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  #11 (permalink)    
Old 03-06-01, 02:26 PM
Jean Christophe Jean Christophe is offline
Junior Member
 
Posts: 4
Jean Christophe is on a distinguished road
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Lirex Chéry
Votre réaction :
« Évidemment, j'ai lu votre relecture de l'histoire de la crise : elle pue le révisionnisme à plein nez. C?est une ?uvre immense si j?en crois les commentaires jusque-là que vous avez reçus. J?ai aimé personnellement quand vous avez trouvé l?origine du coup d?État. L?argument faisant de la révocation de quelques fonctionnaires incompétents de l?administration publique haïtienne la cause du coup d?État est une trouvaille. C?est vraiment un éclair de génie. Je présume que vous avez crié Eurêka! quand vous l?aviez trouvée ».
Texte de l?article, en référence :
« En outre, la volonté des nouveaux occupants du palais national de ne s?appuyer sur leur majorité parlementaire pour gouverner, les poussent à encourager le développement du phénomène de « bandes politiques ». Celles-ci avaient quasiment carte blanche pour procéder aux révocations et aux remplacements des agents publics, accusés de macoutes, au sein de l?administration et des entreprises publiques.
Ce climat d?arbitraire génère la peur chez la grande majorité des occupants d?un emploi dans la fonction ou une entreprise publique. C?était l?occasion rêvée par les militaires et les macoutes pour mettre en ?uvre leur projet de coup d?État mis au point au lendemain des élections. Ainsi, le 29 septembre 1991 Aristide est renversé par le coup d?Etat militaire dirigé par le Général Raoul Cédras. Le Président Aristide est contraint à l?exil. »
Mise au point :
Si vous aviez fait un peu de logique, vous vous apercevriez que les faits évoqués ne sont que des causes occasionnelles. Comme en témoigne, cette expression : « C?était l?occasion rêvée ». Cela signifie que le projet de coup d?Etat, en tant que tel, pré-existait à ces expériences socio-historiques : « leur projet de coup d?État mis au point au lendemain des élections ». Cela peut donner à penser au coup d?Etat manqué de Roger Lafontant, avant l?investiture du président Aristide le 07 février 1991.
J?ai voulu tout simplement mentionner des faits négligés par d?autres études qui ont été faites sur la question. Il m?a semblé que la méthode utilisée pour procéder à la révocation dans la fonction publique a eu comme effet de semer un vent de panique dans le milieu des fonctionnaires. Ce qui était de nature à agir négativement sur leur allégeance au nouveau régime. A cela s?ajoutait le discours consistant à vanter la vertu du « Père le Brun », mobilisé par le président ou celui de l?exploitation des pauvres par les riches - et ses implications socio-économiques. D?ailleurs, ces arguments ont été mis en avant par les entrepreneurs peu scrupuleux de ce coup d?Etat.
Je crois qu?on attendait du nouveau régime des réformes en profondeur dans le domaine de la fonction publique, de la justice et dans l?armée. On attendait qu?il procède à l?instauration de l?Etat de droit. Evidemment, les pratiques instaurées étaient aux antipodes de ces attentes populaires.
Votre réaction :
« Trêve de plaisanterie! J?ai aussi apprécié vos omissions volontaires. En voici une par exemple parmi tant d?autres: le fait de ne pas rapporter la lutte pour le poste de Premier ministre que se livraient le FNCD et les autres groupuscules qui formaient l?Espace de Concertation contre l?Exécutif - poste qui a été finalement échu à l?ex-président Réné Préval à leur grand désarroi. Ne serait-ce pas là par hasard l?origine de la crise? »
Texte de l?article, en référence :
« Le Père Aristide a été élu président de la République sous la bannière d?une coalition qui regroupait une multitude de groupements : Partis politiques, Syndicats, Organisations Populaires, Petites Communautés Ecclésiales de Base, etc., de tendances diverses. Leur seul point commun, est qu?ils affichaient tous leur haine des macoutes et leur volonté de barrer la route du pouvoir à ces derniers. En revanche, rien ne garantissait la cohérence au sein de cette coalition. L?ennemi une fois vaincu, l?unité de vues des artisans de la Démocratie fera long feu : les petits chefs de partis, de syndicats, de bandes (les organisations dites populaires), se sont mis aussitôt à développer des ambitions antinomiques.
