Haiti : Le massacre de Carrefour-Feuilles serait le motif du refus d?un visa canadien à Jacques Edouard Alexis
Le massacre par la police de 11 jeunes le 28 mai 1999 à Carrefour-Feuilles (banlieue sud-est de Port-au-Prince) serait à la base du refus du Canada d?accorder un visa au premier ministre haitien Jacques-Édouard Alexis, dont le nom a été porté sur une liste noire.
Dans une lettre de l?ambassade canadienne citée par Radio-Canada, Ottawa reproche à Jacques-Édouard Alexis de n?avoir rien fait face à ce massacre. « La police nationale d?Haïti s?est livrée à des crimes contre l?humanité à une époque où vous étiez ministre (1999-2001), et donc responsable de ses actions », selon un passage de cette lettre.
Selon Radio Canada, pour se défendre, Alexis fait valoir que son gouvernement a agi en appuyant un procès contre les coupables. « C?est la première fois, à ce que je me rappelle, que les policiers qui ont été identifiés dans ce forfait-là ont été arrêtés, emprisonnés, et traduits devant la justice. Ils ont été condamnés », soutient-il.
Les démélés de Jacques-Edouard Alexis avec le Canada remontent à 2004, lorsqu?il a été formellement considéré comme complice de crimes contre l?humanité. Il demeure « persona non grata au Canada, et il n?aura pas le droit de venir visiter ses enfants qui se sont établis à Montréal », souligne Radio Canada.
Le ministre canadien des affaires étrangères, Peter MacKay, a cependant fait part le 30 mai de la volonté du Canada d?accorder un visa à Alexis.
Le gouvernement fédéral pourrait exceptionnellement permettre au premier ministre haïtien d?entrer au Canada, comme dans le cas de visites officielles, indique la chaine publique canadienne.
« J?espère qu?on va pouvoir ouvrir les portes à M. Alexis, parce qu?il est très important d?avoir la possibilité de discuter directement avec le premier ministre d?Haïti », a déclaré MacKay, qui prévoit de se rendre en Haïti à la fin de cette semaine afin d?y rencontrer le président René Préval.
Le nouveau chef d?État haïtien devrait soulever avec MacKay la question du visa refusé à son premier ministre. [gp apr 01/06/2006 00:05]