B.K. Rétablir les militaires au pouvoir ?
Impensable. Refaire des élections ? Il y en a
déjà eu ! Tuer Aristide?
kkkok pa pataje opinyon sila . koman retabli milite yo o pouvwa? Si yo pa te menm jan yo pi mal pase ARISTIDE ! REFAIRE LES ELECTIONS >>>>milite genyen pratik nan fe eleksyon gwo ponyet ! TUER ARISTIDE kakakok kont yon pwoje konsa twop dosye tap disparet, se ta va yon gwo to a yon nouvo sistem jistis an ayiti .Aristide ta dwe rete la menm jan ak tosyone LUC DESIR kote pot prizon louvwi li derefize soti !
Subject: Bernard Kouchner: aristide un tyran comme Saddam
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Message:
Une entrevue de Bernard Kouchner
(médecins sans frontières)
>Aristide aussi criminel que Sadam
>
>6 février 2003
>Pour l'ancien ministre de la Santé, le sort
tragique des enfants esclaves de Haïti n'a une
chance de s'améliorer qu'avec le
renversement du tyran qui règne à
Port-au-Prince.
>Un entretien avec Bernard Kouchner
>La Vie .
>Que peut-on faire pour les restavecs de
Haïti?
>
>Bernard Kouchner. Dans nombre de pays,
les enfants jouent un rôle social important.
Dès dix ou 12 ans, ils commencent à travailler
et rapportent de l'argent à leur famille. Bien
sûr, il faut se battre pour qu'ils puissent aller
à l'école jusqu'à 14 ou 16 ans. Mais ça n'est
pas encore possible partout.
>
>Gardons-nous de toujours plaquer notre
vision d'Occidentaux sur une réalité dont nous
n'avons pas idée. Et puis, il y a le cas de Haïti
avec ces enfants esclaves. Les bras vous en
tombent. C'est absolument inacceptable.
Alors qu'il y a des ONG à tous les coins de
rue. Tous les enfants devraient pouvoir aller à
l'école, être aimés par leurs parents...
>
>Connaissez-vous ce pays?
>
>B.K. Haïti, ce fut la première des missions
que nous avons menées avec Médecins sans
frontières. Déjà, à l'époque, sous Duvalier,
c'était dur, très dur. On nous a accusés de
n'importe quoi. Des collègues ont été
emprisonnés. C'était la belle époque des "
tontons macoutes ". Je dis belle époque
presque sans ironie, par rapport à ce qui se
passe maintenant avec le président Aristide.
Ce noble ecclésiastique, ancien " curé des
pauvres ", que, comme tout le monde, j'ai
soutenu fortement et que je connais bien,
nous a obligés à avaler tellement d'horreurs
en quelques années! Haïti, à ma grande
honte, c'est le contre-exemple vivant du droit
d'ingérence. Nous y sommes intervenus
militairement, en 1994, avec le soutien de
l'armée américaine et au nom de l'ONU. Pour
la première fois dans l'Histoire, nous avons
rétabli un président civil légalement élu dans
ses droits, alors qu'il avait été chassé du
pouvoir par une junte militaire. Le rêve qui a
tourné au cauchemar, puisque, aujourd'hui,
c'est encore pire qu'avant. Si l'on ne se
souvient pas de cela, on ne peut pas aider
Haïti - et encore moins résoudre le problème
de ses enfants esclaves--, parce que les
Haïtiens sont aujourd'hui dégoûtés de tout.
Les tontons macoutes, ces bandes de tueurs
à la solde du pouvoir des Duvalier, c'était
finalement un peu comme la mafia : on peut
composer avec, on sait qui l'on a en face de
soi. Mais, désormais, on ne peut plus circuler
de l'aéroport de Port-au-Prince à son hôtel
sans une garde blindée. Les immigrés
n'osent plus revenir et investir parce qu'ils
savent qu'ils vont être dévalisés. Par qui ? Par
tout le monde, y compris par le gouvernement
d'Aristide. Haïti détient, avec le Burkina Faso,
le record du monde du nombre d'ONG
travaillant sur son sol. On y a dépensé
beaucoup d'argent. Pour rien. C'est pire
qu'avant. Économiquement et, surtout,
moralement.
>
>Que faut-il faire aujourd'hui?
>
>B.K. Rétablir les militaires au pouvoir ?
Impensable. Refaire des élections ? Il y en a
déjà eu ! Tuer Aristide? Nous avions tellement
espéré de ce bonhomme! Je me souviens de
séances à l'Unesco avec Aristide et l'abbé
Pierre. On parlait même de lui donner le prix
Nobel de la paix ! Maintenant, notre devoir est
de rester sur place et de continuer. Comme
nous le faisons déjà en Afghanistan.
