Jose Serulle Ramìa est accusé d?avoir reçu un chèque de US $48.000 du Premier ministre haïtien Gérard Latortue. Santo Domingo a ouvert une enquête sur cette affaire et sur d?autres cas de malversations enregistrés à l?ambassade dominicaine à Port-au-Prince.
L?ambassadeur dominicain à Port-au-Prince Jose serulle Ramìa pourrait être impliqué dans une affaire de pot-de-vin, selon plusieurs médias dominicains. Alarmé par la nouvelle, le ministère des affaires étrangères de la république voisine a ouvert une enquête sur l?existence d?un chèque de US $48.000 que le diplomate aurait reçu, dans des conditions obscures, du Premier ministre haïtien Gérard Latortue. Ce montant était destiné au financement d?une série d?activités privées en République Dominicaine.
Selon les informations disponibles, l?ambassadeur Serulle aurait accepté le chèque émis à son nom afin de faire face aux obligations financières de l?organisation d?une rencontre qui avait réuni, il y a quelques mois, des leaders politiques et responsables d?ONG haïtiennes à San Pedro de Macorìs, la troisième ville dominicaine.


La chancellerie dominicaine continue à prêter foi à ses sources qui indiquent que le fameux chèque à l?origine de l?affaire serait d?un montant de US $48.000 ; cependant, Jose Serulle Ramìa, interrogé par plusieurs journaux dominicains, a reconnu avoir reçu seulement la somme de US $25.000. "C?est clair, la Fondation Sciences et Arts que je préside a organisé récemment une rencontre à San Pedro de Macorìs avec un groupe de dirigeants de la société civile haïtienne. Nous avons reçu un chèque de l?ordre de US $25.000 pour pouvoir couvrir les frais d?hébergement liés à la présence de ces personnes" a expliqué Mr Serulle. Ces aveux, qui reflètent un sérieux déficit d?éthique, n?ont pas pu calmer les interrogations et inquiétudes qui commencent à gagner les milieux politiques dominicains. Les informations restent concordantes sur l?émission par le gouvernement haïtien d?un chèque destiné personnellement à l?ambassadeur lui-même et non à la Fondation Sciences et Arts qu?il dirige.


Parlant aux confrères dominicains dans un restaurant de Sarazota, à quelques mètres de sa résidence dans son pays, le diplomate a d?ailleurs reconnu que le procédé utilisé pour effectuer la transaction n?était certainement pas le plus approprié. Mais, il a précisé que son implication personnelle dans l?atribution de ce soutien financier s?expliquait par le fait qu?un chèque émis à l?ordre de la Fondation poserait un problème de temps.


A Santo Domingo, un fonctionnaire du ministère des affaires étrangères a fait savoir, au quotidien El Viajero, qu?un diplomate, de surcroît un ambassadeur, ne doit en aucun cas recevoir de l?argent qui ne lui appartient pas d?un gouvernement étranger. Il affirme qu?aux termes de la Convention de Vienne régissant le statut des diplomates, il s?agit d?un acte de trahison et de déloyauté vis-à-vis de son pays. De fait, des investigations sont en cours sur cette affaire, mais aussi sur la délivrance de visas humanitaires injustifiés par les services consulaires de la mission diplomatique dominicaine en Haïti. L?un des cas les plus troublants est celui de visas d?entrée en République Dominicaine, accordés à Port-au-Prince, à trois pakistanais, en violation des règlements en vigueur.


En juin dernier, le ministère dominicain des affaires étrangères avait ordonné la suppression de certains privilèges qui permettaient à l?ambassade d?attribuer des visas humanitaires. De graves irrégularités avaient été relevées, laissant même planer des suspicions sur l?existence d?un réseau de trafiquants de visas au sein de la mission diplomatique.
Si ces graves accusations se confirment, elles pourraient coûter son poste au sémillant ambassadeur Jose Serulla Ramìa qui, tout en restant fidèle à la très musclée politique haïtienne de son gouvernement, a bonifié depuis son arrivée, l?image de l?ambassade dominicaine à Port-au-Prince.
Source RK