Mise au point :
Vous êtes tellement perdu dans votre monde imaginaire peuplé de fantômes totalitaires vous êtes incapable de faire une lecture convenable d?un texte qui est pourtant si simple. Alors, je vous prie d?aller voir un prof de français pour qu?il vous explique un peu l?article. Vous verrez que la réponse à cette question est dans le paragraphe susmentionné : « L?ennemi une fois vaincu, l?unité de vues des artisans de la Démocratie fera long feu : les petits chefs de partis, de syndicats, de bandes (les organisations dites populaires), se sont mis aussitôt à développer des ambitions antinomiques »
Mon cher Lirex, vous faites comme si vous étiez le premier à écrire sur ce sujet, et pour cause. Vous tirez tout de votre imaginaire. Certaines de vos intuitions sont parfois intéressantes. Mais, pour être scientifiquement valables, il faut qu?elles soient étayées par des données précises. Mais c?est trop vous demander me semble-t-il.
En ce qui concerne la question ministérielle. Les conflits ne portaient pas uniquement sur l?histoire du Premier Ministre. Permettez moi de vous apprendre qu?il n?y avait aucun ministre sorti du rang de FNCD au sein du gouvernement d?alors.
Avant de crier haut et fort, comme un « gros-vieux-tonneau-vide », oh le «révisionnisme», il faut déjà savoir ce qui s?est effectivement passé. Mais, comme vous êtes resté empêtré dans votre imaginaire peuplé de fantômes totalitaires, cette démarche vous restera toujours étrangère. Je vous rassure, Mon cher Lirex, que des « gros-vieux-tonneaux-vides-faisant-beaucoup-de bruit » comme vous, on les ramasse à la pelle au pays. Vous y avez bien évidemment votre place. Comme vous faites de la communication, vous aurez largement votre place au sein de la TNH. Car, vous avez davantage le profil d?un propagandiste qu?un intellectuel.
En ce qui concerne ce qui s?est effectivement passé, voici ce que rapporte M. Etzer Charles, un proche du mouvement Lavalas, à l?époque :
« Dès la formation du gouvernement, un malaise est apparu au sein du Mouvement Lavalas du fait qu?il n?existe aucun ministre venant du FNCD. Alors que ce dernier réclame sa présence au gouvernement comme condition au renforcement de l?alliance, le gouvernement, de son côté, explique sa composition par la nécessité de constituer une équipe très unifiée et solide, capable de prendre les décisions urgentes qui s?imposent. Pour autant, l?alliance n?éclate pas. Cependant, en dépit des contacts permanents entre les différentes composantes, elle ne sera jamais au beau fixe. Cette situation n?est pas sans conséquence sur les relations entre l?exécutif et le législatif où les parlementaires du FNCD ne font pas toujours preuve d?un ferme soutien au gouvernement. Ainsi, certains d?entre eux, en août 1991, n?hésitent pas à s?allier à l?opposition pour essayer de renverser ? mais en vain - ce dernier.
Dans ce climat de tensions, l?alliance est pratiquement rompue ; climat affaiblissant le siège du pouvoir et dont ne manquent certainement pas de tenir compte ceux qui, dans l?ombre, pensent au coup d?Etat. » (Le pouvoir politique en Haïti :de 1957 à nos jours, 1994, Editions Karthala, p. 403).
Votre réaction :
« Vous qui avez un tel souci du détail, surtout pour les dates précises, vous aviez sans doute oublié de rapporter ce fait, comme vous aviez carrément omis de transcrire quand vous m'avez cité "au lieu d'avoir une" pour déformer ma pensée? Franchement Cà devient une manie chez vous! J'ai dit: "le peuple a longtemps compris qu'il ferait mieux de se passer de toute opposition au lieu d'avoir une manipulable, achetable et vendable à souhait". »
Le texte de l?article, en référence :
« Vous pensez que "le peuple a lontemps compris qu?il ferait mieux de se passer de toute opposition" qui, selon vous, est "manipulable, achetable et vendable à souhait". Je ne sais pas d'où vous tirez cette affirmation. Vous le sortez très certainement de votre imaginaire, comme d'habitude. »
Mise au point :
Les subtilités de la langue de "Molière" vous posent décidément de sérieux problèmes : les tournures aussi bien que les mots ["for (fort)"].