>
>Pourquoi cette comparaison avec
l'Afghanistan?
>
>B.K. C'est très bien d'avoir chassé les
talibans (les Américains auraient dû le faire
plus tôt). Mais il ne fallait pas libérer Kaboul,
mettre Hamid Karzaï au pouvoir et s'en aller. Il
reste bien les soldats de l'Isaf (la force
internationale envoyée par l'Onu) postés dans
la capitale, mais Kaboul n'est pas
l'Afghanistan : on oublie le reste du pays ! Le
devoir d'ingérence s'accompagne du devoir
de rester, d'accompagner. Un devoir de
mémoire, de fraternité. En Haïti, il aurait fallu
mettre en place un système qui puisse
garantir un fonctionnement démocratique et
éviter que le père Aristide ne le pervertisse.
>
>A-t-on compris la leçon pour la Côte d'ivoire?
>
>B.K. Non, nous agissons trop tard, toujours
trop tard! La meilleure ingérence est
préventive. On intervient pour éviter la guerre,
pas pour la faire. En Côte d'Ivoire, la guerre
devient inévitable. Il fallait réagir dès que
Konan Bédié (président renversé en 1999 par
le général Gueïe) a parlé d'" ivoirité ". Il fallait
hurler au scandale tout de suite. C'était le feu
vert à un nouveau nettoyage ethnique. Si
l'objectif de notre politique étrangère est
d'éviter les conflits, nous devrions être en
permanence à l'affût de toutes ces situations
dangereuses. Malheureusement, elle n'est,
trop souvent, que l'expression d'un
antiaméricanisme primaire et contre-productif.
On ne peut pas vivre heureux avec des gens
qui meurent à nos portes.
>
>Faut-il aussi intervenir en Irak?
>
>B.K. Notre intervention est souhaitée par les
Irakiens, toutes mes sources me le
confirment. On dit toujours que les enfants
irakiens meurent à cause de l'embargo, mais
c'est toujours Saddam Hussein qui
commande, c'est lui qui établit la liste des
médicaments envoyés en échange du pétrole
(selon le programme (K pétrole contre
médicaments et nourriture"). S'il n'y en a pas
assez, il lui suffit d'en réclamer plus et d'ouvrir
le robinet à pétrole, l'Irak est loin d'en
manquer ! Seulement, les médicaments sont
commandés au compte-gouttes et ils ne sont
pas livrés dans les hôpitaux et encore moins
dans les régions réputées hostiles au
dictateur. On les retrouve sur les marchés de
Beyrouth, de Jordanie et dans les pharmacies
privées.
>Quant à la nourriture, ce sont les militants du
parti Baas, le parti de Saddam, qui la
distribuent dans les quartiers. C'est simple :
si tu ne votes pas Saddam, tu ne manges pas
! Voilà comment on atteint les 100 % de voix.
Un fait troublant : depuis que la zone kurde, au
Nord, est indépendante, la mortalité infantile y
est tombée de 88 pour 1 000 à 62 pour 1000.
Les Kurdes ont construit des hôpitaux, des
dispensaires et des écoles partout... Cela
confirme que Saddam est bien l'assassin de
son propre peuple. Vous ne trouverez pas un
seul Irakien, en dehors de ceux qui sont dans
son armée, qui soit contre l'intervention
américaine. Mais Bush s'y prend tellement
mal ! Il ne s'appuie pas sur ces arguments
qui seraient populaires auprès de l'opinion
internationale... Je n'aime pas la guerre, mais
parfois on ne peut pas l'éviter.
>
>Que fait le gouvernement haïtien ?
>Ministère des Affaires sociales. Une grande
bâtisse coloniale, près du palais présidentiel.
Rolex dorée au poignet, le directeur général
nous accueille dans son bureau, flanqué d'un
"technicien". " La lutte contre la domesticité
enfantine est une priorité du gouvernement...
", lance-t-il solennellement. Et de citer les
actions... des ONG. C'est qu'en Haïti, la
domesticité enfantine est légale. Le code du
travail prévoit qu'un enfant de plus de 12 ans
peut travailler en tant que domestique dans
une famille "d'accueil", à condition qu'elle ait
reçu l'autorisation de l'Institut du bien-être
social et de la recherche (IBESR), une
organisation gouvernementale. Autre
condition : la famille doit pourvoir à tous ses
besoins :éducation, santé physique et morale.
Mais il n'y a aucun contrôle.
>
>Bernard Kouchner, ancien ministre de la
Santé