L?ouragan Dennis, premier de l?année, a fait au moins 10 morts hier dans le sud de Cuba, a annoncé le président Fidel Castro, et plus de 1,5 million de personnes ont dû être évacuées pour échapper à des vents de 235 km/h. La veille en Haïti, le passage du cyclone avait fait cinq morts.
«Nous avons déjà dix pertes», a déclaré le chef d?État cubain dans une intervention télévisée pour informer en continu la population de la situation. À 20 heures, un vent puissant entrecoupé de faibles pluies balayait La Havane où l?électricité avait été coupée.
Selon l?Institut de météorologie cubain (IMC), le cyclone devait quitter l?île à hauteur d?une soixantaine de kilomètres à l?est de la capitale pour traverser le détroit de Floride. En Floride même, l?état d?urgence a été décrété.


L?ouragan Dennis est arrivé à Cuba hier en début d?après-midi. «Il vient de toucher le pays à 13h en un point très proche de Cienfuegos (centre). Il est accompagné de vents de 240 km/h et de rafales à 296 km/h», a annoncé à la télévision le chef du centre de prévisions de l?IMC, le météorologue José Rubiera. Dennis «est un ouragan de catégorie 4 très puissant, presque de catégorie 5», le maximum sur l?échelle de Saffir-Simpson, a-t-il ajouté. Il est passé en moins de 24 heures jeudi de la catégorie de dépression tropicale à celle de cyclone, grimpant au fil des heures quatre des cinq degrés de l?échelle. Outre 1,5 millions de Cubains, quelque 2 500 touristes étrangers, selon la Défense civile, ont été évacués à l?approche du cyclone, qualifié d?«extrêmement dangereux» par les météorologues américains.




Auparavant, frappant jeudi le sud d?Haïti, Dennis a fait au moins cinq morts et 20 blessés ainsi que 30 disparus et des dégâts considérables, selon un responsable de la protection civile, Jeffe Delorges. Une personne est morte dans l?effondrement de sa maison dans la ville des Cayes (sud), alors qu?une autre est décédée à Bainet (sud-est), où une quinzaine de maisons ont été détruites, des plantations, des biens et des bétails emportés à la suite des fortes pluies.
La Jamaïque a enregistré des pluies torrentielles et des glissements de terrain, mais aucune victime n?était signalée.
Au sud de Cuba, dans la ville de Santiago, deuxième du pays, l?ouragan, accompagné de rafales à 250 km/h, a provoqué hier de «graves dommages», selon l?agence cubaine AIN. Plus de 60 000 habitants de la ville ont été évacués et 85 % de la population est privée d?électricité, a-t-elle ajouté. Des centaines d?habitations ont été endommagées, certaines se sont partiellement effondrées et d?autres ont eu leurs toits arrachés, a indiqué l?agence. Des vagues de dix mètres de haut ont endommagé d?autres habitations en bord de mer, selon l?agence qui signale encore d?importantes inondations côtières. Des installations touristiques ont été également touchées. Dans la zone, il est tombé jusqu?à 243,6 millimètres de pluie, a précisé AIN.


Les météorologues cubains ont relevé le caractère inhabituellement précoce de cet ouragan : au cours des 205 dernières années, seuls trois cyclones ont frappé l?île au mois de juillet, selon le quotidien officiel Granma. Sa puissance est également peu commune, l?Atlantique n?ayant connu depuis 1901 que six ouragans de forte intensité en juillet. La saison des cyclones commence début juin et se termine fin novembre.
Cuba est souvent cité en exemple pour ses méthodes préventives de protection de la population civile. L?an dernier, la saison cyclonique dans la région s?était soldée par plus de 3 000 morts, principalement en Haïti, après le passage de plusieurs ouragans de grande puissance, notamment Charley, Ivan et Jeanne.