Concernant l'arrestation du Général-Président Prosper Avril, j'apporte de l'eau à ton moulin mon cher Jako en invitant les internautes de ce forum à aller lire l'article publié sur Haitiwebs à ce sujet.
Cet article relate les propos du juge instructeur Noël (en fuite pour les Etats-Unis avec sa famille). Le juge fait mention des pressions et menaces que les autorités lavalassiennes ont exercées sur lui pour qu'il puisse émettre le mandat d'arrêt contre le général.
C'est donc ça la justice selon Lavallas?
Dans un tout autre registre, je vous invite à lire, dans les paragraphes qui suivent, la façon que ces grands défenseurs des paysans de Piatre traitent leurs alter ego dans le dossier des zones franches.
Sans commentaires!
> > > > > > > > AlterPresse > > > > > > >
http://www.medialternatif.org/alterpresse/
Zone franche : Risques de confrontation entre paysans le 1er mai
Par Ronald Colbert
Port-au-Prince, 29 avril 2002 [AlterPresse] --- Des paysans du Nord-Est,
qui devraient bénéficier le 1er mai 2002 d'un mouvement de solidarité
contre le projet de zone franche, risquent de se voir confrontés à d'
autres paysans, à qui seront distribués des outils agricoles par le
gouvernement.
Selon les informations parvenues à AlterPresse en provenance du site d'
implantation de la zone franche à Ouanaminthe (commune frontalière de
Dajabon), différents professionnels (ingénieurs-agronomes, travailleurs
sociaux, militants de droits humains) membres d'organisations et d'
institutions nationales comptaient venir de nombreux coins du pays, pour
aller manifester sur le terrain leur solidarité aux paysans du Nord-Est
à l'occasion du 1 er mai prochain, fête de l'Agriculture et du Travail
en Haïti.
Or, voici que le lundi 29 avril 2002, une annonce renouvelée par
mégaphones, par une voiture officielle de la délégation politique du
département frontalier, a convié les paysans du Nord-Est à se rassembler
pour une distribution d'outils le même jour et au même endroit
préalablement identifié comme lieu de l'activité de solidarité avec le
même groupe-cible. Personne ne sait si le lot d'outils, qui seraient
offerts, entre dans le cadre d'un plan d'utilisation des lacs
collinaires, dont l'aménagement sur l'ancienne plantation Dauphin avait
été entamé sous l'administration de l'ancien président René Garcia
Préval.
Ne voulant pas prêter le flanc à d'éventuelles manouvres en sous-main
visant à les porter à s'affronter sur le terrain de la zone franche
décidée sans concertation par les autorités lavalas, les paysans qui se
mobilisent contre l'implantation du site sur leurs terres agricoles ont
commencé à réfléchir sur une autre stratégie pour le 1er mai, a appris
AlterPresse.
" Nous ne voulons d'affrontement avec personne. Nous sommes seulement en
train de défendre nos droits. Et, nous avions informé l'ensemble des
autorités de Ouanaminthe (Police nationale et autres) de la
manifestation longtemps planifiée. La population sensibilisée s'
apprêtait à nous appuyer dans nos démarches légitimes", a confié à
AlterPresse l'un des organisateurs de la manifestation.
Des membres de la délégation politique, dirigée par Yola Bastien, se
seraient réunis avec une série de personnes, dont l'identité ni la
fonction n'ont pas été précisées, pour éteindre le feu du mouvement
projeté par les paysans contre l'installation de la zone franche sur des
terres agricoles.
" Tandis que le 18 avril 2002 les autorités départementales et locales
paraissaient frapper d'interdiction de se prononcer sur la question de
zone franche, aujourd'hui le bruit court fortement que seul le
gouvernement lavalas aurait droit d'organiser une manifestation à
Ouanaminthe le 1er mai, à cause du caractère officiel de cette date ",
s'est inquiété l'un des organisateurs de la mobilisation contre la zone
franche, interrogé par AlterPresse.
Du 20 au 22 avril dernier, plusieurs paysans venus du Nord-Est ont
exprimé leurs préoccupations, sur différents médias de la capitale
haïtienne, quant aux conséquences négatives de la construction des
infrastructures de la zone franche, non seulement sur la production
agricole de la région, mais aussi sur l'environnement en stimulant la
bidonvilisation et en précipitant encore plus la fuite de la main-d'
ouvre haïtienne vers le territoire voisin de la République dominicaine.
Parallèlement, le ministre des Finances et des Affaires Économiques
lavalas, Gustave Faubert, assurait à Port-au-Prince à des journalistes
que tout se trouvait déjà à pied d'ouvre, les travaux avançaient déjà
sur le site choisi après la première pierre posée par le président
dominicain Hyppolito Mejia et le président du 26 novembre Jean-Bertrand
Aristide.
A relever que, depuis la cérémonie de pose de première pierre le 8 avril
2002, des voitures officielles, dont celles de l'Institut National de la
Réforme Agraire (INARA), sont remarquées faisant la navette dans la
région, a signalé un professionnel du Nord-Est à AlterPresse.
Les affirmations de Faubert ont fait apparaître que les autorités
lavalas avaient fait peu cas des craintes soulignées par différentes
organisations, dont la Plate-Forme Haïtienne de Plaidoyer pour un
Développement Alternatif (PAPDA) et le Groupe d'Appui aux Rapatriés et
Réfugiés (GARR). Elles avaient avaient dénoncé le 8 avril 2002 la
cession, en cachette, de terres arables haïtiennes pour un site de zone
franche au profit d'investisseurs de la République Dominicaine.
Certaines organisations haïtiennes, qui travaillent avec des ouvrières
et ouvriers sur le territoire national, s'étaient rendues sur le
territoire voisin la semaine dernière pour se renseigner sur le groupe
M, principale firme dominicaine acquéreuse du projet de zone franche en
Haïti, a indiqué une source informée à AlterPresse.
En République Dominicaine, un texte de loi sur la zone franche, dont la
discussion avait terminé en queue de poisson au Parlement lavalas du 21
mai il y a une quinzaine de jours, circule dans divers milieux, dans un
but vraisemblable de faire la promotion du projet de zone franche auprès
d'autres potentiels investisseurs dominicains.
Des ressortissants voisins s'étaient montrés sceptiques, lorsque, bien
avant l'annonce officielle du projet de zone franche dans le pays, des
interlocuteurs nationaux leur avaient fait comprendre qu'il n'existait
pas encore de document légal sur la question en Haïti.
Diverses voix, entre autres la Chambre de Commerce et d'Industrie d'
Haïti, se sont élevées pour s'interroger sur le raccourci d'emplois
décidés par les autorités lavalas qui n'avaient pas voulu consulter les
communautés concernées (ni les institutions et organisations qui
seraient intéressées) sur leur projet, arguant que conformément à ce "
choix politique, les paysans possédant des terres sur le site de
référence seraient indemnisés moyennant présentation de leurs titres de
propriété ". [rc apr 29/04/02 9:00]