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  #1    
Old 12-31-02, 07:26 PM
KAKAKOK's Avatar
KAKAKOK KAKAKOK is offline
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Aristide Dicit : Je Suis Le Seul A Pouvoir Faire Reculer Le Pays En Silence !

Subject: Bilan de la mediocrite d?aristide - lavalas
IP: Logged
Message:
HAITI - BILAN DE L' AN 2002
Michel Soukar, 2002-12-29
Haiti Democracy Project web page item #447
(http://www.haitipol
icy.org)
II est maintenant devenu un rituel de dresser
le bilan politique, social et économique de
l'année qui s'achève. Celui de l'année 2002
est particulièrement décevant. II interpelle la
conscience de tous les citoyens. 2002 peut
être considéré, en tous points, comme I'
année de la faillite.
A. Faillite politique
La crise perdure. Après près de 200 ans
d'indépendance, les haïtiens sont incapables
de résoudre pacifiquement leurs différends. A
la veille de la célébration du deuxième
centenaire de la proclamation de
l'indépendance, Haïti est sur le point d'être
catalogué comme une entité chaotique
ingouvernable.
Depuis tantôt deux ans, les négociations
politiques, menées par I'OEA pour tenter de
trouver une issue pacifique à la crise
aggravée par les élections frauduleuses de
I'année 2000, piétinent. Après 23 tentatives
infructueuses de négociations directes entre
les parties en conflits, l 'OEA modifie sa
stratégie. Elle adopte résolution sur
résolution.
Le 15 janvier 2002, l'OEA adoptait la
Résolution 806 pour d'une part condamner
les violences du 17 décembre 2001 et d'autre
part enjoindre le gouvernement à créer des
conditions propices à la reprise des
négociations politiques, en vue de la
signature d'un accord entre le gouvernement
et l'opposition. Cette Résolution prévoyait
aussi la mise en place d'une Mission
spéciale d'appui au renforcement de la
démocratie. Comment peut-on renforcer ce
qui n' existe pas?
En février 2002, victimes des rivalités
intra-lavalassiennes, le Premier Ministre
Jean-Marie Cherestal démissionnait. La tâche
de former un nouveau gouvernement était
confiée à Mr Yvon Neptune, alors sénateur,
président du sénat contesté, responsable a.i.
et porte-parole du parti au pouvoir.
En Mars 2002, malgré les preuves de la
nationalité américaine de Mr Neptune, les
deux chambres contrôlées par son parti
ratifiaient son choix et accordaient un vote de
confiance à sa déclaration de politique
générale. L'installation de son gouvernement
coïncidait avec le déploiement de la Mission
spéciale de l'OEA, dirigée par le diplomate
canadien David Lee. Cependant, l'entrée en
scène du nouveau gouvernement ne pouvait
arrêter la dégénérescence des pouvoirs
publics.
Le pouvoir exécutif est dirigé par un citoyen,
atteint du syndrome du Messie. Ce syndrome
se caractérise par la prétention d'être non
seulement la réincarnation de Toussaint
Louverture mais aussi d'être investi d'une
mission sacro-sainte. Le propre du Messie,
comme Mr Aristide l'a fait dans une entrevue à
deux journalistes du Miami Herald, est de se
croire indispensable, invulnérable, voire à vie.
Le propre du Messie est de rejeter les torts et
responsabilités de son échec sur autrui.
Enfin, le propre du Messie est de toujours
rechercher des boucs émissaires soit dans
les rangs de l'opposition, soit au sein de la
communauté internationale.
A la vérité, la mission de Mr Aristide est de se
maintenir au pouvoir par la terreur et par la
peur, de ruiner toutes les couches de la
population haïtienne et d'attiser la lutte des
classes. Mr Aristide a failli à sa mission
constitutionnelle de garantir la stabilité des
institutions et d'assurer le fonctionnement
régulier des pouvoirs publics.
Sous sa présidence, le pouvoir législatif est
transformé en un foyer de scandales. La
chambre basse ressemble à une association
de malfaiteurs. Tantôt, c'est la voiture d'un
député qui sert à l'enlèvement de cambistes
au boulevard La Saline. Tantôt, c'est un
député qui est accuse de commanditer le
meurtre du maire de Saint-Raphaël. Tantôt,
c'est le député des Gonaïves qui est
assassiné en plein jour à la ruelle Nazon. A la
chambre haute, deux sénateurs de l'Artibonite
s'affrontent par partisans interposés à
Desdunes. Presque tous étaient impliqués
dans un scandale de ventes de riz et de tôles.
