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Noudweront Noudweront is offline
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Noudweront is on a distinguished road
L?Haïtien et son identité

IDEES
Blog collaboratif sur Haïti
22/01/2005
L?Haïtien et son identité
Par Ronald Andris
Depuis plus d?une vingtaine d?années, les questions d?identité ne cessent de retenir l?attention des anthropologues, ethnologues, historiens et autres spécialistes des sciences humaines. Le vaste mouvement de mondialisation n?a pas uniquement conduit à l?uniformisation souhaitée et entonnée par ses adeptes, elle a aussi donné naissance à des « sociétés fragmentées » fondées beaucoup plus sur ce que Roger Bastide appelle l?esprit de la demeure close que sur l?esprit d?ouverture. Devant la menace que représente la machine de la mondialisation, plusieurs cultures, pour se protéger, ont dû observer un repli identitaire conduisant parfois à l?extrémisme et au rejet de l?étranger. A l?intérieur même de beaucoup de pays qui ont longtemps privilégié le modèle assimilationniste, on assiste à la formation de groupes à identités culturelles différentes tendant à y introduire le multiculturalisme et à y généraliser le principe d?identité plurielle et de citoyenneté multiculturelle.
Un autre motif non moins intéressant justifie l?intérêt de l?Haïtien pour cette question d?identité. En 2004, Haïti célèbre le bicentenaire de son indépendance et beaucoup de citoyens s?accordent à dire que cet anniversaire doit être le prétexte d?une véritable réflexion sur l?Haïtien l?amenant à questionner l?haïtianité pour y dégager son essence et du même coup lui permettre de se comprendre davantage en lui offrant la possibilité de s?amender pour arriver à un « vivre ensemble collectif » ou de continuer dans la voie du chaos inaugurée après 1804 par des dirigeants sans scrupules préoccupés avant tout de leurs intérêts particuliers et du bien être de leur cassette.
Cet article n?est pas une analyse menée en profondeur sur la situation et l?histoire haïtiennes. Il n?entend ni saisir comme l?a fait Raph Trouillot dans son intéressant livre, les Racines historiques de l?Etat duvaliérien, les structures qui expliquent la répétition du régime dictatorial en Haïti, ni se pencher sur l?étude de la vie nationale à la manière du pasteur Bird et du Dr Dehoux à travers leur captivant et encore actuel titre, Des révolutions d?Haïti, de leurs causes et de leurs remèdes dénonçant le « manque d?éléments qui constituent régulièrement une société ». Il ne compte non plus illustrer et reprendre les incessants débats sur l?identité qui animaient l?élite intellectuelle au XIXème et au début du XXème siècles, lorsqu?il s?agissait de définir la mentalité haïtienne et de choisir entre la fidélité à l?héritage latin ou l?adoption du self-restraint anglo-saxon.
Ces débats n?ont plus leur place aujourd?hui. D?abord, il faut reconnaître que seule une infime minorité se sentait réellement concernée par ces prises de positions, l?obligation scolaire votée en 1852 n?étant jamais appliquée n?a pu faire reculer l?ignorance de la majorité des Haïtiens et Firmin , animateur influent de ces discussions, estimait, au début du siècle dernier, que plus de 83% des Haïtiens étaient analphabètes.
L?inanité de cette controverse se confirme davantage au regard de la mondialisation qui, tout en réactualisant le débat identitaire, bouleverse énormément la conception de l?identité et implique l?adoption de nouveaux paradigmes car ce processus contraint les peuples à intégrer dans leur culture des valeurs de l?american way of life. L?identité ne peut plus être envisagée sous l?angle d?une frontière établissant une barrière infranchissable, étanche et inébranlable entre les communautés mais elle se conçoit plutôt en termes d?opportunités, d?occasions à saisir pour s?enrichir au moyen d?un métissage devenu indispensable. Dany Laferrière, de passage à Jacmel en 2001, allant dans le sens du métissage, considérait l?histoire et la situation géographique d?Haïti comme des atouts à exploiter pour s?ouvrir sur le monde. Haïti, cette « France noire »(Michelet) ne peut pas vivre refermer sur elle-même, elle doit se tourner indubitablement vers ses voisins anglo-saxons et latins du continent américain -vers le monde entier- pour assurer la préservation de sa culture, de l?Haïtianité qui ne passe plus aujourd?hui par le refus d?accueillir les influences étrangères mais par contre suppose de sa part une grande capacité à adapter ces nouveaux apports, ces acquis, à les transformer en les pétrissant pour en faire des valeurs marquées de son empreinte.