Mais j?attends votre réaction sur les question de fonds de ma dernière intervention. Je me contente de les reprendre entièrement :
« Pour ma part, l'enjeu du débat actuel, porte moins sur la contestation de la prétention de la Fanmi Lavalas à gouverner le pays que sur :
- Le respect des règles démocratiques;
- l'équilibre entre les différentes
forces sociopolitiques, garanti par la
séparation des pouvoirs;
Cela implique :
1- que les postes, à divers échelons de l'Etat, font l'objet de véritables compétitions où les divers concurents soient mis dans des conditions d'égalité et donc soumis aux mêmes règles préalablement fixées;
2- a) que le parlement puisse voter librement les lois;
b) que l'Exécutif prendre ses décisions
en fonction du bien de la collectivité;
c) que les juges appliquent en leur âme
et conscience, la loi;
d) que le peuple puisse changer ses
dirigeants, lorsqu'il n'est pas
satisfait de leurs actions.
C'est seulement dans ces conditions que la liberté des citoyens aussi bien que stabilité (nécessaire au développement socio-économique du pays) peuvent être garanties.
Le reproche fait à la Fanmi Lavalas porte probablement sur le fait que la manière d'accéder au pouvoir fait entorse à ces principes élémentaires de la démocratie. Et on lui demande de donner des garanties formelles aux démocrates. Je ne pense pas qu'on lui demande de disparaître sur la scène politique. Au contraire, Haïti a besoin d'un parti comme celui-ci, pouvant permettre l'intégration d'une bonne partie de la population au jeu politique de ce pays.
En effet, je suis complètement d'accord avec vous lorsque vous affirmez que:
" L?existence d?une opposition, pas plus que l?organisation périodique d?élections dans un pays n?est un gage de démocratie. C?est le peuple qui décide, s?il a des doutes sur le risque d?excès de pouvoirs de la part de ses dirigeants, de se donner une opposition pour en atténuer l?effet. Elle n?est pas une panacée".
Pourvu que les conditions permettent effectivement au peuple d'exercer ce pouvoir consistant à changer ses dirigeants. Les fraudes électorales visent justement à la suppression, en totalité ou en partie, de ce pouvoir. L'enjeu de la lutte démocratique consiste au fond à garantir le maintien et la promotion de ce pouvoir. »
Jean Christophe
[Ce message a été modifié par Jean Christophe (edited 06 Mars 2001).]
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  #12 (permalink)    
Old 03-06-01, 03:26 PM
Tibob de Nazareth
 
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Salut à tous!
La magie de ce forum est exactement ce qui semble nous manquer en Haïti. Félicitations Messieurs.
J?ai lu avec intérêt le développement de ce débat. L?éloquence du langage et l?exactitude des opinions (sans omettre la chaleur des positions) m?ont beaucoup impressionné. A partir de mes prochaines phrases, je sais qu?on me lira pour me positionner en dépit de l?objectivité et au-delà de mes mots. J?en conviens. Après tout, le cerveau mal développé est toujours en quête de raccourci. Il rassemble ce qui se ressemble pour conclure par association. Exercice d?ombres qui compte remplir le vide de l?appétit d?analyse sans l?étiquetage au préalable. On est si allergique à l?idée de croire en la parole qui doit nous naviguer vers le but du messager qui nous intéresse beaucoup plus que le message! On devine le but de l?autre par sa parole mal entendu et mal compris et le combat contre la lumière est justifié. C?est si triste!
Au lieu de nous laisser disponibles à la probabilité de la vérité par l?autre, on se protège l?oreille contre la bouche de tous ceux dont la marche semble ne pas rimer avec la danse de nos empreintes. Cette attitude d?imperméabilité désarme notre appareil logique et la lumière nous pourlèche sans nous habiter. Malgré le haut niveau de notre vocabulaire et la force de nos approches, on se défend contre le souffle de l?autre comme si le mot venu de l?autre côté est à juger. Libérons-nous donc de cette attitude de défense automatique contre les sentiers qui ne suivent pas nos horizons d?avant le dialogue. Si on est pénétrables par ce qui est bon, pourquoi refuser le son qui nous arrive comme on réfute une attaque? Où est l?ajustement? Dialogue, où est ton pouvoir?
Pourquoi cette introduction?