En 2002, le parlement est transformé en un
comptoir ou se trament et se règlent toutes
les combines.
Le pouvoir judiciaire n'existe pas. Il est
vassalisé par le pouvoir exécutif. Son
indépendance est un prétexte utilise souvent
par le Président chaque fois qu'il est question
de faire appliquer la loi contre ses partisans.
Mais le pouvoir n'est pas indépendant quand
il faut maintenir ses opposants en prison. Le
système judiciaire est critiqué par ceux qui
sont placés pour le faire fonctionner. La loi est
violée par ceux qui sont chargés de les
appliquer et de les exécuter. Les
commissaires de gouvernement n'exécutent
pas les décisions de justice. L'état de droit,
qui garantit: 1) l'égalité de tous devant la loi et
2) un procès équitable à tous, est un leurre.
Quant à la police nationale d'Haïti, elle est de
plus en plus politisée. Elle ne remplit pas sa
mission d'auxiliaire de la justice. Elle se
discrédite davantage chaque jour. D'aucuns
assimilent son porte-parole à un mauvais
metteur en scène. Celui-ci présente à la
télévision les mêmes armes retrouvées dans
tous les cas de prétendus complots déjoués
par la PNH. Ce sont les mêmes T65, Galil,
Fal, Grenades et 9mm dont faisait mention le
rapport du ministre de la justice pour montrer
les succès du processus de désarmement.
La police saisit des armes, mais n'arrête pas
les détenteurs. Quel théâtre!
I?l n'est pas étonnant, dans un tel contexte,
que l'insécurité, l'impunité et les violations de
droits humains soient la règle et non
l'exception. Chaque mois de I'année 2002
apportait son lot de cadavres d'innocents,
enlevés puis découverts criblés de balles soit
à la morgue de l'hôpital soit sur des
immondices à Titanyen. Les enlèvements,
disparitions et exécutions sommaires sont
devenues monnaie courante. Les
arrestations arbitraires étaient légions.
Les libertés d'expression, de presse et
d'association sont parmi les libertés
publiques les plus affectées. Depuis
l'assassinat de Jean Dominique et de Brignol
Lindor, les journalistes deviennent les cibles
privilégiées des OP proches du pouvoir. Plus
d'une vingtaine de journalistes ont dû quitter
le pays, après les événements du 17
décembre 2001. Près d'une dizaine de
correspondants de province se sont réfugiés
à Port-au-Prince pour échapper à la
persécution et aux menaces des chimères.
Des stations de radio cessaient d'émettre au
Cap, à Gonaïves et à Petit-Goave pour ne pas
se faire incendier par les partisans du
pouvoir. L'association des journalistes
haïtiens (AJH) dénombrait plus d'une
cinquantaine de cas d'actes d'agression
commis par des agents de la PNH. Comme
disait Jean Dominique on ne guérit pas a
fièvre en brisant le thermomètre.
En outre, il ne se passait un mois sans
enregistrer des affrontements, souvent
meurtriers, entre groupes rivaux proches du
pouvoir dans les quartiers populeux de la
Saline, Fort-Tout-Rond, Cité Soleil, Raboteau
et Deschaos. De plus, des bandes armées à
la solde du pouvoir sèment la terreur à
Miragoane (guêpe panyol), à Petit-Goave
(Domi nan bwa), à Saint-Marc (Balé rouzé) et
aux Gonaïves (Armée cannibale).
Dans beaucoup de cas, les mandats émis à
l'encontre des membres d'OP n'étaient pas
exécutés. La police prétendait ne pas pouvoir
retrouver les chefs d'OP qui circulaient
librement, au vu et au su de tous. Une
exception était le cas de Ronald Camille, dit
cadavre. II était arrêté aux abords de
l'aéroport, alors qu'il était venu accueillir son
patron qui rentrait de voyage.
Un exemple ironique est fourni dans le cas de
Amiot Métayer, dit Cubain. Celui-ci avait
négocié, quelques mois auparavant, dans la
cours du pénitencier national, la libération de
son compère Guy Louis Jacques, alias
Poupoute avec le Secrétaire d'état a la
sécurité publique et le commissaire du
gouvernement de Port-au-Prince. Le 2 juillet, il
est arrêté à son tour et conduit au pénitencier
national. Cette arrestation, effectuée pour jeter
la poudre aux yeux de l'OEA, donnait lieu à de
violentes manifestations aux Gonaïves. Ses
partisans menaçaient publiquement
d'incendier des bureaux publics s'ils n'étaient
pas libérés ou transférés aux Gonaïves pour
être jugés. Ils mettaient leurs menaces à
exécution en incendiant les bâtiments logeant
la douane des Gonaïves.
