La maman du Wolf Pack, Angelina Castelli «Si je retourne en Haïti, je vais mourir de faim!»
Menacée d'être expulsée du Canada en raison de ses liens allégués avec le Wolf-Pack, Angelina Castelli affirme qu'elle «va mourir de faim» si elle retourne en Haïti.
«Je n'ai rien à voir là-dedans. Je n'ai jamais, jamais été au courant (du réseau de prostitution juvénile qu'exploitait le Wolf-Pack à Québec). Je le jure sur la tête de mes trois enfants. (...) Si je retourne en Haïti, je vais mourir de faim. C'est la misère, là-bas. Qu'est-ce que je vais faire avec mes trois enfants?» a plaidé la mère de Jean Pierrin, ce membre du Wolf-Pack condamné à 39 mois de pénitencier pour proxénétisme en 2004, qui est en attente de procès pour deux tentatives de meurtre perpétrées en mars dernier dans Limoilou.
Depuis hier, à Montréal, la Commission de l'immigration et du statut de réfugié étudie le cas de cette résidante de Québec que l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) veut faire expulser du pays. La femme de 45 ans - qui n'a pas la citoyenneté canadienne bien qu'elle vive ici depuis 13 ans - pourrait perdre son statut de «résidante permanente» en raison de son implication alléguée avec le gang de rue de son fils aîné.
Des liens que la mère de famille a niés en bloc, hier, soutenant être victime des démêlés judiciaires de son fils emprisonné (qu'elle oublie d'ailleurs de mentionner quand elle parle de «ses trois enfants» puisqu'elle en a quatre et qu'il est le seul à ne pas vivre avec elle).
«Comme la mère du groupe»
Le sergent-détective Roger Ferland, enquêteur principal de l'opération Scorpion de la police de Québec, a témoigné que le logement de Mme Castelli servait de quartier général au Wolf-Pack en 2002-2003.
«Elle a agi un peu comme la maman du groupe. Son appartement de la rue du Roi était un lieu de rencontre pour tous les membres du Wolf-Pack. Elle hébergeait de jeunes mineures en fugue qui allaient devenir des victimes du réseau de prostitution juvénile. Elle s'occupait de les nourrir. Elle servait de réceptionniste pour plusieurs membres, elle leur transmettait des messages. Elle a aussi reçu de l'argent de membres comme Nerva Lovinski (leader du gang) qui provenait de jeunes filles. Des membres appelaient souvent les filles de là et en bookaient même pour faire de la prostitution dans des bars à partir de sa ligne téléphonique, qui a été mise sous écoute électronique lors de notre enquête», a-t-il relaté devant le commissaire Yves Dumoulin.
Pas d'accusation
Celle qui était surnommée «Mazel» a été arrêtée en avril 2003, pour faire l'objet d'un mandat de paix, ordonnance du tribunal visant à l'empêcher d'entrer en contact avec des victimes du réseau.
Angelina Castelli n'a toutefois été accusée d'aucune infraction criminelle. C'est d'ailleurs la particularité de cette affaire. Trois membres du Wolf-Pack (Jean Denizard Fandal, Jean-Bernard Estelle et Ndjeka Kandula) qui ne détenaient pas la citoyenneté canadienne ont été expulsés du pays, entre 2005 et 2006, après avoir été condamnés pour proxénétisme.
«L'absence de condamnation ne veut pas dire qu'elle n'est pas impliquée dans une organisation criminelle, et c'est ce que nous cherchons à prouver», selon Erik Paradis, porte-parole de l'ASFC.