J?aurais tant souhaité qu?on cesse de dresser des camps pour enclaver toute nouvelle encre qui rejoint ce forum! J?aurais tant aimé que la fleur reste la fleur malgré les épines nécessaires de ses pétales! J?aurais tant aimé qu?on soit tous libérés de nos affirmations pré-conçues pour que la chanson du voisin devienne le refrain de la chance de notre agrandissement! J?aurais tant aimé que vous me LAISSIEZ libre, sans me caractériser simplement parce que ma phrase fait penser au discours d?un autre à qui vous ne voulez point ressembler!
A Chéry Lirex
Vous êtes d?une grande connaissance. Vous êtes d?une BONNE école de pensée. La dextérité et la vérité objective qui jalonnent votre énoncé témoignent une maturité scientifique dans ces choses de la politique que tant n?abordent que par la partisannerie. Malheureusement, trop de boucliers attendent l?invitation de ton dire incisif. Je ne sais plus où est passé le pouvoir de la vérité sans le châtiment de l?ignorance. Votre approche de la situation s?avère vraiment respectable. Votre parallélisme entre Cuba et Haïti est révélateur d?un grand pouvoir analytique qui régit votre opinion des choses même insondable par la logique des sentiments chimériques.
Je ne vous identifie POINT comme un membre de la Fanmi Lavalas malgré la tentation de propagande que d?autres ont trouvée. D?ailleurs choisir un camp est ton droit le plus personnel mais nul de ce que tu as avancé donne feu vert à tel préjugé.
La Fanmi Lavalas a commencé comme un petit groupuscule qui ?fait du bruit?, une nuisance, une moustique autour du grand lit du pouvoir. Le temps et les sentiments ont fait grandir ces rescapés de la dictature (de toute forme) qui aboiyaient leurs plaintes inconcises. On parlait déjà de mouvement Lavalas dans un temps record suivant les normes temporelles de la politique des pays sous-développés où le pouvoir d?état est l?ultime trésor de la conscience. ?On? refusait l?évolution des choses et ?l?on? traitait les lavalassiens comme un petit groupe réactionnaire de ?gate-sa?.
Aujourd?hui, Fanmi Lavalas s?érige déjà en système (social, politique et économique), mais ?on? continue à les voir comme des rebelles sans compétence qui se sont bien tirés des conjonctures infortunées pour saisir le pouvoir sans mérite. Voilà la cécité de ce que j?ai honte d?appeler ?l?opposition? qui continue à se laisser dépasser par les événements. Ils s?abandonnent tant à combattre les faits du quotidien politique et de l?immédiat social qu?ils ne voient plus le message réel de ces événements qu?ils contestent comme occurences occasionnelles sans direction.
C?est aussi là, mon cher Lirex, le danger qui flaire déjà notre destin politique. Faute de vraie analyse et de véritable cause d?existence de l?opposition, on assiste à un phénomène qui va bientôt avoir des répercussions néfastes sur l?avenir déjà funeste de notre pays. Les lavalassiens avalent toutes les gouttes de pouvoir possible, ?on? (l?opposition, puisqu?il faut les nommer par simplicité de langage) est vu comme un petit groupuscule qui ?fait du bruit? par la poussée des chimères. Les rôles se sont renversés. Les rebelles d?hier deviennent la main au pouvoir et la lèvre qui pleurniche l?irréalité des hommes au pouvoir étaient les barons de jadis. L?histoire a sa façon drôle de se recommencer avec l?ajustement des acteurs et des facteurs de comédie.
Je dis danger pour Haïti car le pouvoir a sa magie sur qui détient ses rennes. Les agneaux d?aujourd?hui se transformeront en loups puisque le troupeau est trop immense. Si l?on ne détourne pas cette fatalité, le peuple aura à reprendre son alternance d?à vie et d?Abas! Preuve tangible qu?on n?a pas de penseurs POUR une opposition non occasionnelle et non polarisée par les us et les coutumes de la démagogie (je ne parle pas de cette dite opposition, je parle en terme très général et objectif.) Est-ce que les Lavalassiens méritent le pouvoir qu?ils détiennent? Oui et j?ajouterai même au risque de tromper de partisannerie que leur leader est un génie en son genre. (Omission volontaire de détail pour le moment).