Le pouvoir cédait. II le faisait transférer par
hélicoptère aux Gonaïves pour être incarcéré
à la prison civile de cette ville. Le 2 août 2002,
ses partisans attaquaient la prison à l'aide
d'équipements lourds des travaux publics et
procédaient à sa libération ainsi que celle de
nombreux prisonniers condamnés à la prison
à vie. Sa libération donnait lieu à de violentes
manifestations anti-Aristide. Le palais de
justice des Gonaïves en a fait les frais. A
coups d'argent, le pouvoir négociait son
revirement. Depuis des voix s'élèvent pour
demander qu'il soit remis en prison et jugé
conformément à la loi. Le pouvoir fait la
sourde oreille.
Toujours en été 2002, profitant des vacances
et de la fermeture des facultés, le pouvoir
tentait de prendre le contrôle du Rectorat de
l'université d'état d'Haïti (UEH). Prétextant de
la fin du mandat du Conseil élu, il nommait un
conseil provisoire présidé par l'ancien
ministre de l'éducation nationale Charles
Tardieu. Ce dernier eut le temps de rédiger
deux avant-projets de loi. L'un devait régir
l'enseignement supérieur et l' autre le
fonctionnement de l'UEH. Malgré les
protestations de la communauté universitaire,
ils étaient présentés au parlement en
septembre 2002.
C'est dans ce contexte, que le Conseil
Permanent de l'OEA adoptait le 4 septembre
2002, par consensus, la Résolution 822.
Cette Résolution mettait fin aux négociations
directes entre le pouvoir et l'opposition. Elle
met le cap sur l'organisation des élections
anticipées, proposées par le pouvoir au cours
de second semestre de l'année 2003. Le
mandat de la mission spéciale est élargi.
Cette Résolution établit un ensemble de
préalables pour la réalisation de bonnes
élections en Haïti. Celles-ci comprennent les
réparations des victimes du 17 décembre, la
lutte contre l'insécurité et l'impunité ainsi que
le désarmement des bandes armées.
Cependant, la principale erreur de cette
résolution est de fixer une date limite pour la
réalisation de certaines étapes liées à
l'organisation des élections. Par exemple, un
Conseil Electoral Provisoire autonome,
indépendant, crédible et neutre devrait être
constitué, au plus tard, 60 jours après sons
adoption. La composition de ce CEP
s'inspirait d'une formule tirée du projet
d'accord initial entre les parties en conflit. Le
CEP n'est toujours pas constitué.
Avec la rentrée des classes en octobre 2002,
les manifestations d'étudiants reprenaient
avec plus de ferveur et d'intensité. Ils
gagnaient les rues par milliers pour réclamer
cette fois le départ du président. Le pouvoir se
ravisait et rapportait les décisions endossées
par la Ministre de l'éducation nationale en
juillet. Celle-ci démissionnait. Le conseil
provisoire de l'université était dissout et le
projet de loi rétracté. Capitulation ou retrait
stratégique!
D'autres manifestations se relayaient dans
plusieurs villes du pays, particulièrement à
Petit-Goave, à Jérémie et à Jacmel, durant
tout le mois de novembre. La plus importante
se déroulait le 17 novembre 2002 au
Cap-Haïtien, à l'appel de l'initiative citoyenne.
Elle a rassemblé plusieurs milliers de
participants qui ont marché sur Vertières. Le
cri de Vertières était poussé.
Ce cri proclamait la détermination des
participants à lutter pour chasser Mr Aristide
du pouvoir. L'opposition, toutes tendances
confondues, en a profiter pour clamer son
refus de participer aux élections avec Mr
Aristide comme président. De nombreux
secteurs de la vie nationale appuient I'appel à
la démission du président Aristide. Le 20
novembre, pris de panique, le pouvoir
déployait son artillerie de pneus enflammés
et bloquait la capitale. Le secteur privé
proteste et condamne. Le 29 novembre, la
conférence épiscopale, réputée conservatrice,
exhortait le président à choisir entre 3
possibilités : démission, réduction de mandat
ou remaniement du gouvernement. Le
président déclare qu'il ne démissionne pas.