Trouver l?identité haïtienne est une tâche très ardue car l?âme haïtienne si elle existe est insaisissable, l?appréhender est presque impossible quand on sait que l?Haïtien se conjugue au pluriel et que l?identité haïtienne se fonde sur une singulière diversité. Malgré cette difficulté, les Haïtiens savent se reconnaître et laissent transparaître souvent certains points communs qui les unissent. L?article s?articule autour de ces points communs, il traite d?abord de la tendance à vouloir dévaloriser toute ?uvre haïtienne, à négliger et à taire les exploits réalisés par les fils des héros de l?indépendance et se concentre ensuite sur la mission que l?Haïtien s?est attribuée, sur la vision des acteurs politiques de la nationalité haïtienne. Ce travail est à la fois histoire et présent, il dialogue avec le passé tout en scrutant le quotidien sans pour autant faire apparaître la dynamique qui conduit au présent, c?est plutôt une suite d?intervalles non consécutifs, une saisie de clichés d?époques différentes d?où émerge en filigrane l?Afrique.
A cause du désolant spectacle offert au monde, après l?exploit de 1804, par les différents dirigeants sans scrupule qui se sont succédé, on est tenté de dénier toute véritable identité à l?Haïtien ou du moins de reprendre à son compte des conclusions hâtives formulées très souvent par l?Haïtien même qui se conçoit comme un être mauvais haïssant son frère en faisant sien ce proverbe, depi nan Ginen nèg rayi nèg . Ce cauchemar a toujours hanté l?imaginaire haïtien. Au début du siècle dernier, Fernand Hibbert auscultant l?ancienne perle des Antilles rendait un diagnostic assez sévère en y dénonçant un « pays où le travail de l?Haïtien est suspect à l?Haïtien, ? où enfin, dans l?ombre, est croupie l?immonde tourbe des Envieux et des Incapables jappant après tout ce qui a une valeur! ». Il croyait y voir la survivance « des âmes d?esclaves, cruelles pour les faibles, dociles aux forts » . Cette perception négative véhicule une vision pessimiste du vécu haïtien, pour répéter Alain Turnier, elle l?appréhende comme « un tissu de vilenies et de honte ». Parfois pour fuir ce fardeau trop difficile à porter, l?Haïtien est prêt à se renier, à se maudire voire même à intérioriser des préjugés racistes allant jusqu?à affirmer que le noir est incapable de se diriger et appeler le blanc à son secours. A travers ce refus, il veut prendre ses distances avec un système qui n?a pas su mettre le pays sur les rails du développement et se départir du militarisme inscrit dans la première constitution de la nation adoptée en 1805. Le reniement est loin d?être la solution, le progrès ne peut se réaliser qu?à travers une seule et unique voie, celle de l?instruction, la seule qui soit capable de mettre fin aux malheurs de la société en inculquant au citoyen l?amour, le respect de la patrie et de ses frères.
La culture semble être le second point qui rassemble les Haïtiens. Il y a bien un mode d?être, de penser et de se sentir haïtiens, le vaudou en est la principale courroie de transmission. Au prime abord, cette déclaration peut paraître hasardeuse, car pendant longtemps l?aristocratie haïtienne a toujours rejeté le vaudou. Pour marquer son divorce avec à l?Afrique, elle a revêtu la « défroque de la civilisation occidentale » en cherchant à cultiver les valeurs françaises tout en vouant aux gémonies les croyances de l?immense majorité des haïtiens qui sont restés fidèles à l?alma mater. Elle a énormément contribué à dévaloriser la culture haïtienne en offrant aux ennemis extérieurs d?Haïti des motifs et des raisons de la dénigrer. Le vaudou est vu comme un ramassis de superstitions, un amas de pratiques grotesques qu?il faut à tout prix « rejeter » et détruire pour arriver au développement du pays. De tels préjugés existent encore aujourd?hui, ils se sont même renforcés en se propageant dans une partie de la classe moyenne et des plus démunis ouvertes aux idées du protestantisme conquérant. Cependant le discours est parfois trompeur. Le rejet de la culture haïtienne n?est qu?apparent et superficiel, sans le savoir, le vaudou, l?Afrique imprègne leur vécu, ils habitent leur inconscient. Leurs comportements trahissent leur envie « d?apprivoiser avec des mots de France ce c?ur qui [leur] est venu du Sénégal. »
