Dans des salles privées de fortune qualifiées de cinéma où de Night Club, les Cavaillonnais paient pour vivre en direct les J.O de Beijing. Ces séances tarifées n'ont pas fait reculer les jeunes qui adorent le sport.
Cavaillon, ville où est né Sylvio Cator, médaillé aux jeux olympiques d'Amsterdam en 1928, vit à l'heure des J.O, bien que les ondes hertziennes de la Télévision Nationale d'Haïti n'arrivent pas dans cette petite ville du département du Sud entourée de montagnes hirsutes.
A l'occasion des Jeux Olympiques 2008 qui se déroulent à Beijing, les mordus du ballon rond vivent en direct les manifestations sportives à Détente ciné, un petit cinéma de fortune alimenté par une génératrice et un convertisseur électrique (Inverter) vue que courant de l'EDH est une énergie rare dans cette commune.
Avec son antenne parabolique, Patrick Durant capte les chaînes de télévision étrangères qui assurent par satellite la retransmission des événements qui se réalisent sur plusieurs sites.
Sylvio Cator, l'icône de Cavaillon
Chaque jour, dès l'aube, une foule de jeunes de la commune, en quête de sensations fortes, se bousculent aux portes de Détente ciné. Ces jeunes apprécient les disciplines inscrites au menu des J.O.
Les prix grimpent quand les athlètes haïtiens entrent dans l'arène. Les jeunes parlent de Joël Brutus, de Dudley Dorival, de Barbara Pierre.
Mais les anciens s'enflent de gloire quand ils se rappellent Sylvio Cator, cet athlète Cavaillonnais qui pratiquait plusieurs disciplines avec une spécialisation en saut en longueur. Ils parlent de sa médaille d'argent remporté en 1928 à Amsterdam comme s'ils y étaient présents et se souviennent que Cator avait pulvérisé deux mois plus tard, un 9 septembre, dans un stade Olympique près de Paris, le record qui avait valu à l'américain Edward Hamm la médaille d'or aux J.O.

Pour les affiches sur lequelles des équipes comme le Nigéria, le Brésil, l'Argentine, les Pays Bas, l'Italie, Détente ciné fixe les prix entre dix, quinze et vingt gourdes. Mais pour le match opposant le Brésil et l'Argentine, ce mardi, le prix a chuté à dix gourdes. Concurrence oblige ! Ti Gaby, un Cavaillonnais de souche, a ratrapé le train des J.O, il s'est lancé avec un peu de retard, lui aussi, sur le marché. Il a installé son téléviseur et son antenne parabolique dans un night club, a fait savoir Josiane Durand, membre de Fanm Dyanm, une organisation féminine de Cavaillon.
Les Cavaillonnais ont saisi l'occasion offerte par les Jeux olympiques pour investir dans le secteur des loisirs. Détente ciné aura-t-il en face un autre concurrent après les JO ?
Dans une commune aussi dépourvue de loisirs, l'Etat haïtien ne devrait-il pas installer un écran géant sur la place publique, où un écran moyen à l'intérieur d'une salle commune?
Dans la perspective des éliminatoires de la coupe du monde 2010 à laquelle participe notre onze national, l'Etat, par le truchement du ministère à la jeunesse et aux sports, a pour devoir de penser à la jeunesse de ces communes trop longtemps négligées.
Source: Le Nouvelliste