Le commandant en chef de la Police nationale, Mario Andrésol, a été mis en examen par le Sénat avant sa ratification. Désigné à sa succession, il s'est longuement entretenu à huis clos avec les membres de la Commission justice et sécurité du Sénat.
Arrivé au milieu d'un impressionnant dispositif de sécurité, Mario Andresol est entré dès 10h AM à la salle de conférence du Sénat. Souriant et décontracté, il s'est entretenu jusqu'à la fin de la journée avec les membres de la Commission justice et sécurité du Sénat et d'autres parlementaires avant de jouer son va-tout, probablement la semaine prochaine devant l'Assemblée du Sénat.
Un plan de réforme de l'institution policière, un contrat de l'ex-Premier ministre de transition, Gérard Latortue et de l'ancien chef civil de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti, Juan Gabriel Valdès, figurent parmi les documents soumis par Mario Andresol la semaine dernière à la Commission dirigée par l'ancien officier des Forces armées d'Haïti, Youri Latortue.


A cette rencontre marathon tenue à huis clos, Mario Andresol, désigné à sa succession, devra affronter, entre autres, les préoccupations sur le budget de fonctionnement de l'institution policière. 72% environ de ce budget, dont le montant n'a pas été dévoilé, est alloué au paiement des policiers, a déploré le Sénateur Youri Latortue. Le parlementaire se plaint du maigre moyen que dispose le commandement de la Police nationale pour investir dans le développement de l'unique force haïtienne chargée de la sécurité. Mario Andrésol a récemment promis d'épurer la police de ses éléments corrompus, soit, a-t-il précisé, 30% de son effectif. « Ceux qui ne sont pas corrompus, a estimé le président de la Commission justice et sécurité du Sénat, doivent être compensés ».


La nomination de Mario Andresol par le chef de l'Etat, a estimé le président du Sénat, Joseph Lambert, coïncide avec la recrudescence de l'insécurité dans la capitale. Un commerçant du secteur informel a été tué au centre ville dans la matinée de ce mercredi, pendant que le chef de la PNH discutait à huis clos au Sénat. Le président René Préval, interrogé sur la recrudescence de l'insécurité, a estimé « qu'il faut d'abord renforcer les instruments pour combattre le crime ».
« J'ai soumis au Parlement la confirmation de l'actuel chef de la police, et il faudra aussi nommer un secrétaire d'Etat à la sécurité publique et réorganiser la police avec l'aide de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) », a indiqué le chef de l'Etat qui entame sa tournée aux Etats-Unis et en Europe.
« C'est un problème angoissant mais qu'on ne pourra pas résoudre en un tour de main. Il faudra d'abord construire les instruments, pas seulement la police, également le système judiciaire. C'est le dernier carré de résistance des hors-la-loi, que ce soit le crime international organisé, le crime national, la contrebande. Et puis se pencher aussi sur la question sociale. Nous avons le programme d'apaisement social qui pourra créer des emplois et nous permettre d'avancer dans le programme de désarmement. Mais l'Etat haïtien est très faible, il faudra le faire avec l'aide de la MINUSTAH, soutient M. Préval dans un entretien accordé au quotidien Le Monde.
Mario Andresol, a estimé René Préval, a donné des signes de vouloir changer les choses. « L'international me dit de travailler avec lui. J'ai travaillé avec lui sous ma première présidence.»
«L'impression de la population, c'est que c'est quelqu'un qui veut changer la police et qui veut que la police fasse vraiment son travail », a ajouté le président Préval. Le maintien de M. Andresol à la tête de l'institution policière, selon Miami Herald, a été conseillé par le président américain George W. Bush.
Le Nouvelliste