Même si sur cette terre d?Haïti, deux nations se côtoient sans jamais se rencontrer, même si l?élite et la paysannerie haïtiennes se tournent vers deux univers complètement différents l?un de l?autre, la culture, le folklore haïtiens marquent malgré tout un trait d?union entre les différentes composantes de la société. A l?écoute de Papa Simbi, de Mèsi Bondie, de Panama?m Tombe et de beaucoup d?autres titres encore, accompagnés d?instruments ou tout simplement chantés a cappella, l?Haïtien, quels que soient sa classe sociale, son statut et sa religion, se sent traversé par les mêmes vibrations annonciatrices, indicatrices de son sentiment aigu d?appartenance à un système de valeurs et d?une sensibilité propre. Ces vibrations qui prennent possession de l?Haïtien, cette sensibilité qui l?habite et définit son imaginaire viennent de l?Afrique à travers la médiation d?un rythme envahisseur véhiculé par un instrument magique, le tambour(même lorsqu?il est absent, sa présence est rendue par les pauses enregistrées dans la mélodie ou les gestes exécutés par les chanteurs ou danseurs) -depi tanbou frape, Ayisyen leve . Si pendant longtemps, les chrétiens haïtiens cherchaient à refouler, à rejeter l?héritage africain, après Vatican II, - normes pour adapter la liturgie au tempérament et aux conditions des différents peuples - pour les catholiques et avec le pullulement de nouvelles sectes dans tout le pays, pour les protestants, le tambour a fait son entrée en grande pompe dans la maison de l?Eternel. Bien qu?on ne puisse affirmer que cet instrument soit porteur d?un même symbolisme pour tous les Haïtiens, il est important de noter cependant que l? « ostracisme » dont il faisait l?objet était dû à son rôle capital - poto mitan - d?instrument sacré dans les cérémonies vaudoues. Son introduction dans les religions chrétiennes tend à lui enlever son caractère vaudou mais il reste et demeure l?intermédiaire privilégié entre le divin et l?humain.
D?autres exemples auraient pu être choisis pour montrer comment le vaudou possédant l?Haïtien détermine son identité, cependant seul le tambour, instrument apparemment neutre, pouvait révéler la présence du vaudou dans le christianisme. Avant de terminer ce point, pour insister sur la place du vaudou dans la vie haïtienne il paraît nécessaire de citer quelques dictons populaires, liés au tambour, tirés des Plant ak pyebwa tè dayiti de l?agronome François Séverin, Jan nou bat tanbou, se konsa nou danse( c?est le ton qui fait la chanson), tanbou fouye nan bwa, se lakay li vin bat(un temps pour chaque chose ; une place pour chaque chose), tanbou prete pa fè dans(il faut compter sur ses propres moyens plutôt que sur ceux du voisin), apre bal tanbou lou( après la fête, viennent les problèmes ; l?objectif visé une fois atteint, l?unité se défait)Ils permettent de réaliser comment un instrument à lui tout seul sert de représentant à tout un continent, l?Afrique.
Définir l?Haïtien par la permanence de ses liens avec l?Afrique -liens qui ne sont pas toujours assumés- ne le différencie en rien des autres noirs du monde qui continuent de se réclamer de ce continent. L?Afrique n?est donc pas propre aux Haïtiens. Quelle est donc la particularité de l?Haïtien ?
C?est surtout à travers son histoire qu?il se met en évidence. Encore une fois, il faut se référer à l?Afrique. Cependant les rôles sont maintenant inversés. Si l?alma mater était le référent par excellence dans la culture haïtienne, c?est maintenant à l?Afrique de puiser dans l?Histoire haïtienne pour détruire le mythe de l?inégalité des races humaines. Au cours du XIXème siècle, les premiers auteurs haïtiens ont cherché à imiter le modèle français jusqu?à enlever toute couleur locale à leurs écrits. Ce qui importait pour eux à ce moment-là était de prouver que le noir était en mesure de maîtriser des règles élaborées par des blancs et prévues au départ pour des blancs. Plus tard dans le siècle, quand les adeptes du darwinisme social pensaient qu?ils pouvaient utiliser la théorie de l?évolution pour justifier leurs positions racistes et prôner l?inégalité des races humaines en s?appuyant sur des preuves pseudo-scientifiques avancées par les professeurs Broca et Pouchet, l?Haïtien se devait de réagir car « Haïti doit servir à la réhabilitation de l?Afrique » disait Firmin dans la préface de l?Egalité des races humaines. Cette mission a fini par faire naître chez l?Haïtien un sentiment de supériorité par rapport aux autres noirs , il prétend représenter tout un continent, toute une race et Césaire le comprend fort bien en déclarant qu?Haïti est le pays « où la négritude s?est mise debout pour la première fois » . Cette façon de faire correspond tout à fait à ce que le professeur Leslie F. Manigat appelle « une culture d?échantillons ». L?échantillon haïtien prouvant qu?il est apte à adopter les arts et les m?urs blancs témoigne pour toute une race.