Hélas! Fujimori avait dit autant.
3 décembre 2002, une manifestation lancée
par l'opposition a été violemment dispersée
par les partisans du pouvoir, sous les regards
complaisants des agents des forces
spécialisées de la PNH. L 'intolérance atteint
son paroxysme. Seul le pouvoir détient le
monopole des manifestations de rues. Il
demandait formellement à ses élus contestés
d?organiser des manifestations de soutien
dans tous les départements géographiques,
à l'occasion. A Port-au-Prince, au Cap-Haïtien,
à Jacmel et à Jérémie, malgré argent,
bambous et tambours, des élus du peuple ne
pouvaient mobiliser que quelques milliers de
participants. Où sont passées les
manifestations monstres et spontanées
d'antan?
Entre temps, des formules de transition
foisonnent. Pourtant, la communauté
internationale réaffirme encore sa foi dans la
Résolution 822. Myopie ou hypocrisie! Cette
Résolution a vécu.
Que pouvait-on attendre de la performance de
l'économie haïtienne, dans une conjoncture si
instable et si incertaine?
B. Faillite économique
En général, l'économie s'accommode mal à
l'instabilité socio-politique. L'économie
haïtienne est depuis quelques temps
anémiée. La production des biens et services
décline. Les exportations régressent. Le
tourisme est à son plus bas niveau. L 'aide
publique au développement est gelée. Les
principales sources de devises étrangères
s'amenuisent.
Le pays importe presque tout ce qu'il
consomme. Sa balance commerciale est
déficitaire. - Pendant deux années
consécutives, son produit intérieur brut (p.i.b.)
accuse une croissance négative. En 2002, le
chômage affectait plus de 60% de la
population active du pays.
Sans assistance externe, le gouvernement
sollicite la banque centrale pour financer ses
dépenses. Celle-ci active la planche à billets.
Le déficit des finances publiques atteint près
de 3 milliard de gourdes. Cette masse de
gourdes favorise la spéculation sur le marché
des changes. La gourde se déprécie par
rapport au dollar américain. En moins de deux
mois, elle a perdu plus de 40% de sa valeur Il
en résulte une augmentation des prix des
produits de première nécessité. Le pouvoir
d'achat de l'haïtien moyen diminue
considérablement.
La crise économique est exacerbée par la
faillite, en juin dernier, des pseudo
coopératives d'épargne et de crédit. Ces
dernières rémunéraient jusqu'à 15% les
placements effectués par les prétendus
sociétaires. C'est le désarroi, principalement
au sein de couches moyennes de la
population. Les estimations les plus
conservatrices évaluent les pertes subies par
les haïtiens d'ici et de la diaspora à $200
millions américains.
L' économie est également sensible aux
rumeurs. Au mois de septembre, des
rumeurs persistantes ont circulé concernant
la nationalisation des comptes en devises.
Leurs détenteurs déferlaient, pendant deux
semaines, sur les banques commerciales.
Malgré les démentis des autorités
monétaires, les fuites de devises avoisinaient
plus de 60 millions de dollars.
En fin d'année, les réserves de change du
pays représentaient à peine l'équivalent de 2
semaines d'importation. Le gouvernement
refuse, toutefois, d'augmenter les prix du
carburant à la pompe. Il continue de
subventionner les augmentations du prix du
pétrole sur le marché international.
Le premier trimestre de l'année fiscale
2002-2003 se termine sans budget. Le
gouvernement dépense sans contrôle. Le
mandat des membres de la Cour Supérieure
des Comptes a expiré depuis un an.
Aujourd'hui, l'économie haïtienne est au bord
de la faillite. Les conséquences sociales sont
énormes.
C. Faillite sociale
La population haïtienne est désemparée. Le
processus de paupérisation s'accélère. Elle
affecte toutes ses couches et en particulier
les classes moyennes. De plus, les jeunes
de moins de 25 ans sont livrés à eux-mêmes.
II sont la proie de la drogue, la prostitution et
du SIDA. Cette dernière affecte près de 6% de
la population.
Qui servira de guide, de modèle ou de
rempart à cette jeunesse quand les
institutions de contrôle social sont aussi en
faillite?
Une seule issue: l' exode.
Les voyages clandestins ont repris. Les plus
fortunés atteignent les côtes de la Floride,
sous les projeteurs des caméras de
télévision. Après d'être la risée du monde, ils
sont refoulés vers leur pays d'origine. Les
moins chanceux périssent en mer. Chaque
jour apporte son lot de refoulés en
provenance des Bahamas, de la République
Dominicaine ou de la Floride.
