« Rebâtir Haïti par le chemin le plus court c'est-à-dire le tourisme, l'agriculture, le commerce et la société immobilière, tel est mon rêve, sans passer par la politique, sans être candidat à aucun poste électif, ceci explique ma détermination et celle de tout un groupe de citoyens conscients dans la bataille de reconstruction ou de régénération de l'image de notre pays » nous dit, passionné, le Dr Lesly Kernisant. Il commence par nous montrer les images impressionnantes du site touristique communautaire, commercial et résidentiel de Belle Rive, un condominium fascinant dans la région de Jacmel, et par nous expliquer le projet de Milot aux environs de la Citadelle sur 150 hectares, le projet agricole de l'Acul du Nord sur 20 hectares et les 20,000 bananeraies plantées par la même occasion dans la région. L'esprit pionnier ? BelleRive a permis de construire une route d'acces évalué aujourd'hui à plus de 750,000 dollars après un investissement initial de près de 1,400,000 dollars US venant de différents partenaires . Pour créer des infrastructures touristiques modernes à Milot dans le Nord, son groupe envisage des débours avoisinant les 25 millions de dollars. À Jacmel, l'objectif est de pouvoir, après la recente acquisition de Cap Lamandou, offrir un complexe de tourisme moderne sous peu, correspondant à l'image #1 envisagée par AAris Architects Groups.

La disponibilité de bateaux de plaisance au large augmentera l'attraction, selon le Dr Lesly Kernisant, qui rappelle que l'Hôtel Cap Lamandou, inauguré depuis trois ans avec 32 chambres. en constitue les premiers pas. Il est déja évalué à 5 millions sur le marché immobilier caribéen.
Préoccupations d'investissements
« Les investisseurs regroupés autour de Simact Inc sont surtout préoccupés par l'impact social des efforts consentis, la création d'emplois et l'amélioration des conditions de vie, d'où l'importance des injections financières directes tant au niveau des infrastructures immobilières, du tourisme, du commerce que de la production agricole. Il s'agit d'une nouvelle approche d'haïtiensaméricains venus de la diaspora qui ont décidé de réinvestir leurs avoirs en Haiti », signale le Dr Kernisant (président de Simact Belle Rive). Il cite avec chaleur les noms des 22 fondateurs initiaux de SIMACT (Société immobilière d'agriculture, de commerce et de tourisme) entre autres les Dr Daniel Faustin (Vice-président), Dr Jean D. Joseph, Dr Elsie Alvarez-Augustin, Dr Gracia Jean (Trésorier), Dr Narcisse Versailles (président de Simact Realty), Dr Roosevelt Clerisme (président de Simact Tourisme), Dr Marie-Ignace Morel, M. Karl Alvarez, M. Edner Jean-Felix, M. Ralph Kernisant, Me Jean Henry Ceant, Mme Elsie Jean-Bart (secrétaire exécutive), M. Serge Pinard (président de Simact Eco-Trade), M. Jean Marie Wolff (Président de Simact Mines ), M. Georges Séjour, M.Evans Augustin, M.Fritz Clervil, Dr Pierre Jean-Noël, Dr George Casimir, Dr Mario St-Laurent, etc. Les subdivisions de Smact Ago-industrie, ou de la fondation Smact se veulent tout aussi actives. Le Cap Lamandou de Jacmel (35,000 habitants) et le projet Belle-Rive reprennent des aspects d'architecture importés de Floride et de Manhattan, font revivre le tourisme local, tout en attirant les touristes de la diaspora dans une ambiance moderne de country club qui attire annuellement plus de 150,000 personnes, ajoute le Dr Kernisant.

« Si au cours des 5 dernieres années, les Haïtiens en bonne santé financière ont investi près de 500 millions de dollars dans l'immobilier en République dominicaine et la Floride, il est urgent d'attirer de tels fonds en Haiti en commencant par créer un environnement vivable et moderne. Les fonds de la diaspora peuvent aider à sortir Haiti du coma et à se reconstruire », estime le Dr Kernisant selon qui, malgré tout, avec un bon marketing et de nouvelles infrastructures on peut transformer Haiti en première destination du tourisme dans les Caraibes, après la Floride qui recoit 30 millions de touristes par an. « Parce que, dit-il, c'est le seul pays des Caraibes qui a vu naitre Toussaint Louverture que l'acteur Danny Gloover veut incarner, parce que c'est le pays qui offre le plus de sites touristiques historiques et le plus de plages idylliques, sans oublier les 2 millions d'Haïtiens de l'étranger dont 40 % nés aux USA, les 400,000 visiteurs de la diaspora chaque année, les investissements de l'ordre de 800 millions dans l'immobilier en Floride et en République dominicaine, le volume d'un milliard 600 millions expédiés par la diaspora chaque année vers Haïti, et le haut niveau d'attachement patriotique des Haïtiens d'outre-mer à Haïti ».