Cette fiction se traduit dans l?histoire haïtienne par des prises de positions tendant à identifier l?Haïtien au noir et le noir à l?Haïtien. Elle fonde la nationalité sur un principe qui devient une constante de l?histoire haïtienne jusqu?en 1889, la conception ethniciste de l?haïtianité. La Constitution de 1805 en stipulant en son article 14 que « ?les Haïtiens seront désormais connus que sous la dénomination générique de noirs » enlève du même coup au blanc la possibilité de devenir Haïtien par naturalisation. Cette formulation peut certainement choquer aujourd?hui. Mais il faut toujours avoir à l?esprit que, pendant la période coloniale, le colon infligeait à l?esclave les mauvais traitements au nom de sa couleur, de sa race. L?ancien esclave devenu libre et indépendant exclut le colon-le blanc-de son univers et crée sa communauté sur la fraternité raciale. Cette démarche n?est pas propre à l?Haïtien, au XIXème siècle la nationalité se définissait souvent par l?appartenance à une même communauté ethnique. A peu près deux ans après la rédaction de la constitution impériale, Fichte dans ses Discours à la nation allemande établit les fondements de la nationalité allemande sur la langue-« partout où résonne la langue allemande ». Il va sans dire que cette langue ne peut être véhiculée que par les Allemands eux-mêmes détenteurs du Volksgeist(jus sanguinis).
L?Haïtien se conçoit comme un descendant d?Africains et plusieurs textes officiels, constitutions, lois et décrets, garantissent ce droit racial au cours de l?existence de la nation haïtienne. La nationalité haïtienne a été reconnue à des personnes juste parce qu?elles ont su prouver qu?elles étaient de filiation africaine. Mirlande Manigat dans le tome premier de son Traité de droit constitutionnel haïtien fournit divers exemples d?Haïtiens à qui l?identité haïtienne a été accordée en application de ce principe. Ainsi en 1954 , deux des Widmaier revendiquaient la qualité d?Haïtien au nom de cette conception.
Le sang africain a été pendant longtemps la seule marque d?identité haïtienne. Cependant depuis 1889, grâce l?article 4 de la Constitution « l?étranger est habile à devenir Haïtien? » mais dans l?inconscient collectif, il ne l?est jamais. Le poids du passé est trop lourd à supporter et trop souvent l?Haïtien vit au passé.
En 2002, une enquête menée auprès d?une trentaine de jeunes Jacméliens d?horizons divers fréquentant l?alliance française a révélé que les jeunes étaient incapables de se projeter vers l?avenir. A la question, qu?est-ce qu?un Haïtien ? Ils répondaient en faisant appel à ce qu?ils avaient appris à l?école : l?Haïtien est ce fils d?esclaves qui avait réussi à se libérer de la colonisation française. A aucun moment, ils n?avaient pensé à parler de l?Haïtien au présent et à le voir en train d??uvrer à la construction de son devenir. Il est impossible d?envisager son futur quand les aînés, les responsables font tout pour le détruire. L?histoire d?Haïti recèle d?exemples prouvant l?incapacité des dirigeants à préparer un avenir à la nation. Avant l?occupation américaine, plusieurs penseurs et acteurs politiques avaient lancé des mises en garde contre une telle éventualité mais ignorant la voie (aussi la voix) de la raison le pays s?était laissé aller jusqu?à se courber devant l?inacceptable. Roger Gaillard, cité par François Blancpain auteur de Louis Borno, président d?Haïti, rapporte les propos du député Omer Cave, tenus en février 1896, pour dénoncer l?attitude suicidaire des Haïtiens, il stigmatisait « ce jour-là [où] le peuple haïtien sera traité comme sont traités les fils de famille débauchés : on leur donne un conseil judiciaire et ce conseil judiciaire, ce sera les commissaires étrangers qui s?empareront de nos douanes et viendront se payer les valeurs que vous leur devez ». En faisant appel à 1804, les jeunes cherchent à se cramponner à ce qu?ils possèdent réellement, ce passé devenu espoir, ce passé idéalisé. Leur démarche est une démarche thérapeutique, l?oubli du présent et du futur est nécessaire car ils se sont évanouis depuis longtemps.