Parallèlement, des milliers de cadres
émigrent régulièrement vers le Canada. Ce
mouvement rappelle étrangement la fuite des
cerveaux du début des années 60, quand des
milliers de compatriotes fuyaient la dictature
naissante de papa Doc pour aller enseigner
en Afrique ou au Canada. A l'époque, des
hommes armés, en cagoules, enlevaient et
tuaient.
L 'année 2003 sera décisive pour Haïti.
Comme en 1803, unissons-nous pour dire :
Non à la Tyrannie!
Non à la Barbarie!
Oui à la Démocratie!
Oui à l'État de Droit!
QUE DIEU NOUS VIENNE EN AIDE
__________________
LES DEUX FRERES JUMAEAUX ARISTIDE ET PREVAL LA NOU NAN KK !
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Old 01-01-03, 02:34 PM
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RAFAEL PREND UNE DECISION DIFFICILE.
Rafael se demandait que faire. Il était chef du personnel dans une fabrique de chaussures et il avait engagé son cousin, Stephen. Il ne savait pas que Stephen était adventiste. En fait, il n'avait jamais entendu parler de l'adventisme. Mais lorsque le contremaître de Stephen lui dit que son cousin ne venait pas travailler le samedi, Rafael se fit du souci pour l'avenir de son jeune parent. Etant donné qu'ils étaient cousins, Rafael protégea Stephen. Mais un jour le directeur de l'entreprise fit appeler Rafael.
- Rafael, est-ce vrai que Stephen ne travaille pas le samedi?
- Oui, c'est vrai, dit Rafael.
- Qu'allez-vous faire pour remédier le problème? demanda le patron.
_ Eh bien, écoutez..., dit Rafael en bégayant, il est de cette religion qui...
- Bien, dit le patron d'un ton impatienté, si vous ne pouvez pas le faire venir au travail le samedi, cela n'est pas très bon signe pour votre propre place!
Rafael rapporta à Stephen ce que le patron avait dit, mais Stephen persista à ne pas venir travailler le samedi. Ne sachant que faire d'autre, Rafael renvoya son cousin.
Rafael s'éveilla de bonne heure un matin, sûr d'avoir entendu une voix lui dire d'aller à l'église adventiste. La voix semblait si proche qu'il sortit du lit et alla voir s'il y avait quelqu'un dehors. Personne. Il se remit au lit. Il entendit à nouveau la voix: Va à l'église adventiste. Tu y trouveras la vie et l'espoir. Craintif à présent, Rafael se leva et s'habilla. Il irait à la recherche de l'église dont la voix avait parlé. Mais en sortant, il ne put se rappeler le nom. Il se souvenait seulement qu'il finissait en "iste".
Il trouva une église baptiste, mais ce n'était pas cela. Il visita une église méthodiste, et d'autres dont le nom finissait en "iste". Aucune n'était l'église dont la voix avait parlé. Il réfléchissait tout en marchant, et, distrait, il bouscula un passant.
- Qu'est-ce qui vous arrive? demanda l'étranger.
- Je cherche une église, dit Rafael, mais je ne me souviens pas du nom, juste qu'il se termine en "iste".
L'homme se mit à énumérer les églises qu'il connaissait. Après chaque suggestion, Rafael répondit "non".
Puis l'homme dit:
- Est-ce "adventiste"?
- Oui! s'exclama Rafael. C'est ça!
L'homme lui indiqua où se trouvait l'église adventiste.
- Mais n'y allez pas le dimanche, dit l'homme. Ces gens font leur culte le samedi.
Le samedi suivant, Rafael trouva l'église adventiste. A sa grande surprise, il apprécia vivement les services.
Quelques semaines plus tard, Rafael entendit la même voix s'adresser à nouveau à lui. Cette fois, il devait se débarrasser de ses fétiches et de ses porte-bonheur. Rafael les mit tous dans un sac de poubelle. Il les jetterait dans la rivière en allant au travail. Mais en route, une autre voix lui dit: Si tu jettes ces choses, tu seras renvoyé de ton travail.
Saisi d'une peur irrationnelle, Rafael s'arrêta brusquement. Il fit demi-tour et rentra chez lui. En arrivant, la première voix lui murmura:
- Pourquoi n'as-tu pas jeté les fétiches et les porte-bonheur?