La renaissance haïtienne est possible
Pour le Dr Lesly Kernisant, la renaissance haïtienne est possible : « Haïti possède 1800 kilomètres de plage alors que la République dominicaine n'en a que 1300, l'ile de la Gonâve a une superficie plus grande que l'État de la Barbade, l'île de la Tortue plus grande encore que Sainte Lucie. Commencons par indentifier nos problèmes pour les résoudre. Nous n'avons que 1000 chambres d'hôtels contre 50,000 en Dominicanie, le taux de chômage est trop élevé par rapport à une population de 3,600,000 jeunes Haïtiens en bonne santé qui n'ont rien à faire, et dont certains sont recrutés pour former les 80% des travailleurs de l'industrie de la canne dominicaine dans des conditions inhumaines. Nous sommes devenus des assistés, face à une corruption sans nom, une insécurité permanente, un kidnapping obsédant justifiant entre autres une occupation étrangère de longue durée. Mais le problème n'est pas là, par exemple Costa Rica classé 19ème pays à haut risque pour les crimes, beacoup plus qu'Haïti est l'une des destinations touristiques les plus recherchées, alors pourquoi pas Haiti ? Il nous faut renaître tout simplement, bâtir et reconstruire sans arrêt, sans nous laisser distraire, la Renaissance haïtienne ne pourra s'obtenir qu'avec les efforts de chacun, à commencer par l'agriculture, le tourisme, le commerce et le secteur immobilier ».

Le Dr Kernisant, également président d'un groupe de 150 médecins et de 650 employés à Brooklyn New-York (Preferred Health Partners) desservant près de 150,000 patients, insiste sur la confiance qu'il a qu'Haïti peut renaitre si nous l'aidons à sortir de la matrice où elle est enfermée. Il n'oublie rien de la beauté et de la misère de ce pays qu'il a pourtant quitté à l'âge de 14 ans. Ses études secondaires au Wingate High School l'avaient conduit ensuite à Howard University School of Medicine (Washington). Il se perfectionna en Obstétrique Gynécologie au Harlem Hospital, hopital affilié à Columbia University. Engagé au Central Brooklyn Medical Group devenu Preferred Health Partners, il sera durant 20 ans directeur du Département d'Obstétrique et de Gynécologie, et depuis 3 ans a été élu président & chief medical officer de cette institution. Il veut maintenant redonner à Haïti une partie de ses énergies. Personne ne peut le décourager. Dr Lesly Kernisant répond de manière tranchante à la question relative à la situation figée du pays : « Non rien n'est figé ! l'Hôtel Hilton peut à tout moment faire concrétiser son plan de construction d'un complexe ultra moderne aux côtés du nouvel immeuble de l'ambassade américaine de Tabarre qui aurait couté 140 millions de dollars. Digicel aurait aussi investi près d'un milliard de dollars aussi dans les télécommunications en Haïti, Spirit Airlines a choisi Haiti pour ses nouvelles destinations, sur le site de l'ancien Club Med il y a le Club Indigo qui marche bien, la compagnie canadienne Ste Geneviève en partenariat avec Simact a refixé ses tentes sur Haïti pour ses explorations minières, le projet Belle Rive promet de créer plus de 400 emplois à Jacmel, sans oublier les aéroports de province, pour encourager le flux des investissements qui sont sur le point d'être réaménagés. Alors pourquoi ne pas investir davantage et davantage encore ? Nous croyons dans notre pays et si quelque chose le rendait crochu c'est à nous de le redresser, nous avons déjà commencé, nous n'allons pas nous arrêter ! La renaissance est en route. Nous allons sortir du chaos, même les inondations ne pourront pas nous arrêter ! ».


Source: Le Matin