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Le Sénat approuve massivement l?énoncé de politique générale du Premier ministre | | Le chef du prochain gouvernement s?engage à se mettre au service de l?intérêt général et à redresser la situation du pays à travers un programme ambitieux ; le président du Sénat annonce des séances hebdomadaires de questionnement des membres du cabinet ministériel. Radio Kiskeya
Le Sénat haïtien a, dans sa totalité, approuvé mardi soir à 23 heures locales (03h00 GMT) la déclaration de politique générale du Premier ministre Jacque-Edouard Alexis au terme d?une séance marathon de plus de dix heures. Sur les 27 Sénateurs que compte actuellement l?assemblée (en attendant l?élection des trois Sénateurs du Nord-Est) 26 ont ratifié le plan d?action gouverne-mentale présenté par M. Alexis. Le président ne jouissant pas du droit de vote conformément aux règlements internes de la Chambre.
Après avoir franchi ce nouvel obstacle, il ne reste plus au nouveau Premier ministre qu?à obtenir dès mercredi le feu vert des Députés pour succéder au chef du gouvernement intérimaire, Gérard Latortue dont "le voyage de santé" aux Etats-Unis risque d?être sans retour. Le "gouvernement d?ouverture" s?apprête donc à entrer en scène jeudi sous la direction du duo René Préval/Jacques-Edouard Alexis.
Depuis 11 heures du matin, M. Alexis et les 18 membres de son cabinet ministériel se trouvaient devant l?assemblée sénatoriale. A la fin de la séance, certains avaient l?air très fatigué malgré deux pauses d?une heure chacune qui leur avaient permis de se restaurer.
La demande de libération de plusieurs anciens dirigeants Lavalas présentés sous le label de "prisonniers politiques" a été l?un des points de focalisation des interventions des élus du parti de Jean-Bertrand Aristide dont Rudy Erivaux. Ce dernier a qualifié de "scandaleux et révoltant" le maintien en détention d?un "homme intègre" comme l?ancien Premier ministre Yvon Neptune, inculpé dans le dossier du massacre de La Scierie, un quartier de la ville de St-Marc (nord de Port-au-Prince) où plusieurs dizaines de personnes avaient été exécutées le 11 février 2004, quelques jours avant la chute d?Aristide. "Nous allons entrer dans ce dossier pour voir comment se présente la situation tout en respectant l?indépendance de la justice et sans remplacer l?arbitraire par l?arbitraire", a répondu de façon très mesurée le chef du prochain gouvernement sans faire de promesses particulières au Sénateur Erivaux qui a également relayé d?autres revendications des partisans de l?ancien régime comme "le retour dans les services et entreprises publics des employés révoqués".
Malgré de nombreuses failles relevées dans sa déclaration de politique générale, les parlementaires ont approuvé massivement les propositions d?Alexis axées essentiellement sur la nécessité d?un "nouveau départ" pour un pays à bout de souffle. "Le vote que vous venez d?obtenir ne représente en aucun cas un chèque en blanc. L?une des missions constitutionnelles du Sénat est le contrôle du gouvernement", a toutefois prévenu le président du Sénat, Joseph Lambert, mettant ainsi un bémol à ce qui était assimilable à une acclamation. Le Sénateur du Sud-Est, qui a insisté sur le "respect des engagements" pris par le Premier ministre, a annoncé l?introduction dès l?ouverture de la prochaine session du Parlement de "séances de questionnement orales avec ou sans débat" au cours desquelles des responsables gouvernementaux seront interrogés chaque semaine.
Dans un très court dicsours de remerciement, Jacques-Edouard Alexis a exprimé sa gratitude au Président René Préval qui l?a choisi et aux Sénateurs qui lui ont accordé leur confiance. "Je m?engage à ne pas démériter de votre confiance", a déclaré le Premier ministre qui a promis de travailler de façon harmonieuse avec le pouvoir législatif au profit de l?intérêt général.
Dans son programme, il a identifié quatre conditions essentielles pour un nouveau départ : le dialogue et la réconciliation nationale, la disponibilité des services de base et l?intégration sociale à travers le programme d?apaisement social (PAS), la recherche de l?équilibre entre la croissance démographique galopante d?Haïti et la production nationale et le rétablissement de l?autorité de l?Etat en vue de mettre tous les secteurs en confiance. Ce dernier volet incluera notamment l?augmentation substantielle des effectifs de la Police Nationale et la mise en ?uvre d?un programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion sociale (DDR).
Le Premier ministre, qui a aussi annoncé une multiplicité d?interventions dans le domaine des infrastructures, mise sur quatre pôles prioritaires pour régénérer l?économie nationale : l?industrie touristique, les nouvelles technologies de l?information et de la communication (NTIC), les industries manufacturières et la production agricole.
Jacques-Edouard Alexis a également laissé entrevoir le départ à terme de la Mission onusienne en mettant l?accent sur la "reconquête de la souveraineté nationale", mais il a refusé, malgré l?insistance de certains Sénateurs, d?envisager un calendrier de désengagement.
Sur un autre plan, le chef du nouveau gouvernement a renouvelé sa profession de foi démocratique et annoncé la présentation prochaine au Parlement d?un projet de loi sur le financement des partis politiques. Parlant de l?importance de l?institution parlementaire dans un Etat démocratique, il a aussi évoqué le projet de construction d?un nouveau Palais législatif en remplacement de l?actuel jugé inadéquat.
Enfin, tout en manifestant ses réserves sur certains aspects de la gestion du gouvernement sortant, il lui a rendu hommage à mots couverts en reconnaissant d?une part, la qualité du travail des ministres des finances, Henri Bazin et à la condition féminine, Adeline Magloire Chancy, et de l?autre, en annonçant l?envoi au Parlement d?un arsenal de projets de loi préparé par l?équipe Alexandre/Latortue.
S?il passe avec succès son oral à la Chambre basse, Jacques-Edouard Alexis dirigera pour la deuxième fois un gouvernement sous la Présidence de René Préval après une première expérience commune de 1999 à 2001. | |