En tremblant, Rafael se dirigea à nouveau vers la porte. En route, la seconde voix l'avertit encore des ocnséquences s'il jetait le sac dans la rivière. Rafael se rendit compte que la première voix venait de Dieu et la seconde de satan. Il jeta le sac dans les buissons et continua à marcher vers la fabrique.
Un mois plus tard, Rafael perdit son emploi. Il se souvint de la prédiction de la voix, mais il décida de suivre les directives de Dieu au lieu de celles de satan.
Etant au chômage, Rafael chercha un plus petit logement à louer. Un jour, tandis qu'il attendait dans un bureau, il entendit deux hommes parler de religion. Rafael reconnut des erreurs dans leur théologie et il se joignit à la conversation. L'un deux fut impressioné par les connaissances de Rafael sur la Bible. Il proposa à Rafael de lui louer une chambre chez lui jusqu'à ce que qu'il trouve du travail.
- Ainsi, nous pourrons étudier la Bible ensemble, dit-il.
Rafael accepta volontiers. Quelque temps plus tard, Rafael fut engagé par ADRA (une organisation adventiste d'oeuvres de bienfaisance). On l'envoya dans le nord du pays comme instituteur.
Un samedi, le village où travaillait Rafael célébrait l'anniversaire de la mort du chef. Après le culte, Rafael rentra chez lui, impatient de se reposer. Soudain, des garçons de l'église se précipitèrent dans son logement et allèrent se cacher dans la chambre. Ils n'avaient même pas frappé. Rafael n'eut pas le temps de leur poser des questions. Deux danseurs masqués parurent à la porte. Rafael les regarda, puis se tourna vers la chambre:
- Avez-vous peur de deux hommes masqués? demanda-til aux jeunes.
- Nous ne sommes pas des hommes, nous sommes des esprits, dirent les deux danseurs.
Rafael se rendit compte qu'il avait fait une grave erreur et il s'empressa de s'excuser.
- Je regrette de vous avoir offensés, dit-il.
Mais c'était trop tard. D'autres danseurs masqués vinrent rejoindre les deux premiers. Ils se saisirent de Rafael et le maintinrent à terre. Ils se mirent à lui frotter les bras et les jambes avec une queue de vache. Rafael savait que c'était une malédiction: il n'avait plus qu'une semaine à vivre. Les danseurs masqués entraînèrent Rafael au milieu du village et le rouèrent de coups.
Finalement un vieillard ordonna aux danseurs de laisser partir Rafael. Ils obéirent. Rafael rentra chez lui. Les garçons étaient encore là.
- Que s'est-il passé avant que vous veniez ici? demanda Rafael.
- En sortant de l'église, nous sommes allés voir les danses rituelles, dit l'un des garçons. Deux des danseurs masqués nous ont vus, et ils nous ont chassés.
Rafael prévint les garçons encore tout tremblants qu'on ne joue pas avec le spiritisme. Puis il leur recommanda de mettre leur confiance en Dieu.
Quelques jours plus tard, les articulations de Rafael que les danseurs masqués avaient touchées se mirent soudain à lui faire très mal, au point qu'il ne pouvait presque plus bouger. Seul dans la maison, il cria vers Dieu. Délivre-moi de l'empire de ces démons! supplia-t-il. Un sommeil profond s'abattit sur lui. Dans la nuit, il sentit une main masser son corps de la tête aux pieds. Lorsqu'il s'éveilla, les douleurs avaient disparu et il n'eut pa de mal à se lever.
Peu après cette expérience, le gardien des masques vint voir Rafael.
- Je voudrais devenir chrétien, dit-il. J'ai bien vu que ton Dieu était plus puissant que les esprits.
- Etes-vous disposé à renoncer au culte des esprits? demanda Rafael.
- Oui, répondit l'homme.
Rafael donna des études bibliques à cet homme. Il se réjouit que Dieu ait agi pour la gloire de son nom au moyen de la pénible expérience avec les esprits malins.
Rafael a encore eu plusieurs fois affaire aux mauvais esprits. Lorsqu'il se sent envahir par la crainte, il remet son sort entre les mains de Dieu, car il sait qu'Il est le plus fort.
___________________________
Rafael Dohou habite dans le Nord de la Côte d'Ivoire (Afrique occidentale), où il travaille à présent comme pionnier de Mission globale. Chali Masotta écrit et s'occupe de son foyer dans le New Hampshire (Etats-Unis).
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