Les ravisseurs du Missionnaire Canadien Ed Hughes exigent 45 000 $ US de rançon pour le remettre en liberté, sans quoi ils menacent de le tuer
Canadian Press
Thursday, June 22, 2006
PORT-AU-PRINCE (AP) - Les ravisseurs du missionnaire canadien Ed Hughes, enlevé dimanche en Haïti, exigent 45 000 $ US de rançon pour le remettre en liberté, sans quoi ils menacent de le tuer, a indiqué un proche mercredi, alors que les autorités s'efforçaient d'obtenir sa libération.
M. Hughes, qui est originaire de l'Ontario, a été kidnappé dans sa maison de Cabaret, au nord de la capitale Port-au-Prince, où il dirige un orphelinat. Des bandits ont fait irruption chez lui et ont mis à sac la propriété avant de s'enfuir avec le missionnaire, qui avait été gravement blessé il y a un peu plus d'un an dans un autre enlèvement impliquant un collègue.
La police haïtienne a affirmé que M. Hughes est âgé de 62 ans, mais selon d'autres informations, il serait septuagénaire.
Policiers et représentants des Nations unies tentaient, avec l'aide d'un médiateur haïtien, de négocier la libération du Canadien mais leurs efforts n'ont encore donné aucun résultat, a indiqué Nelson Ryman, codirecteur, avec M. Hughes, de l'orphelinat Tytoo Gardens.
"Le médiateur a demandé aux ravisseurs pourquoi ils avaient fait cela à un homme qui essaie seulement d'aider leur pays; ils ont répliqué qu'il n'avait pas encore été blessé, mais que s'ils ne recevaient pas l'argent, ils le tueraient", a dit M. Ryman de sa maison de Tampa, en Floride.
La capitale haïtienne est aux prises avec une série d'enlèvements qui font craindre un retour du chaos ayant suivi la révolte de février 2004. Celle-ci avait conduit au renversement de l'ex-président Jean-Bertrand Aristide et déclenché une vague de violence.
Seulement au cours du dernier mois, 29 personnes auraient été kidnappées dans la capitale, contre 15 en avril, selon la mission onusienne de maintien de la paix. Mais le nombre réel de prises d'otages est probablement plus élevé, les familles des victimes préférant souvent négocier directement avec les ravisseurs plutôt que d'aviser la police - laquelle est parfois impliquée dans ces crimes.
M. Ryman, qui a quitté Haïti la semaine dernière, a affirmé que M. Hughes n'a plus de contact avec sa famille et ne peut payer la rançon demandée, qui équivaut à environ 50 000 $ CAN.
Les enlèvements mettent en relief la précarité de la situation en Haïti à la suite de la prestation de serment, le mois dernier, du président René Préval, qui s'est engagé à tenter de restaurer la sécurité afin d'attirer des emplois et des investissements dans le pays le plus pauvre de l'hémisphère occidental.
M. Hughes a perdu un bras après avoir essuyé des coups de feu en décembre 2005, en tentant d'empêcher l'enlèvement du missionnaire haïtien-américain Daniel Phelusmar. M. Phelusmar, qui avait été retenu en otage pendant quatre jours, a dit que M. Hughes avait décidé de rester en Haïti malgré le danger.
"La vie d'Ed est en Haïti. Il vit là depuis 15 ans et c'est chez lui, alors il a choisi de poursuivre sa mission", a commenté M. Phelusmar, qui vit aussi à Tampa. Selon lui, le kidnapping de son directeur pourrait compromettre la survie de l'orphelinat, qui héberge une vingtaine d'enfants et en nourrit 130 autres.
Mardi, la police avait effectué une opération dans la ville où M. Hughes a été enlevé, libérant un Haïtien victime de kidnapping et arrêtant quatre personnes. On ignore si les suspects étaient reliés à l'enlèvement du missionnaire canadien.