A Jean Christophe et Jean Déru
J?adore vos points d?éclaircissement et comprends bien le motif de votre mécontentement. Sans doute, vous êtes animés de ce même esprit de prudence contre le totalitarisme politique que j?aimerais voir sous plus de contrôle aujourd?hui même puisque le géant Lavalas est à son stade élémentaire de développement. Toutefois, votre chanson contient plus d?Holas et d?Alleluiahs! J?ai aussi l?impression regretté que vous êtes en train de vous défendre. Cet instinct de défense rongit surtout le coeur des perdants énervés et votre attitude gêne votre position oppositionnelle et caractérise le manque de science dans le combat d?éviter le malheur de Lavalas au pouvoir absolu. Le groupement de l?opposition actuelle pleure des notes revendicatrices comme si on leur a dérobé.
?Rien ne sert de courir, il faut partir à point.?
La Convergence s?est convergée pour détruire et diviser. Voici le message que leur comportement sude par tous les fronts. Je ne dis rien de leurs intentions et je les souhaiterais bonnes pour le pays. Mais la façon dont ils manipulent la résonance de leurs voeux salit leur image et ipso facto amoindrit leur chance d?aggrandir leur auditoire. Comme Lirex a précisé, nos ?convergents? n?offre pas une alternance d?options politiques. Ce sont des fàchés contre les lavalassiens, des ennemis presque personnels de la personne d?Aristide qu?ils mythifient en faisant de lui la cible ultime de leur lutte.
On a besoin d?une opposition PAS pour opposer mais pour offrir des choix patriotiques sans aigreur et sans sentiment de défaite quand le peuple choisit autrement; quelque la CONDITION de ce choix. D?ailleurs, Haïti ne sera jamais cette terre utopique en matière politique. Des élections sans fraudes restent un défi même aux plus habitués de la ?démocratie? (bonjour Bush, sorry Gore). La Convergence est en train de s?identifier comme l?ennemi du peuple faisant de Lavalas des héros dans l?espace de l?idéologique au moins.
La Convergence semblerait vouloir ré-instaurer l?armée. Cette intention (ou ambition ou volonté) ne leur aide pas plus qu?ils lancent des flêches ça et là pour perdurer ladite crise. Les outils de changement ne sont plus les mêmes et il leur faut accepter cette réalité et bâtir leur plan autour de ce qui est disponible. Ce n?est plus le temps des bottes et des garde-à-vous, c?est le temps de la force des opinions selon le pouvoir de la pensée active et positive. Ce n?est heureusement plus le temps des claquement des gachettes pour intimider la lumière de la raison. C?est plutôt le temps de la force de l?encre sur la page et de la connaissance scientifique pour calmer la fureur de notre sous-développement.
En toute fraternité,
Tibob
Etats-Unis
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  #13 (permalink)    
Old 03-07-01, 08:44 AM
Keyvin
 
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Salut à tous,
J'ai beaucoup apprécié les dernières interventions traitant de la crise haïtienne.
Je dois dire que j'ai un faible en particulier pour l'article de Tibob de Nazareth. Avouons-le, il (elle) manie bien la langue de Molière.
Sur le fond, je suis sur la même longueur d'onde sur de nombreux points. Je vais m'arrêter en particulier sur l'attitude de l'"opposition" qui contribue sans doute à alimenter la crise haïtienne (je pourrais tout autant me pencher sur la stratégie de Fanmi Lavalas).
Il n'y a pas longtemps de cela, pour résumer la stratégie de l'"opposition", j'ai parlé de combat contre un homme et non pas d'une volonté de faire avancer les choses à travers un projet social, politique et économique. En effet, force est de constater que la plupart des critiques de l'opposition portent sur un homme et non pas vraiment une forme de pensée. Or, que je sache, la démocratie représente, entre autres, un système politique où le débat d'idées a toute sa place, celui-ci se traduisant par exemple par une confrontation des projets que soumet un gouvernement (projet discuté au parlement) et des contre-propositions avancées par l'opposition (qui, dans ce cas, se veut constructive). Certains me diront que dans l'état actuel des choses LaFanmi détient la quasi-totalité du pouvoir (je ne reviens pas sur les problèmes rencontrés lors des différentes élections, il faut savoir à un moment ou un autre aller de l'avant et arrêter de pleurnicher). Ils auront raison. Néanmoins, dans une telle situation, une vraie opposition devrait se donner comme objectif de revenir aux responsabilités non pas en tirant à boulets de canon sur les uns et les autres mais en contruisant une réelle alternance. C'est ça aussi une démocratie. Quand nos hommes politiques l'auront compris, le pays en récoltera sans doute les fruits.
