Mario Andrésol désigné pour les 3 prochaines années à la direction générale de la Police Nationale d?Haïti
Le Sénat doit approuver ce choix
Le Directeur Général de la Police Nationale d?Haïti (PNH), le Commissaire divisionnaire Mario Andrésol, a été officiellement désigné en début de semaine par le président René Préval pour continuer à diriger l?institution policière pendant les 3 prochaines années.
Sa candidature a été soumise au Sénat de la République qui, conformément à la Constitution, doit approuver sa nomination après analyse de son dossier et son audition sur divers aspects du fonctionnement de la PNH.
Au fort des violences ayant marqué l?Opération Bagdad déclenchée fin septembre 2004 par des partisans d?Aristide et des actes de banditisme perpétrés par des malfaiteurs provenant de divers autres secteurs, M. Andrésol a été rappelé des Etats-Unis où l?avait contraint à l?exil le régime Aristide pour succéder à M. Léon Charles, nommé attaché de police à l?Ambassade d?Haïti à Washington.
A la direction de la Police Nationale d?Haïti, Mario Andrésol a modifié les méthodes d?intervention des unités spécialisées de la police, notamment dans les « zones de non- droit » de la capitale, dans le sens d?une réduction notable des « dommages collatéraux » dans la lutte contre les groupes armés.
Parallèlement, la Mission des Nations-Unies pour la Stabilisation en Haïti et la plupart des Ambassades étrangères en Haïti créditent M. Andrésol d?un effort significatif en vue de nettoyer l?institution policière et de rétablir le sens de la discipline et le respect de la hiérarchie en son sein. Dans de récentes déclarations publiques, il a cependant reconnu que des "gangs" continuaient à "opérer" au sein de la PNH.
Mario Andrésol ne fait toutefois pas l?unanimité au sein de l?institution policière. Des critiques véhémentes, mais anonymes, sont parties récemment de celle-ci quand il a fait procéder à l?arrestation d?au moins deux hauts gradés et de près d?une vingtaine d?agents impliqués dans une intervention qui s?était soldée par la mort de plusieurs personnes en août 2005 à Martissant (banlieue sud de la capitale). On lui avait alors reproché un certain esprit "revanchard", comme quoi il aurait profité de l?incident pour régler ses comptes personnels avec certains de ses collègues.
Interrogé sur la question, M. Andrésol avait vigoureusement réagi, précisant que ces hauts gradés et les agents avaient été écroués sur ordre du Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince alors que, à l?opposé, sur la base d?une enquête judiciaire, l?Inspection générale de la Police s?apprêtait à adopter des mesures administratives et disciplinaires contre les concernés.
Avant de partir pour l?exil sous Aristide, Mario Andrésol avait occupé le poste de Directeur Central de la Police Judiciaire au sein de la PNH. Il est un ex-capitaine des Forces Armées d?Haïti démobilisées par le régime lavalas en 1995.
Radio Kiskeya
Qui est Mario Andrésol?
Mario Andrésol, ancien élève au College St. Pierre de Port-au-Prince et ancien Capitaine des Forces Armées d'Haiti, est, une fois de plus, face à son destin après avoir occupé, sous le régime déchu de Jean-Bertrand Aristide, le poste de directeur de la police judiciare. Le nouveau commendant en chef de la police a failli, on se le rappelle, laisser sa peau dans les géôles de l'ancien prêtre devenu président, pour avoir voulu appliquer la loi contre les trafiquants de drogue et les bandits liés au régime lavalas. Mario Andrésol avaient échappé à un attentat en plein jour contre sa personne.


En acceptant d'assumer, aujourd'hui, la tâche la plus difficile en Haiti qui est de ramener la paix dans les rues de la capitale et des provinces, Mario Andrésol veut signifier aux plus sceptiques qu'il a la capacité d'assagir les criminels lavalas et que le cas d'Haiti n'est pas perdu. Cependant, le nouveau responsable de la PNH, malgré sa détermination et sa bonne volonté, aura besoin des moyens logistiques et des policiers professionnels et dévoués à ses cotés pour réussir cette gageure. Il faut aussi que le gouvernement lui laisse une marge de manoeuvre pour qu'il puisse extirper les éléments nocifs du sein de la police nationale.
Mario Andrésol n'est pas un policier formé sur le tas. A sa sortie de l'académie militaire d'Haiti au début des années 80, il s'était rendu en France où il avait reçu une formation solide en gendarmerie, puis aux Etats-Unis où il s'était spécialisé en artillerie.
Muradieu Joseph