KAKAKOK mwen di ou onè respè.
Yon gro kout chapo pou ou. Paske san ou menm ak GRANZEPON, sijè inpotan ak interesan sanble pa t'ap diskite sou forum Haitiwebs. Mwen pap janm sispann remesye nou pou initiative nou yo ak pou bon jan kalite refleksyon moun serye nou toujou deploye nan diskisyon sou sijè ki makonnen ak lonbrik tout ayisyen ki merite pote non ayisten. Nou se de nan rare ayisyen ki konn kilès yo ye ak ki konn sa yo vle.
Cela dit, j'en viens à mes commentaires sur la question de l'alphabétisation et de la scolarisation en Haiti et sur ce que devrait faire l'Etat haitien. Cette question m'intéresse au plus haut point car je suis apelée à enseigner et à etre responsable de l'éducation de mes petits frères et petites soeurs haitiens (et pourquoi pas de mes ainés? ).
Ta question est légitime mais j'y vois un sérieux problème: a quel Etat haitien demanderons nous de faire une scolarisation ou une alphabétisation? Je pense que ce doit etre la première question à poser.
Nous savons comment ceux qui réflechissent sur Haiti qualifient l'Etat qui gouverne ce pays: un état structurellement faible socialement et économiquement, un état qui pendant longtemps tire sa force dans les repressions armées comme l'attestent les 30 ans de dictatures et les coups d'état et la suite....
De 1804 à 1946, nous savons que la priorité de l'Etat haitien n'a jamais été l'education. Ceux qui accèdent à l'ecole en haiti l'ont été par une sorte de séléction qui requérait d'etre "un fils à papa plutot à peau clair" ou d'etre recommendé par un pretre au séminaire. On sait comment ce type d'éducation a monté une classe contre une autre et vice versa. On sait ausi comment Duvalier père à exploité ce clivage et l'a alimenté.
Le résultat est celui ci: haiti demeure le pays de l'Amérique à avoir le taux d'analphabétisation le plus élevé malgré les louanges que certains peuvent adresser au travail des religieux catholiques.
Nous somme doublement analphabètes: 1) parce que ceux qui n'ont pas accès à l'école ne savent pas lire et écrire 2) ceux qui vont à l'école, parce qu'ils apprennent ce qui leur est totalement étranger, se trouvent aussi étranger à eux memes, ne sachant se prendre en mais ni dans leurs vies personnelles (il faut maman pour faire tout) ni dans leurs vies professionnelles. Et c'est le comble en politique, un domaine qui demande la maitrise de soi et la connaissance de ce qu'on est donc la compréhension de ce qu'est son peuple.


Aujourd'hui la situation de l'Etat haitien est dramatique. Quand Lavalas veut, Convergence ne veut pas. Quand convergence ne veut pas, Lavalas veut. Cette situation est le milleur image de l'éducation en Haiti: le professeur parle et tu te tais. Comme dans cette histoire pour le déblocage de la crise il n'y a pas un professeur et un elève à proprement parler, chacun se tait en se rendant sourd à l'autre. Voilà l'image de l'Etat tel que nous le présente les hommes politiques. Ne faudrait il pas penser un autre Etat haitien en dehors de la politique mesquine menée actuellement des deux cotés et que nous pourrons présenter aux haitiens et au monde?


Ici en France, on nous demande souvents étudiants haitiens comment faisons nous pour réussir quand nous venons d'un pays si pauvre. Je ne sais pas quoi leur répondre parce qu'ils me resortent les clichés qu'ils voient à la télévision. Mais cette année, j'ai accompagné mes professeurs dans leurs tournée en Haiti et ils ont été surpris de voir l'engouement des étudiants haitiens pour apprendre. A leur retour, ce sont eux qui ont expliqué à mes autres professeurs et à mes collègues comment on peut faire de bonnes études meme dans la pauvreté. Ce sont eux qui ont proposé de signer des conventions avec les doyens des facultés pour patroner chaque année un certain nombre d'étudiants dans leurs universités respectives. Ce pour vous dire que le petit haitien ferait des des merveilles s'il est bien orienté. L'orientation est notr eprincipal problème, nous jeunes qui reflechissons à notre place dans la société haitienne.


Je reviens à l'Etat haitien: je me demande quels seront les résultats de l'éducation nationale (alphabétisation ou scolarisation) dans une telle situation de l'Etat haitien. Je pense qu'il faut essayer de diagnostiquer l'Etat avant de proposer une quelconque programme ou d'options d'éducation possible. La question de la scolarisation ou de l'alphabétisation n'est pas moins importante. Elle se rapporte au présent immédiat dans l'absence d egrand projets ç long terme. Mais c'est aussi la question de l'avenir politique, sociale et intellectuelle de Haiti qui est en jeu.
Je vous invite à exercer votre reflexion sur cette question qui est comprise dans celle posée par KAKAKOK: Quelle l'éducation haitienne dans quel Etat haitien?
Salutations à tous.