PROBLÈMES DE SÉCURITÉ À MONTRÉAL-TRUDEAU: President Canadienne Aerien Jacques Duchesneau refuse d'être considéré comme unique responsable Montréal
Le président et chef de la direction de l'Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA), Jacques Duchesneau, refuse d'être considéré comme le seul et unique responsable des accrocs à la sécurité à l'aéroport Montréal-Trudeau. Cela ne correspond pas à la réalité, à son avis.
«Je viens d'expliquer les responsabilités de chacun et vous continuer à dire que je suis le grand responsable de toute la sécurité», a fait remarquer M. Duchesneau à un reporter participant à la conférence de presse donnée en fin de journée, jeudi, à la suite d'une rencontre en matinée, à Ottawa, avec le ministre des Transports Lawrence Cannon.
La rencontre en question faisait suite à diverses allégations ayant fait grand bruit récemment, comme la complicité d'employés de l'aéroport facilitant l'entrée au pays de cocaïne venue d'Haïti ainsi qu'une facilité déconcertante à pénétrer dans des zones interdites en portant les uniformes fournis par l'ACSTA. Il y a aussi la question du nombre grandissant d'employés avec des casiers judiciaires ou ayant un lien avec des criminels.
M. Duchesneau a parlé d'un système complexe comprenant au moins six agences qui travaillent en collaboration.
«C'est complexe et ça implique beaucoup d'intervenants, la douane américaine et canadienne, l'ACSTA, le Service de police de Montréal, la GRC et le Service de sûreté de l'Aéroport de Montréal», a indiqué pour sa part le président de l'aéroport James Cherry.
M. Duchesneau a tenu à souligner que les fournisseurs de services dont les employés portent un uniforme ont l'obligation de tenir un inventaire serrés et à jour de ces uniformes.
Pour ce qui est de la carte d'identité qui donne accès aux zones réglementées (celles des aéronefs, du fret aérien et des bagages des passagers), «l'ACSTA a fourni la technologie et mis en place le système, (alors que) la responsabilité de contrôler les accès revient à l'ADM», a souligner M. Duchesneau.
Biographie
Par ailleurs, la biographie de M. Duchesneau, lancée cette semaine, fournit de précieuses informations pouvant expliquer les ratés à l'aéroport Montréal-Trudeau.
À partir de conversations tenues avec M. Duchesneau, les coauteurs Jacqueline Cardinal et Laurent Lapierre, de la Chaire de leadership Pierre-Péladeau de HEC Montréal, racontent qu'à son entrée en fonction, en octobre 2002, il avait trouvé des hauts fonctionnaires mis en place avant son arrivée davantage familiers avec les mondes de la politique et du transport plutôt qu'avec la sécurité.
Il a mis quelques mois à asseoir son autorité. Chacune de ses décisions étaient rapportées au président du conseil et elles étaient débattues en catimini et modifiées à son insu en fonction de critères avec lesquels il n'était pas d'accord.
On y apprend en outre que les responsabilités sont éparpillées pour ce qui est du contrôle des passagers et de leurs bagages de cabine, des bagages enregistrés, des non-passagers dans les zones réglementées des aéroports, de la supervision du programme d'agents de la GRC à bord des aéronefs, de la supervision des fonds pour les services de police des aéroports.
L'ACSTA doit collaborer avec Transports Canada, l'Association du transport aérien du Canada et le Conseil des aéroports du Canada, ce qui rend la synchronisation difficile entre cet organisme et les différents ministères et agences d'application de la loi.
Ce qui fait dire à M. Duchesneau: «Je suis imputable de tout l'appareil, ça doit fonctionner de la bonne façon, mais je n'ai pas les moyens de vérifier si mon système fonctionne comme il faut», les contrôles étant la responsabilité des inspecteurs du ministère des Transports. Il y voit une guerre de territoire.
Autre difficulté: le contrôle des immeubles de chaque aéroport canadien relève des administrations locales et échappe à l'ACSTA.
Il lui apparaît qu'il vaudrait mieux que l'ACSTA relève plutôt du ministère de la Sécurité publique et de la Protection civile que de celui des Transports.
En janvier 2005, M. Duchesneau restructure l'organisation, procède à des déplacements et à des congédiements. Auparavant, il réussit à convaincre le responsable des ressources humaines d'embaucher à l'avenir des candidats ayant un profil de sûreté plutôt que de transport.
D'autre part, Jacques Duchesneau s'étonne des exigences du gouvernement américain qui oblige l'organisme qu'il dirige à se procurer des appareils de détection de marque américaine pour la fouille des vols en direction des États-Unis. Il a donc dû faire affaire avec un fabricant américain d'appareils médicaux, adaptés après coup pour la fouille des bagages, alors que des appareils allemands, plus performants, plus légers et moins coûteux, conçus à cet effet, étaient sur le marché.