des produits alimentaires
Les officiels dominicains tirent la sonnette d'alarme contre des contrebandiers qui font passer furtivement des produits alimentaires- du riz subventionné, de la volaille et des oeufs - à destination d'Haïti.
Le gouvernement dominicain envisage de placer 50 gardes supplémentaires à la frontière. Il compte également mettre les 11.000 tonnes de riz subventionné par l'Etat et distribué sur une base hebdomadaire dans des petits sacs colorés afin de permettre aux agents frontaliers de mieux les identifier et de les récupérer. Environ 500 gardes patrouillent déjà la frontière entre les deux pays longue de 225 milles (soit environ 340km).
Les ventes de la nourriture passée en contrebande ont augmenté en Haïti, en pleine crise causée par l'escalade des prix du carburant et de la baisse de la production locale.
Malgré cette crise, depuis la fin de l'année 2007, Haïti a interdit l'entrée des volailles dominicaines touchées par la grippe aviaire.