Présidentielles en octobre 2006 - L?Onu annonce le report des élections
Soir Info 24/08/2006 (note 1/5)
Les élections présidentielles en Côte d?Ivoire, prévues pour le 31 octobre prochain, pourraient ne plus se tenir à cette date. M. Pierre Schori,

représentant spécial de Kofi Annan, secrétaire général des Nation unies a vendu, hier, la mèche d?une décision qui sera prise probablement à la mi-septembre. Selon l?Afp qui rapporte l?information, le diplomate suédois a indiqué hier, que l?organisation des élections présidentielles n?est plus possible, du fait du grand retard accusé dans la mise en ?uvre du processus de paix. ? Il n?est techniquement plus possible d?organiser ces élections, car l?identification et l?enregistrement des listes électorales ne sont pas terminés ?, a déclaré M. Pierre Schori. Cette sortie de M. Schori, qui intervient à quelques jours d?une réunion sur la Côte d?Ivoire aux Nations unies le mois prochain, prépare, en quelque sorte, le terrain à l?annonce d?un report des élections présidentielles en Côte d?Ivoire. Au sortir d?une réunion tenue au mois de juillet dernier, le secrétaire général des Nations unies déclarait que le conseil de sécurité de l?Onu prendra une décision à la mi septembre sur le maintien ou non du chef de l?Etat en place au cas où les élections n?étaient pas organisées. Avec cette déclaration de Pierre Schori, nous passons du virtuel au réel, quant à la non tenue des élections. ? La volonté politique est là, mais ce n?est plus faisable d?un point de vue technique ?, a-t-il insisté. Avec cet aveux, Schori pousse une porte déjà grandement ouverte. Car, en effet, la probabilité de l?organisation d?élections propres devenait de plus en plus mince devant les volte-face et les coups de boutoir des acteurs de la crise, dans le processus de paix. Depuis la désignation de Charles Konan Banny à la tête du gouvernement de transition, les choses ne semblent véritablement pas tourner rond. L?on fait beaucoup de bruit pour peu de résultats sur le terrain. A Abidjan, les déclarations de Pierre Schori dévoile un secret de polichinelle, le processus électoral ayant pris un tel retard ces derniers mois qu?un report des élections semble aujourd?hui inévitable aux yeux de tous. Ces élections devraient en théorie se tenir "au plus tard le 31 octobre", au terme de la prolongation d?un an du mandat du président Laurent Gbagbo adoptée en novembre 2005 par le conseil de sécurité de l?Onu en raison de la situation précaire de la Côte d?Ivoire. Mais il faut se rendre à l?évidence aujourd?hui. Leur organisation est quasiment impossible du fait surtout d?une infime minorité qui semble trouver son compte dans la non tenue des élections, au point de multiplier des entraves artificielles. Probables scénarios


Depuis, dans ce pays coupé en deux à la suite d?un coup d?Etat raté de la rébellion des Forces nouvelles (FN) contre le président Gbagbo, les partisans de ce dernier et le bloc opposition-rébellion ne cessent de s?accuser d?entraver le processus électoral, qui accumule les retards. Le Premier ministre ivoirien Charles Konan Banny a lancé en juillet une opération nationale d?identification des populations visant à actualiser les listes électorales dans la perspective de l?élection présidentielle, qui doit être suivie d?élections législatives. Le Fpi a élevé une vive protestation contre ces audiences foraines, dénonçant une opération visant à brader la nationalité ivoirienne. Deux semaines après son lancement, le Premier ministre revient sur sa décision et produit ? un guide des audiences foraines ? qui fâche l?opposition. Les rebelles, quant à eux, ont mis un terme à leur participation au dialogue militaire, mettant en péril le désarmement. Fin juillet, des affrontements entre "jeunes patriotes" et militants de l?opposition ont fait au moins trois morts à Bassam, à 30km à l?est d?Abidjan, et à Divo (centre). Ces violences avaient aussitôt été condamnées par l?Onu. Le Premier ministre tente de reprendre la main en lançant avant-hier des missions parlementaires de paix, alors que le processus est au point mort, en ce qui concerne, notamment, les volets identification, recensement et désarmement. C?est dans cette situation trouble de quasi blocage que Pierre Schori intervient pour faire cette annonce . Quelle va être la conséquence de cet autre report ? En tout état de cause, les partisans des deux camps s?opposent sur la date de fin de mandat de M. Gbagbo en cas de report des scrutins, une question que l?Onu doit trancher vers la mi-septembre à New York. Kofi Anann, déclarait, en effet, que les accords actuels de gouvernance, qui ont vu le maintien de Gbagbo à la tête du pays, pour une période n?excédant pas 12 mois, ne pouvaient pas être reconduits. Faut-il donc s?attendre au scénario, notamment congolais, avec des vice-présidences, ou, dans le pire des cas, au scénario haïtien ? L?opposition et la rébellion réclament le départ de Gbagbo du pouvoir dès le 31 octobre en vertu de la résolution adoptée en novembre 2005. M. Gbagbo a en revanche d?ores et déjà annoncé qu?il resterait en place jusqu?à la tenue des élections, conformément aux dispositions de la constitution ivoirienne. Constatant ces retards et le risque de dérapages, l?Onuci avait exhorté début août les acteurs de la crise "à rester dans le processus de paix" et a entrepris "des démarches" pour tenter de rapprocher les positions. Les deux principaux leaders de l?opposition ivoirienne, l?ancien président Henri Konan Bédié et l?ex-Premier ministre Alassane Ouattara, ont de leur côté appelé l?Onu à intervenir face aux "manquements répétés du chef de l?Etat aux différents accords et sa volonté d?entraver le processus de paix". "Nous sommes fondés" à demander "qu?il soit désormais explicitement interdit au chef de l?Etat de prendre tout acte engageant la vie de la nation", ont-ils écrit au secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, dans une lettre envoyée le 17 juillet et publiée mercredi.