Monde: L?aide arrive mais la dette reste
Haïti . Réunis à Port-au-Prince, les bailleurs de fonds internationaux ont promis de débloquer une aide de 750 millions de dollars.


Les représentants des principaux bailleurs de fonds d?Haïti, les États-Unis, le Canada, la France, l?Union européenne ainsi que des institutions internationales, dont le FMI et la Banque mondiale, sont convenus les 24 et 25 juillet derniers à Port-au-Prince de débloquer une enveloppe de 750 millions de dollars. Les autorités haïtiennes ont annoncé de leur côté que cette aide d?urgence sera ventilée dans les quinze prochains mois à l?heure où le pays est dans un gouffre financier. Selon le coordinateur de la conférence, Anthony Dessources, l?aide financera un plan d?investissements ainsi qu?un programme d?apaisement social (PAS) destiné à solder les arriérés de salaires non versés de fonctionnaires et de militaires et de créer des emplois dans les bidonvilles. Le gouvernement élu en février dernier espère ainsi endiguer la violence, fléau récurrent dans le pays.


« L?UE propose une prime à la bonne gouvernance qui pourrait apporter un bonus additionnel de 58 millions d?euros à Haïti », a également annoncé Stefano Manservisi, responsable des relations avec les ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique) ainsi qu?une enveloppe de 233 millions sur plusieurs années. De son côté, le Canada s?est engagé à débloquer 457 millions de dollars sur cinq ans, destinés à renforcer la démocratie et l?économie. Le satisfecit général contraste avec la gravité de la situation. L?aide annoncée, qui vient s?ajouter aux précédentes promesses de dons, semble en effet dérisoire au regard des 56 % des Haïtiens se débattant dans une extrême pauvreté. Bien que louable, l?objectif des pays donateurs et des institutions internationales de remettre à flot Haïti ne saurait masquer leur responsabilité directe dans l?actuelle crise haïtienne. À Port-au-Prince d?ailleurs, il n?a jamais été question de l?annulation de la dette extérieure du pays estimée à 1,4 milliard de dollars.