Description et caractéristiques techniques
La banane est un produit de base essentiel pour les pays en développement. Elle présente une très nette dualité qui rend difficile toute analyse car elle est à la fois à la base de l'alimentation humaine à l'instar du riz, du blé et du maïs et constitue également un important produit d'exportation. Environ un cinquième des bananes produites à travers le monde est exporté des pays en développement vers les pays développés. A ce titre, ce produit est un bon exemple de commerce sud/nord unidirectionnel. Le caractère dualiste de ce produit est également notoire au niveau des systèmes de production où les plantations bananières de grande échelle, principalement orientées vers les marchés d'exportation, coexistent avec celles des petits planteurs.

Beaucoup de questions tant économiques qu'environnementales, sociales ou politiques s'entremêlent pour faire de la banane un produit très sensible au plan international. Au cours des dernières décennies du XXème siècle, le secteur bananier d'exportation a fait preuve d'un grand dynamisme et a subi des changements structurels très importants en relevant des défis tels que ceux posés par les réformes successives du Régime européen de la banane, par les différends très controversés lui faisant suite devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ou par l'évolution des habitudes d'achat des consommateurs et des circuits de la distribution alimentaire. La banane demeure le fruit le plus populaire au monde. Issue du gêne Musa (membre de la famille des Musaceae), elle est considérée comme descendant des espèces sauvages : Musa acuminata (AA) et Musa balbisiana (BB). Il est généralement admis qu'il existe plus de mille variétés de bananes à travers le monde réparties en cinquante catégories. La variété de banane la plus connue est la Cavendish, qui est une des formes les plus produites pour l'exportation.

Les bananes possèdent des propriétés nutritionnelles très larges. Elles constituent une bonne source de vitamines C, B6 et A, sont riches en hydrate de carbone et en potassium et possèdent une teneur en fibres élevée. Dans le même temps, leur niveau de protéines est faible et elles ne contiennent pas de matières grasses.
Origine et histoire
Il existe un large éventail de références historiques concernant la banane. Elles apparaissent dans d'anciens textes hindous, chinois, grecs et romains. La première trace écrite serait en Sanscrist. Elle pourrait remonter à environ 500 ans avant Jésus-Christ. Certains horticulteurs affirment même que la banane serait le premier fruit à être apparu à la surface de la terre.

L'origine géographique de la banane est généralement située en Asie du Sud-est, dans les jungles de Malaisie, d'Indonésie et des Philippines où plusieurs variétés sauvages existent encore aujourd'hui. Les bananes se sont déplacées en même temps que les grandes migrations humaines. Les premiers citoyens européens à la découvrir ont été les membres de l'armée d'Alexandre Le Grand au cours de leur campagne d'Inde en 327 avant Jésus-Christ. Au Moyen-Âge, la banane était considérée comme le fruit interdit du paradis, à la fois par les populations musulmanes et chrétiennes. Les arabes l'ont importée en Afrique et c'est de ce continent dont proviendrait son nom actuel qui signifierait "le doigt arabe". Ce sont finalement les portugais qui l'introduisirent aux Îles Canaries. Les bananes ont subi de nombreuses mutations au fur et à mesure de leur histoire. Elles ont successivement perdu leurs graines, se sont remplies de chair et se sont diversifiées.

Quand les explorateurs espagnols et portugais se sont rendus dans le Nouveau monde, la banane les a suivis dans leur périple. En 1516, lorsque Fiar Tomas de Berlanga a accosté à Saint-Domingue, il avait emporté avec lui des racines de bananiers. Il est généralement admis que c'est à partir de ces plants que la banane se serait propagée dans toutes les Caraïbes et vers les États d'Amérique Latine.
Les bananes ont commencé à faire l'objet d'échanges internationaux dès la fin du XIXème siècle. Avant cette date, les européens et les nord-américains ne pouvaient pas les apprécier du fait du manque de moyens appropriés à leur transport. Le développement des lignes de chemin de fer ainsi que les innovations technologiques dans le domaine du transport maritime réfrigéré ont permis aux bananes de devenir le fruit le plus largement échangé à travers le monde.
Culture
Les conditions de culture
Le bananier n'est pas un arbre mais une herbe pérenne de grande taille (elle peut mesurer jusqu'à quinze mètres). Les bananes se développent à partir d'un bulbe ou rhizome et non d'une graine. La période entre le semis et la récolte peut varier entre neuf et douze mois. Les fleurs apparaissent à compter du sixième ou du septième mois. La banane est un fruit disponible tout au long de l'année.
Les bananes poussent dans les régions tropicales où la température moyenne avoisine les 27° C (ou 80° F) et la pluviométrie annuelle : 2000 à 2500 millimètres (de 78 à 98 pouces). Les bananiers ont besoin d'un sol moite et bien drainé pour se développer. La plupart des bananes exportées poussent à l'intérieur d'une zone de 30 degrés environ autour de l'équateur.

