Les prix des produits pétroliers ont connu une forte hausse dans les pompes à essence haïtiennes entraînant du coup l'augmentation des prix du transport après maintes tractations engagées par lechef de l'Etat, René Préval, avec les différents acteurs de ce secteur. A partir de ce jeudi 26 juin, les gazolines 95 et 91, le gasoil et le kérosène se vendent à des prix qui s'ajustent aux réalités du marché pétrolier mondial. Toutefois, l'Etat haïtien continue de subventionner le carburant à un taux moindre afin de permettre aux populations de respirer dans un contexte de crise alimentaire aiguë.
Le directeur de l'Inspection fiscale du ministère de l'Economie et des Finances (MEF), Ronald Décembre, a indiqué mercredi que l'Etat continue de consentir des pertes de recette sur le carburant en éliminant seulement les frais de remboursements accordés aux compagnies pétrolières qui leur permettaient de s'approvisionner sur le marché international.
Depuis trois mois, dit-il, les augmentations du pétrole n'ont pas été répercutées sur le marché national en raison de la conjoncture socioéconomique qui a entraîné les émeutes de la faim en début d'avril. « Etant donné que la flambée persiste, explique M. Décembre, le MEF est obligé de prendre des décisions afin d'arrêter cette coulée qui crée un grand vide dans le Trésor public. »
Cet ajustement des prix du carburant n'est que partiel, annonce le directeur de l'Inspection fiscale du MEF. L'Etat fait des concessions allant de 22 à 30 gourdes dans le seul but de soulager les populations.
Dans un scénario présenté par ce cadre du MEF, la gazoline 95 qui se vendait depuis mars à 217 gourdes se vend à 247 gourdes. La gazoline 91 passe de 213 à 235 gourdes, le gasoil qui s'achetait à 152 gourdes se vend à 171 gourdes et le kérosène passe de 151 à 168 gourdes.
L'Etat continue d'être déficitaire dans les transactions. Il lui faudra encore du temps pour rattrapper ce manque à gagner de 12 millions de dollars américains que a couté la subvention du carburant au cours des trois derniers arrivages. L'Etat finance à 30 gourdes la gazoline 95 qui a dû être renflouée de 53 gourdes, fait remarquer Ronald Décembre. Quant à la gazoline 91 qui devait prendre 52 gourdes, elle se fait subventionner de 22 gourdes, le gasoil prend 19 gourdes de 42 gourdes et le kérosène est financé à 18 de 39 gourdes.
Quid du transport en commun ?
Les responsables du ministère des affaires sociales et du travail (MAST) ont, en collaboration avec les associations syndicales du transport, sur le champ emboîté le pas suite à la modification des prix du carburant à la pompe coupant court ainsi aux éternelles échauffourées entre chauffeurs et passagers. En dépit des fluctuations des prix du pétrole sur le marché local, les prix du transport en commun ont connu un ajustement depuis avril 2005.
La course normale de taxi de la zone métropolitaine est passée désormais de 18 à 30 gourdes soit une augmentation de 12 gourdes. Les trajets Centre-ville/Carrefour, Centre-ville/Pétion-Ville, Centre-ville/Bon-Repos, Centre-ville/Croix-des-Bouquets sont fixés à 15 gourdes.
Les passagers qui empruntent les circuits Centre-ville/Canapé-vert, Centre-ville/Christ-Roi et Centre-ville/Carrefour-Feuilles, Delmas/Martissant doivent débourser 12 gourdes au lieu de 7 gourdes. Soit un ajustement de 5 gourdes. Les minibus assurant les trajets Portail Léogâne /Delmas, Delmas et Portail Léogâne /Clercine se paient respectivement à 15 et à 20 gourdes.
Gonaïves/Port-au-Prince est fixé à 225 gourdes. Pour le Cap-Haïtien, Jérémie, les Côteaux, le Môle Saint-Nicolas, Jean-Rabel, Bombardopolis, Baie-de-Henne, Mare Rouge, les passagers paient 550 gourdes. Port-de-Paix et Baradères est fixé à 600 gourdes. Tandis que pour se rendre à Jacmel on a désormais besoin de 150 gourdes.
Les Cayes se paient à 250 gourdes et Hinche 350 gourdes. De Cap-Haïtien à Ouanaminthe les passagers paient 100 gourdes. Le département des Nippes n'a pas été mentionné.
Source: Le Nouvelliste