Encore une fois, tous ceux qui se sont prononcés précédemment ont tous raison quelque part. Je pense notamment aux points évoqués par Jean Christophe sur ce qu'on attend de nos institutions en termes d'équité. Cependant, je pense qu'il faut aller doucement et ne pas trop demander en même temps. Tout cela exige un certain apprentissage, une certaine adaptation. Quand on sait à quel point la corruption règne dans nos institutions (d'ailleurs, à ce propos, il est intéressant de signaler qu'en matière de corruption pas mal de pays du Nord n'ont rien à envier à Haïti). Je ne dis pas qu'il ne faut pas le faire. Au contraire. Si le respect de l'équité est dispensable pour commencer à établir une vraie démocratie, il est tout aussi important de penser la refondation de nos institutions de façon efficace.
Enfin, autant je trouve l'historique de Jean Christophe sur la crise haïtienne autant on peut lui reprocher de ne pas mentionner certains éléments qui pourraient renforcer l'analyse. En voici quelques uns :
1) La manière assez douteuse d'arriver au pouvoir de Manigat en 1988 (Rappelons par ailleurs que, si celui-ci a contesté la légitimité d'Aristide en tant que président de la République, arguant que le taux de participation aux élections n'était que de 5%, il a bien été élu en janvier 1988 (peut-être, disent certains avec l'aide des FAD'H) avec un taux de participation autour de 5%).
2) L'origine du coup d'état. Il est vrai qu'il faut faire un choix dans des éléments explicatifs de l'évènement en fonction de certaines préférences accordées à telles ou telles autres thèses, mais les éléments avancés ne me suffisent pas.
3) Peut-on vraiment parler de classe moyenne en Haïti suite à la chute des Duvalier?
4) Parler d'existence de deux gouvernements en Haïti peut porter à confusion. Officiellement, il n'en a qu'un.
Pour finir, je note encore une fois, comme l'ont déjà signalé certains, que si la crise perdure en Haïti c'est sans aucun doute parce que nos hommes politiques ne parviennent pas encore à dépasser leurs propres intérêts personnels (ou de classe).
A bientôt
Keyvin
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  #14 (permalink)    
Old 03-07-01, 12:14 PM
Tibob de Nazareth
 
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Une fois de plus Salut!
Hormis les faux-pas orthographiques et les défaillances littéraires négligeables et presque inévitables quand on écrit à la volée des sentiments ou à la seule découlée des idées, le flot linguistique de ce forum en particulier doit plaire à l?oeil de l?amant de lettres ou de la stylistique. Je dois aussi avouer en toute franchise, mon cher Keyvin, que j?étais ébloui (?ébloui? sans ?e?) quant à la hauteur du style remarqué dans les échanges ci-dessous. Entré (pour ne pas dire exilé) à l?âge de l?adolescence en terre du fameux Oncle Sam il y a environ 10 ans, il m?est inutile d?esquisser le plaisir d?avoir tant de belles lettres pour vis-à-vis.
Mon penchant d?analyse commence à apprécier la tournée de notre dialogue. Je sens de la direction, je vois le mouvement vers la raison commune qui nous pousse tous à laisser couler notre salive patriotique. Il ne suffit pas de se rassembler. N?importe quel hasard ou n?importe quelle émotion non structurée peut accomplir ce miracle. La magie de l?union réside dans la durée et dépend du motif de l?accolade. On a déjà franchi plusieurs limites en rejoignant ce forum. Malgré l?intention personnelle qui semble parfois subjuguer quelques uns d?entre nous à regarder l?autre par le mauvais côté de la fenêtre, on est déjà en route vers l?objectivité où chaque idée est idée plutôt qu?une avance propagandiste justifiant ou défendant son droit à l?oppositionnel. L?apport de Keyvin dans ce contexte est bien visible.
Je suis entièrement d?accord avec Keyvin; parler de deux gouvernements est accepter la mauvaise stratégie de la Convergence en mal de s?affirmer par des actions moins tribales et moins colériques. On ne doit s?emprunter qu?à l?officiel malgré la défaite que les conjonctures peuvent nous imposer selon notre position. Cette allusion de ?gouvernement parallèle? est une farce implorante qui met à nu le primitivisme de notre blessure sociale et le besoin sine qua non de guérison immédiate par la pensée du bien suivant les échelons du possible dans la réalité. On dirait que nos ?convergents? se réunissent sine die et décident par coups de chimères pour contrecarrer leurs larmes politiques.
