

06-01-06, 04:47 PM
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Le Discours du Président René Préval
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Le discours du président de la République exprime de sérieuses inquiétudes. Il démarre avec une pause. On le sent préoccupé, tendu, à l'écoute des rumeurs de la rue, conscient sans doute de tous les dangers qui menacent le déroulement de la cérémonie et peut-être même la survie de son gouvernement : mutinerie à la prison, manifestation de quelques nostalgiques du retour du président Aristide. Il a aussi hâte d'en finir avec ce protocole souvent bousculé ...Son discours exprime les défis qui l'attendent et dont le premier est l'absence de paix. L'impératif de la paix est comme un clou qu'il tente d'enfoncer dans le crâne des haïtiens : Pèp ayisyen, dit- il en l'interpellant par deux fois! Pèp ayisyen ! Gade m nan je, M ap gadé w nan je. San lapè m pa p ka fè anyen pou wou... » 

Le second défi dont dépendent aussi sa survie et celle d'Haïti est l'état d'extrême sous-développement du pays. Il réclame un total changement d'approche de la communauté internationale. De militaire, la missison de la MINUSTAH doit devenir mission de développement : plus de tanks mais des bulldozers ; plus de militaires mais des policiers qui viennent former les nôtres...
Le troisième grand souci est celui de la division viscérale des Haïtiens : on ne peut rien construire dans la division. Le président Préval essaye de convaincre qu'il faut se mettre ensemble pour résoudre les problèmes d'Haïti. C'est une sorte de rappel de son invitation à rédiger un Programme national de Développement, assurant continuité aux projets mis en branle.
La gouverneure du Canada, l'honorable Michael Jean , a renforcé ce message d'union .Chaque fois qu'il lui a été donné d'intervenir, elle a fait ressortir cette nécessité de se mettre ensemble mentionnée par le président Préval, par le président de l'Assemblée nationale et par Monseigneur Kébreau. Il n'est pas juste qu'Haïti soit dans cet état, mais c'est à nous, à nous Haïtiens, à chercher ensemble les solutions à nos problèmes. C'est à nous à mettre en branle la Grande Coumbite nationale sans laquelle Haïti ne peut être sauvée.
En conclusion :
1.- Il est à souhaiter que les Nations Unies et les Grandes Puissances comprennent enfin le message que leur envoient tous les pays défavorisés de la terre et qu'expriment avec force les leaders d'Amérique du Sud, soutenus pas leurs majorités nationales. Il faut en finir avec les embargos assassins, les interventions militaires, les assistances parsemées. Il faut les remplacer par une politique préventive, constructive ; une assistance coordonnée, proportionnée aux situations socio-économiques invivables, inhumaines qui font de ces pays - dont le nôtre- des chaudières prêtes à sauter.
2.- Les Haïtiens doivent apporter leur support inconditionnel au chef de l'Etat pour non seulement l'aider, mais aussi le forcer à réussir. Tous doivent se mettre à penser non plus intérêt personnel, mais intérêt collectif, afin d'éviter la grande CATASTROPHE qui menace le pays tout entier.
Source: Odette Roy Fombrun
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