HISTORIQUE DE LA DESSALINIENNE
Par Dr. Clément LANIER et Lélia J. LHÉRISSON
En juin 1903, l'Association Nationale du Centenaire de l'Indépendance ouvrit un concours pour la Composition d'un Hymne National. Il devrait être entonné à l'inauguration des monuments commémoratifs élevés à la gloire de nos aïeux.
Le concours était ouvert et comprenait deux parties: paroles et musique. Les manuscrits du poème devaient être remis le 30 juin au plus tard et porter une devise en guise de signature ; un autre pli cacheté devait contenir le nom de l'auteur.
Les membres de ce Jury, désignés au scrutin secret par le Comité de Direction, étaient:
STENIO VINCENT, avocat, journaliste.
FERNAND HIBBERT, homme de lettres, romancier.
ARSENE CHERY, poète, auteur des Areytos.
SOLON MENOS, poète, docteur en Droit de la Faculté de Paris, ancien Ministre des Relations Extérieures.
CHARLES MORAVIA, poète, homme de lettres, journaliste.
Des six pièces soumises à son appréciation, le jury, par quatre voix contre une, classa première "LA DESSALINIENNE", signé SAMBA.
C'était l'Hymne aux paroles simples, à l'allure alerte, facile, où s'exprimait un soufle d'intense patriotisme.
Le concours pour la musique fut fermé, le 30 septembre 1903. L'adaptation musicale reconnue la meilleure fut celle de Nicolas Geffrard. L'air martial et vif convenait bien aux vers courts, clairs et émouvants du poème primé.
Les membres du Jury étaient également choisis au scrutin secret. Ils se nommaient:
Occide JEANTY Fils,
Julien COURTOIS,
BASQUIAT,
Edmond ROUMAIN,
Dr. Edmond SAINTONGE,
Dr. MAHOTTIERE
Herman HERAUX.
LA DESSALINIENNE fut chantée pour la première fois à Saint-Marc, sur l'autel de la Patrie, le 17 octobre 1903, sur la demande du Dr. Clément Lanier, à l'occasion de la remise d'un buste de l'Empereur Jean-Jacques DESSALINES.
Une deuxième fois, le 29 novembre 1903, Centenaire de l'entrée des troupes indigènes au Cap Français, au "Petit Théâtre" de Port-au-Prince par les élèves de "l'Ecole de Musique".
Le 1er janvier 1904, jour anniversaire d'un siècle de l'Indépendance "LA DESSALINIENNE" fut chantée deux fois, après le TE DEUM à la vieille Cathédrale sur la place de l'Intendance où avait lieu la pose de la 1ère pierre du monument aux "Aïeux" et ensuite au "Petit Théâtre" où les fêtes de cette solennelle commémoration devaient se continuer.
Et enfin "LA DESSALINIENNE" fut définitivement adoptée comme Hymne National, jouée et chantée à toutes les cérémonies officielles.
Nous devons honorer la mémoire de Justin LHÉRISSON dont le patriotisme fervent a su trouver les paroles en qui s'incarne l'âme nationale et celle de Nicolas GEFFRARD dont l'inspiration musicale par des accents appropriés s'est intimement liée à ces paroles.
Leurs noms apposés à "LA DESSALINIENNE" sont immortalisés à jamais. La loi du 5 août 1919, a consacré officiellement
LA DESSALINIENNE, Hymne National d'Haïti.
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LOI
LE CONSEIL D'ÉTAT
Usant des pouvoirs que lui confère la Constitution en son article 55 et
ses dispositions transitoires -- Art. D -- a voté la loi suivante:
Article Unique: Le Chant intitulé LA DESSALINIENNE, paroles et musique
de Justin Lhérisson et de Nicolas Geffrard est déclaré
CHANT NATIONAL HAITIEN.
Donné au Palais Législatif à Port-au-Prince, le 5 août 1919.
Le Président: S. ARCHER
Les Secrétaires: Ch. SAMBOUR, L. ALEXIS
AU NOM DE LA RÉPUBLIQUE
Le Président de la République ordonne que la loi ci-dessus soit revêtue
du sceau de la République, imprimée, publiée et exécutée.
Donné au Palais National à Port-au-Prince, le 6 août 1919,
en 116e de l'Indépendance.
Par le Président : Sudre DARTIGUENAVE
Par le Secrétaire d'Etat de l'Intérieur : B. DARTIGUENAVE
Source : "Le Moniteur" du 18 août 1919
La Dessalinienne
I
Pour le Pays,
Pour les Ancêtres,
Marchons unis, (bis)
Dans nos rangs point de traîtres
Du sol soyons seuls maîtres,
Marchons unis, (bis)
Pour le pays,
Pour les ancêtres.
II
Pour les Aïeux,
Pour la Patrie,
Bêchons joyeux, (bis)
Quand le champ fructifie.
L'âme se fortifie.
Bêchons joyeux, (bis)
Pour les Aïeux,
Pour la Patrie.
III
Pour le Pays,
Et pour nos pères,
Formons des fils, (bis)
Libres, forts et prospères,
Toujours nous serons Frères.
Formons des fils, (bis)
Pour le pays,
Et pour nos pères.
IV
Pour les Aïeux,
Pour la Patrie
O Dieu des preux ! (bis)
Sous ta garde infinie,
Prends nos droits notre vie.
O Dieu des preux (bis)
Pour les Aïeux,
Pour la Patrie.
V
Pour le Drapeau,
Pour la Patrie,
Mourir est beau ! (bis)
Notre passé nous crie :
''Ayez l'âme aguerrie''.
Mourir est beau (bis)
Pour le Drapeau,
Pour la Patrie.
Paroles de Justin Lhérisson
Musique de Nicolas Geffrard