Voilà ce qui m?intrigue. Ils sont si nécessaires au développement de notre pays mais ils s?en prennent si mal que leur ambition instinctive du pouvoir transcende toute considération de raison et de logique dans leurs actions peu planifiées. On est sous la malheureuse déception que ?l?opposition? n?a que des réponses combatives à chaque pas des lavalassiens. Comment donc établir son existence à partir de l?approbation ou de l?opposition contre un corps extérieur! Si la Convergence continue d?exister par phénomène de réaction, la Fanmi Lavalas les précédera toujours de mille enjambées et la toute réalité d?une opposition tant apéritive à la ?démocratie? sera compromise à jamais dans ce pays où les bruits-couris d?alentour et les émotions de la veille prennent corps de raison à l?aube et forme de gouvernement.
Jean Déru plaignait l?allusion des cellules d?emprisonnement quant à l?attitude des lavalassiens vis-à-vis des ?convergents?. C?est bien avec regret de constater que nos opposants actuels agissent comme on évolue derrière les barreaux. Seulement le fer a cédé à la connaissance du jeu social dont le pouvoir politique dépend grandement. Personnellement, je n?ai que faire de l?idée d?opposition établie NON pour opposer ou déstabiliser. Un but malheureux publicisé comme projet d?action de nos convergents. Je pleure plutôt l?immaturité de nos hommes politiques quand l?horreur des balles fait silence aux lèvres de la connaissance scientifique pour atteindre le but. L?intelligence consiste à faire le mieux de ce qui EST pour construire ce qui DOIT et non de déplorer ce qui MANQUE (l?armée d?Haïti). Comme j?ai dit dans mon premier message, il faut que la Convergence commence leur plan à partir de la réalité; ce n?est plus le temps des garde-à-vous. D?ailleurs quel bien l?armée nous a procuré comme peuple pour tant la manquer? N?a-t-elle pas toujours été la meilleure EXCUSE de notre sous-développement?
NB- L?armée en elle-même ?comme institution- n?était pas la CAUSE de notre sous-développement. Pourtant elle était trop contrôlable et manipulable aux mains fortes qui manufacturaient les autres éléments de notre malheur.
Le fait de ne pas approuver la mascarade des uns, ne me coiffe point du bonnet des autres. On ne vit pas dans un monde noir ou blanc. Toutefois, si j?ai à choisir, il me faudra très peu d?effort pour appuyer la Fanmi Lavalas. Non pas parce qu?ils ont la panacée magique pour nous délier de nos chaînes, mais parce qu?ils ont su créer la PERCEPTION qu?ils veulent le pouvoir PARCE QU?ils aiment le pays quand d?autres aiment le pays PARCE QUE le pouvoir est à leur portée. On le sait bien, la Fanmi Lavalas couve ses milliers de problèmes (comme toute partie au pouvoir) et j?ai mes milliers de craintes sur la capacité des lavalassiens de gérer un pays avec un bras si à l?exécutif! D?où le besoin d?une opposition plus CONSULTATIVE qu?opposante.
Messieurs, si vous faisiez partie officielle et intégrante de cette opposition consultative dont je parlais plus haut, comment compteriez-vous arbitrer et limiter la ?toute-puissance? naissante des lavalassiens? Quels facteurs déterminants entreraient dans la composition scientifique de votre plan?
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  #15 (permalink)    
Old 05-02-01, 07:49 PM
COQUALITE COQUALITE is offline
Junior Member
 
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COQUALITE is on a distinguished road
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MESSIEURS
AVANT DE DISSERTER SUR LA CRISE HAITIENN, JE VOUS PRIE DE BIEN VOULOIR FAIRE UN PETIT TOUR DANS VOTRE PAYS POUR VOUS RENDRE COMPTE DU DESASTRE ACTUEL.
LE PAYS EST DANS LA DECHE ABSOLUE NON PAS PAR LA FAUTE DE L'OPPOSITION MAIS BIEN PARCE QUE CE REGIME A FAIT MIEUX QUE LES AUTRES ET PRECIPITE CE PAYS DANS UN GOUFFRE SANS FOND: DESTRUCTION DES INSTITUTIONS- VIOLATION QUOTIDIENNE DE LA CONSTITUTION- PREPOTENCE-PREVARICATION-INCOMPTETENCE-IRRESPONSABILITE ET CYNISME.
TROP C'EN EST TROP!
