**** La déclaration faite sur Haïti à l'issue du Forum de Porto Alegre, organisée du 26 au 31 janvier 2005, recommande le retour du Président Jean Bertrand Aristide et la reprise du processus démocratique en Haiti.
La déclaration de Porto Alegre sur Haïti prône "la fin de l´occupation d´Haiti, et la réallocation de fonds et d'autres ressources utilisées dans la guerre contre les pauvres pour lutter contre la pauvreté en Haiti.
Les forces de stabilisation des Nations Unies doivent cesser les arrestations illégales, les interventions militaires ciblant les quartiers pauvres et le support aux opérations illégales de la Police Nationale et des membres de l'ancienne armée, souligne la déclaration.
Elle plaide également en faveur de la libération des prisonniers politiques et la cessation de toute persécution à caractère politique.
"Les Gouvernements et organisations intergouvernementales doivent refuser de reconnaître le gouvernement illégitime et doivent demander une investigation sur les circonstances du départ forcé du Président Aristide", précise encore la déclaration de Porto Alegre, estimant que les réfugiés fuyant les persécutions politiques doivent obtenir l´asile. Les personnes obligées d´abandonner leur domicile à cause de persécutions à caractère politique en Haiti doivent recevoir protection et assistance financière.
Selon la déclaration, les Etats Unis doivent cesser "leur mainmise sur l´Amérique Latine et les Caraïbes". Nous apportons notre solidarité aux gouvernements et peuples du Venezuela et de Cuba, pays qui luttent contre le processus de déstabilisation qui n´est pas différent de celui qui a conduit au coup d´état contre le Président Aristide, indique le document
En deux organisations, en 1991 et en 2004, le président constitutionnel d'haïti, Jen Bertrand Aristide a été vicitime d'un coup d'état, indique la déclaration de Porto Alegre sur Haïti, ajoutant que l´une des premières actions du gouvernement inconstitutionnel qui prit le pouvoir en mars 2004 a été d´autoriser les familles riches à ne pas payer les taxes pour une période de 3 années.
"Le gouvernement de facto a pu aussi payer les ex-militaires pour attaquer la résistance alors que les programmes essentiels destinés aux pauvres en éducation, soins de santé, alimentation et logements sociaux ont été éliminés", indique le document.
**** La militante Lavalas Annette Auguste dit Sò Ann, a réclamé mercredi des explications sur sa détention au commissariat de police de Pétion-Ville depuis tantôt 9 mois.
Annette Auguste a été arrêtée le 10 mai 200 en pleine nuit et sans mandat par des soldats des forces étrangères.
Dans une lettre ouverte aux autorités concernées, Sò Ann a fait savoir qu'elle n'entend implorer aucune forme de clémence et que son amour-propre ne lui permet pas non plus de supporter aucune forme de pitié ou de commisération.
Annette Auguste a rappelé que le 12 mai 2004. le juge Brédi Fabien avait reconnu son innocence et décidé de son élargissement immédiate. Mais cette mesure n'a pas été respectée par ceux dont les pouvoirs dépassent ceux de la justice, a-t-elle déploré.
"J'ai appris par voix de presse que contrairement à mon cas, certains citoyens arrêtés comme moi, ont été relâchés purement et simplement, une fois leur innocence reconnue, selon le mécanisme normal de toute justice saine, pour rentrer paisiblement chez eux", a-t-elle souligné.
"Dois-je comprendre que mon statut de femme est responsable de ce traitement arbitraire, inique, absurde et abusive que je suis en train de subir", s'est encore interrogée Annette Auguste.
Elle a conclu, à défaut d'explication Claire et suffisante, que le comportement des autorités concernées à son égard est en rapport direct avec sa conception sociale et politique qui lui interdit de valider toutes formes d'occupation, d'exploitation, d'injustice ou de néo-colonialisme.
A mon age, je ne peux ni devenir opportuniste, ni changer, fausser ou repousser les principes de base pour lesquels j'ai toujours lutté à savoir une justice sociale pour ceux qui, jadis, furent des esclaves des blancs, une participation effective de tous les citoyens haïtiens quelle que soit leur origine, aux affaires de leur pays, une amélioration progressive et profonde de la condition des masses laborieuses, un même respect et une même justice pour tous, une protection efficace et une aide suffisante pour tous ceux qui sont dans le besoin.
Sò Ann a dit attendre maintenant des autorités provisoires un comportement professionnel, responsable des lois de la justice avant que leur erreur facilement rétractable, ne se transforme a-t-elle dit, en horreur funeste.
****Les nouveaux ministres nommés ou mutés par l'Exécutif intérimaire n'ont pas été investis mardi après-midi dans leurs fonctions.
L'annulation de la cérémonie d'investiture a été décidé en dernière minute.
Les autorités intérimaires avaient décidé d'investiguer sur le cas du nouveau ministre de l'intérieur et des Collectivités Territoriales, Michel Bernardin qui aurait été finalement écarté au profit d'un ancien président de la Cour de cassation.
Des sources pro-gouvernementales ont fait également savoir que la ministre du commerce désignée Marie-Claude Bayard disposerait d'un acte de naissance et d'un passeport étrangers, une information rejetée par ses proches.
**** Le No 2 du groupe ds 184, Charles Henri Baker a dénoncé mecredi la gestion du gouvernement interimaire qu'il accuse de laxiste.
M. Baker qui est également le vice-président de l'Association des Industries d'Haïti (ADIH a fait savoir que "rien n'a changé dans le pays depuis l'arrivée de ce gouvernement" installé après le départ précipité du présient Aristide le 29 février 2004.
Il a deploré que des cas de corruption et d'autres scandales éclatent régulièrement au sein de ce régime qui serait totalement inefficace à lutter contre les violations des droits de l'homme et l'impunité.
Le responsable du groupe des 184 également représenté dans le gouvernement, a deploré par ailleurs les luttes d'influence entre la présidence et la primature.
Il a cité les déclarations de la ministre du commerce sortante, Danielle Saint-Lot qui a fait savoir que si elle a été écartée, c'est parce que le ministre des affaires étrangères sortant, Yvon Siméon, un choix du palais, a été remercié.
"C'est dommage que si la présidence perd un ministre, il faut que la primature en perde un aussi", a déploré M. baker.
Pour un autre proche du pouvoir intérimaire, si les nouveaux ministres designés n'ont pas été été installés mardi, ce n'est nullement par souci d'investigation de leur dossier, c'est plutôt en raison des rivalités qui font rage entre les deux branches du pouvoir exécutif.
Il a fait savoir que les actuelles autorités jouent avec la chose publique comme avec un jouet.