"Nous sommes harcelés, d'une part, par ceux qui veulent des répressions contre les partisans d'Aristide alors que des bandits de l'autre camp veulent profiter de notre présence pour semer le trouble en Haïti sous couvert de manifestation pacifique"
D'un côté des pressions proviennent de ceux qui ne jurent que par la « répression » « contre les partisans d'Aristide », de l'autre des bandits se réclamant du parti de l'ancien prêtre-président veulent également « profiter » de la présence de la mission onusienne pour « semer le trouble en Haïti sous couvert de manifestation pacifique »
Le chef de la Mission de stabilisation des Nations unies en Haïti, Juan Gabriel Valdés, a révélé ainsi en début de semaine la situation délicate dans laquelle il se trouve.
« La Minustah n'est pas dupe », a indiqué le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, et elle n'entend pas faire le jeu des deux groupes. « Nous n'allons pas accepter qu'on empêche à un groupe politique de s'exprimer pacifiquement, en même temps nous n'allons pas accepter que ce groupe nous utilise pour introduire un scénario de violence sous le couvert de manifestation pacifique », a prévenu Juan Gabriel Valdés.
« Dans les prochains jours des efforts conduits, conjointement par la Minustah et la police haïtienne, vont montrer clairement que nous n'avons pas une attitude plus souple et plus détachée vis-à-vis de quelque groupe », a prédit M. Valdés.
L'ambassadeur Valdés a également reconnu que la Minustah a « commis des erreurs » de jugement mais il a assuré la population haïtienne qu'elle est « disposée » à les « corriger ».
M. Valdés dit comprendre « l'impatience » des Haïtiens et ceux « qui protestent contre l'inactivité » de la mission qu'il dirige. Il a prévenu, une nouvelle fois, que « la solution du problème de sécurité d'une société comme Haïti est une solution qui prend du temps. » Juan Gabriel Valdés a rappelé que la Minustah en place depuis juin 2004 en Haïti est appelée à y « établir l'Etat de droit » dans la mesure de ses « possibilités » et ... « dans le temps nécessaire. »
Le 29 mars dernier, une manifestation de partisans d'Aristide s'est terminée en catastrophe à cause du non-respect du parcours initial discuté avec la police. Des fauteurs de troubles se sont pris à coups de pierre aux militaires de la Minustah qui assuraient la sécurité de la foule.
Le général brésilien Augusto Heleno, commandant des troupes de la de la mission onusienne, avait reconnu par la suite qu'il y a des « éléments violents » au sein du mouvement Lavalas, qui ne cherchent qu'à semer le désordre au sein de la population haïtienne.
VB/JEC