Une certaine remontée de la tension est constatée depuis au moins une semaine dans certaines zones de la capitale , notamment dans le quartier de Solino (Nord Est de la capitale) où un raid punitif a été enregistré mercredi soir faisant deux morts parmi la population.
Celle-ci s'était récemment mobilisée contre les bandits qui avaient transformé ce quartier en zone de non-droit dans le cadre de « l'Opération Bagdad » (de septembre 2004 à juillet 2005) déclenchée pour obtenir le retour au pouvoir de Jean Bertrand Aristide.
Selon des habitants de Solino interrogés jeudi par Radio Kiskeya, le raid a été mené par un chef de bande connu sous le nom de « Général Bibi ». Ce dernier qu'on donnait pour mort à l'occasion d'un des assauts de la police contre les groupes armés, avait été installé dans la zone par feu Emmanuel Wilmé dit « dread Wilmé », principal chef des bandes armées de Cité Soleil et de toute la zone métropolitaine, tué en juillet dernier dans des affrontements avec les casques bleus de l'ONU.
Les habitants de Solino lancent un appel urgent à la Police Nationale d'Haïti (PNH) pour qu'elle intervienne de nouveau dans ce quartier afin de préserver le fragile équilibre qui s'y était installé après de multiples interventions de la police nationale et des casques bleus, suivies d'une intense mobilisation de la population contre le banditisme. Ces habitants se disent prêts à se faire justice au cas où leur appel n'est pas suivi d'effet.
A Martissant/Grand Ravine (banlieue sud de la capitale) des bandits ont abattu mardi le nommé Gaspard Dady. Des habitants de ce quartier qui n'ont pas précisé les circonstances exactes de ce meurtre, soutiennent que des bandes armées, bénéficiant de l'appui de certains policiers, continuent d'opérer dans la zone.
Ils demandent à la police et aux autorités en général d'assumer leurs responsabilités afin que l'ordre et la sécurité reviennent au plus vite dans ce quartier où de graves incidents ayant fait 9 morts avaient déjà été enregistrés en août dernier. Deux hauts gradés de la PNH et plus d'une dizaine d'officiers et d'agents de police ont été arrêtés dans le cadre de cette affaire.
Parallèlement à la situation à Solino et à Grand-Ravine, la situation demeure toujours préoccupante à Cité Soleil où, à pratiquement un mois des élections, les bandits continuent de défier à la fois les autorités haïtiennes et la force de l'ONU dont d'ailleurs des membres sont soit tués, soit blessés au cours de fréquents accrochages avec les bandits.