Le commandant de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), le général brésilien José Elito Carvalho Siqueira, a annoncé que la force internationale de paix ne sortira pas du pays avant deux ou trois ans, rapporte vendredi le quotidien brésilien O Globo.


"Nous ne sortirons pas de là-bas (Haïti) dans l'immédiat. On peut avoir des changements en ce qui concerne les pays qui composent la mission, ce qui est naturel. Mais, il reste encore beaucoup à faire et il faudra du temps pour que la force de police haïtienne soit structurée et préparée en vue d'assurer le contrôle de la sécurité", affirme le général Carvalho Siqueira qui a succédé à son compatriote Urano Teixeira da Matta Bacellar dont le rapport officiel d'autopsie, relate son suicide à Port-au-Prince le 7 janvier 2006. L'officier supérieur brésilien, qui doit rester à la tête de la composante militaire de la MINUSTAH jusqu'en 2007, a fait remarquer qu'en dépit de l'amélioration de la situation depuis l'élection de René Préval à la présidence, l'instabilité ayant caractérisé Haïti au cours des dernières années persiste et "tout peut changer à n'importe quel moment".


José Elito Carvalho Siqueira, qui se trouve actuellement au Brésil en vue de rendre visite à sa famille, exclut catégoriquement la possibilité d'un retrait d'Haïti des militaires brésiliens au profit d'un autre pays. "Il existe une grande sympathie entre les troupes brésiliennes et le peuple haïtien. Ils (les haïtiens) nous considèrent comme un modèle de compétence professionnelle. Tout le monde parle favorablement de nos troupes", soutient le commandant de la MINUSTAH. Des déclarations qui contrastent fortement avec le sentiment d'une bonne partie de la population, très critique vis-à-vis de l'action des casques bleus.
Le chef militaire estime que le prochain défi à relever sera de garantir la sécurité à travers le pays lors de l'investiture du Président élu dont la date reste à déterminer en raison du report du second tour des législatives à la troisième semaine d'avril.
La mission onusienne compte un important contingent latino-américain composé de brésiliens, argentins, chiliens, boliviens, équatoriens, péruviens, uruguayens, paraguayens et guatémaltèques. Son effectif oscille aux environs de 6.700 militaires et 1622 policiers. 548 fonctionnaires internationaux, 154 volontaires de l'ONU et 995 collaborateurs civils haïtiens sont également attachés à la force internationale de paix déployée en Haïti depuis le 1er juin 2004