L?Haïtien est donc un être privé d?avenir, se mobiliser pour lui en donner un et faire luire l?espoir devient un impératif, il est fait pour un monde de lumière et de bien-être.
Ronald Andris
1) « Pour la presque totalité des historiens qui ont voulu se pencher sur les annales du peuple haïtien, sa grandeur commence et finit avec 1804 ; son histoire, dans la suite, est un tissu de vilenies et de honte, ; sa détresse, l?effet logique des turpitudes de nos élites » En vous appuyant sur la situation actuelle et sur les premières années qui ont suivi l?indépendance, montrez que cette citation d?Alain Turnier dans La Société des baïonnettes est juste.
20:01 Publié dans société | Lien permanent
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Old 01-24-05, 02:15 PM
ainsivalemonde ainsivalemonde is offline
Junior Member
 
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ainsivalemonde is on a distinguished road
Un article assez raisonnable et la conclusion est des plus honorables :
L'Haitien ..." est fait pour un monde de lumiere et de bien-etre ."Il est vrai que nous continuerons toujours a regresser en nous referant a 1804 ( evenement important de la vie d'un peuple qui demeure toujours incompris ) qui n'etait qu'un moment decisif de notre histoire . Nos historiens en ont fait notre present , notre passe et notre futur au fond d'une demagogie existentielle qui trahit l'absence de l'intelligence creatrice .
J'ai aussi lu avec plaisir cette idee redemptrice que c'etait a l'Afrique de se tourner vers Haiti pour comprendre le courage de l'HOMME HAITIEN face aux difficultes que lui presente le colonialisme occidental .C'est a l'HAITIEN , NE ET COULE dans les differents moules de l'ESCLAVAGE qui regnait a Saint-Domingue que revient le titre de pionnier de la Liberte , de phare d'idees nobles ignoblement trahies par les combattants de la liberte .
Ma conclusion a toujours ete que cette expression futile de notre desarroi psychologique a la recherche d'une reponse adequate a l'interieur du simplisme d'une "Africanite " (l'Afrique est vaste et complexe a travers ses cultures regionales ) de la part de nos intellectuels n'est qu'un aveu de leur demission des le debut d'un voyage extraordinaire qui s'annoncait penible et dangereux . Ils ont timidement pris refuge dans les tranchees de l'Africanisme pour se transformer en " plenyado" et detruire ce qui est legitimement notre :
La gloire et le merite d'avoir prouve que l'homme naturel peut briser les chaines de l'esclavage et de l'oppression sous tous les cieux malgre les conditions formidables qu'impose l'adversite . Sortir de cette experience et en faire une affaire provincialement Negre fut une TRAHISON DE de notre humanite universelle par l'intellect ennivre de son succes . La LIBERTE ne se confine jamais aux aspirations temporelles d'une race d'hommes .
.
Haiti est metissage : Culturel , spirituel ou intellectuel . Ceux qui tentent de nous enseigner que le peuple haitien est Africain n'ont toujours ete que de mauvais plaisantins . Francais ? Hum . "Nos braves ancetres , les Gaulois aux yeux bleus ?". On n'a qu'a regarder notre histoire passee ou recente pour avoir la preuve de notre traumatisme cuturel embourbe dans la mediocrite et le "jakorepetisme " de mauvais aloi .
Et quant aux manuels d'Histoire prepares a l'intention de nos eleves (La JEUNESSE , l'avenir du pays ) , ils sont tous bons pour le fatras de l'oubli . Les contes puerils de notre histoire mal ecrite ne sont en realite que de la mauvaise propagande d'une ame en peine incapable de s'affirmer a travers les propres exploits ou opportunites de son vecu historique .
Nous devons quitter ce siege inconfortable qui consiste a faire de faux mourons , blancs - rouges- noirs a l'histoire en marche . Elle est decisive et bouscule sans pitie les paresseux grises par leur importance douteuse , les lambins "avertis "de l'intellect apeure qui s'attardent outre mesure au bord des chemis qui conduisent tant bien que mal a l'ouverture des portes entrebaillees du Destin .
Le chariot rapide de l'Histoire ne s'arrete jamais en route pour porter secours aux danseurs effemines et maladroits de la pose . Elle est virile dans ses demarches . Elle abhorre les faux-fuyants et les explications intempestives de la lachete au visage trop brave : L'IMPOSTURE .
Un bon texte .
__________________
ET VOILA!
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