COQUALITE
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  #16 (permalink)    
Old 05-03-01, 01:07 PM
anthony
 
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Discours...discours... toujours discours. Des bel analyses et autre debats. Bien que j'apprecie le fond et la forme, 200 ans apres je suis fatigue. Gabegerie, anarchie , vol et la sistematique destruction d'une societe c'est bien la realite de chez nous. Aristide a rate sa chance d'etre un Ataturk des antilles et l'opposition "si on ose le qualifier de tel" n'en vaut pas plus que lui.
Definitivement on ne choisi pas la ou on nait... mais on peut toujours choisir la ou on meurt. Apres trente annee passe a l'etranger a attrendre des jours meilleurs pour retourner au terroir. Je me suis resigner a mourir sur la terre d'autrui. L'espoire futile qu'un jour que la terre de mes aieux m'offrira un havre de paix ou je pourrais cesser d'etre qualifier d'etranger me semple de plus en plus eloigner. "La crise haitienne" je l'ai vecu et en a entendu parler durant les 40 ans de mon existence. Au dire de mon pere elle existait bien avant ma naissance. Que doit on encore debattre. Nous sommes Messieur " a case study" de la decolonisation precoce. Continnuer le debat ... si je n'en tire pas grande chose au moin je m'amuse a vous lire.
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  #17 (permalink)    
Old 05-17-01, 01:22 AM
zenglendo zenglendo is offline
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Bravo kok kalite!
Alors qu'il avait plutot bien commence, ce debat s'enlisait dans une orgie de phrases creuses manifestement motivees par le traditionel exibitionnisme egocentre caracteristique des pseudo intellectuels haitiens.
Maintenant que tu as remis cette discussion a niveau, je vais y contribuer car le sujet est interessant.
A bientot
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  #18 (permalink)    
Old 05-18-01, 04:34 PM
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"Une seule solution : la revolution..."
La lecture des interventions qui precedent me fait penser a cette phrase de Jean-pierre Brax dans son livre publie en 1986 aux editions L'Harmattan : "Haiti pour quoi faire ?"
Cette conclusion est d'autant plus d'actualite qu'aujourd'hui, Aristide et son oppositon n'ont qu'une obsession : mettre leurs doigts sales sur les quelques millions de dollars "d'aide" promis par la communaute internationale.
Quelle autre solution que la revolution dans ce pays ou tant de gens se vautrent dans les problemes comme des cochons dans la fange ? Le narcissisme petit bourgeois et l'amour de la mediocrite qui caracterisent la grande majorite des compatriotes qui jouissent et abusent du privilege qui consiste a savoir lire et ecrire transforme en "lave men siye ate" toute entreprise qui tendrait a permettre au plus grand nombre d'avoir enfin une vie decente.
"Une seule solution : la revolution. C'est vrai, mais de quelle revolution peut-il s'agir ?" ajoute Brax.
Il nous a montre la voie. Plutot que de continuer, comme tant de compatriotes qui comme Anthony choisissent de jouir en pays etranger de ce pour quoi ils devraient se battre chez eux, quelques mois apres la sortie de son livre, JP Brax est retourne au pays. C'est ainsi qu'a travers son magazine d'actualite culturel diffuse a la TNH, il a donner sa chance aux groupes comme Boukman et Koudyay et initier la revolution culturelle qui a permis a la musique racine de se trouver un public national et international.
Mais la revolution doit, maintenant, entrer dans sa deuxieme phase. C'est une revolution totale qu'il nous faut. Pour se contruire un avenir dans son propre pays, la jeunesse haitienne n'a pas d'autre alternative que de purger le pays : "tirer la chasse" pour nous debarrasser definitivement des enfants legitimes et batards (Jean Bertrand Aristide et sa meute lavalassienne) du duvalierisme.
Le salut d'Haiti passe necessairement par un inventaire courageux et sans concession de tous les evenements qui nous ont amenes de l'espoir du 7 fevrier 86 au desespoir d'aujourd'hui.
A quelques mois de notre bicentaire d'independance, le livre-pamphlet de JP Brax intitule "La societe haitienne de A a Z" est un excellent point de depart. Ce n'est qu'en valorisant les experiences positives de nos compatriotes que nous finirons enfin par ne plus avoir nous reveiller tous les jours enfonces un peu plus profond dans la fosse d'aisance du "Pito nou led nou la" national.
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