La production bananière est caractérisée par une dualité propre, avec de petits planteurs produisant à côté des grandes plantations. Les systèmes de production sont différents selon les zones de production. Les plantations sont prédominantes en Amérique Latine. Elles nécessitent d'importants investissements en infrastructure et en technologies importants, en particulier en ce qui concerne le transport, l'irrigation, le drainage et le conditionnement. Ces investissements permettent des économies d'échelle à terme. Les plantations bananières peuvent représenter une superficie supérieure à 5000 hectares. Elles sont en principe contrôlées et gérées par de grandes entreprises transnationales. D'autre part, la production à petite échelle requiert moins d'investissements en capital mais davantage en main d'oeuvre. On trouve ce système de production principalement dans les Caraïbes du fait de la topographie des lieux de production qui ne permettent pas la mise en place d'un système de plantation. Ces conditions conduisent ainsi à des rendements moindres et à des coûts unitaires plus élevés.

La culture de la banane requiert une main d'oeuvre directe importante car chaque plante réclame un soin individuel intensif si l'on souhaite obtenir la qualité de fruit requise : défrichement de la jungle, mise en place de tuteurs et irrigation durant la saison sèche. Les régimes de bananes sont couverts avec des sacs en polyéthylène dans le but de les protéger du vent, des attaques des insectes et de celles des oiseaux et de maintenir une température optimale (microclimat). Les bananes sont très sensibles à la présence de ravageurs et de maladies tels que les nématodes et les sigatoka jaunes et noires. Pour les combattre, il est nécessaire d'utiliser des produits agrochimiques comme les pesticides et les fongicides.
Normes de qualité relatives à la banane
Les consommateurs sont de plus en plus attentifs à la qualité des aliments qu'ils achètent et en particulier aux critères de goût, d'aspect et de forme des bananes. La sécurité alimentaire est devenue une problématique fondamentale et notamment depuis les crises survenues en Europe. Les consommateurs souhaitent être informés sur les aliments qu'ils achètent notamment par le biais d'un étiquetage approprié et de schémas de traçabilité.
La qualité des bananes est déterminée par leur gabarit (longueur et épaisseur), l'homogénéité de la maturation, l'absence de défauts et l'organisation des régimes. Les standards de qualité peuvent varier d'un marché à l'autre.
Les minimas de qualité pour les bananes sont définis par le Codex Alimentarius. En fonction de ceux-ci, les bananes sont classés dans l'une ou l'autre des catégories suivantes :
Classe "Extra"
Les bananes qui sont classées dans cette catégorie doivent être de qualité supérieure et représentatives de la variété et/ou du type commercial. Les fruits doivent être exempts de défauts, à l'exception de très légers défauts superficiels et à condition qu'ils n'affectent pas l'aspect général du produit, sa qualité, sa conservation et sa présentation dans l'emballage.
Classe I
Les bananes appartenant à cette deuxième catégorie doivent être de bonne qualité et présenter les caractéristiques représentatives de leur variété. Elles peuvent présenter de légers défauts à condition qu'ils n'affectent pas l'aspect général du produit :
- légers défauts de forme ou de coloration,
- légers défauts épidermiques dus au frottement et autres défauts superficiels, à condition que la surface totale affectée ne dépasse pas 2 cm².
En aucun cas, ces défauts ne doivent affecter la pulpe du fruit.
Classe II
Cette catégorie regroupe les bananes qui ne peuvent être classées ni dans la catégorie Extra, ni dans la catégorie I, mais qui répondent aux caractéristiques minimales définies précédemment. Les défauts cités ci-dessous sont admis à condition que les bananes conservent leurs caractéristiques essentielles en ce qui concerne la qualité, la conservation et la présentation :
- défauts de forme ou de coloration, à condition que le produit conserve les caractéristiques normales des bananes;
- défauts épidermiques : éraflures, cicatrices, abrasions, meurtrissures, etc, n'affectant pas plus de 4 cm² de la surface totale;
En aucun cas, ces défauts ne doivent affecter la pulpe du fruit