Quebec Operation Policiere contre un Gang de Rue: Des revendeurs de crack efficaces
Le jeudi 07 déc 2006
Un gang de rue majeur aurait vendu en moyenne 200 roches de crack par jour dans la rue, dans un bar, dans les parcs et dans des appartements du quartier Saint-Michel l'été dernier, selon la police de Montréal.
Ce gang ne se gênait pas pour intimider sur le trottoir et dans les appartements les résidants du quadrilatère délimité par le boulevard Pie-IX à l'ouest, la 56e Rue au nord, la 40e Rue au sud et la rue Lionel-Groulx à l'est.
Après quatre mois d'enquête, la police de Montréal croit avoir épinglé mardi soir la tête du réseau, son bras droit et une douzaine de revendeurs de rue.
Une ordonnance de non-publication rendue lors de sa comparution, hier, nous empêche de nommer le présumé chef du gang. Cet homme d'origine haïtienne âgé d'une vingtaine d'années était bien connu des gens du quartier. Le coordonnateur de la Maison d'Haïti, Harry Delva, l'a côtoyé alors qu'il était adolescent. «Quand je l'ai connu, il gravitait déjà autour des Crips. Ça fait très longtemps que je ne l'ai pas vu. Il a dû prendre du galon», a dit le travailleur de rue à La Presse. M. Delva est heureux pour les résidants du quartier, mais il met un bémol. «Il ne faut pas lâcher la prévention. On enlève de la rue 12 membres de gang, et 12 autres jeunes sont déjà prêts à prendre leur place.»


Le réseau de trafiquants de crack et de marijuana est formé d'«Arabes» et d'«hommes de couleur noire», a expliqué le commandant du poste de quartier dans Saint-Michel, Fady Dagher, en conférence de presse, hier, sans vouloir confirmer à quelle famille appartient le gang. La majorité des hommes arrêtés résident dans le secteur et appartiennent au même «gang majeur», selon le porte-parole en matière de gangs de rue à la police de Montréal, Michel Chaput.
La police ne veut pas dévoiler le nom du gang pour ne pas «valoriser» ce mode de vie criminel qui attire beaucoup d'adolescents. Les jeunes de Saint-Michel savent néanmoins que des gangs liés aux Crips sont présents depuis une quinzaine d'années dans leur secteur, alors que leurs ennemis, les Bloods, sont dans Montréal-Nord, selon le travailleur de rue Harry Delva.
Dix-sept personnes ont comparu, hier, au palais de justice de Montréal, dont cinq mineurs âgés de 16 et 17 ans. Ces derniers ont comparu par vidéoconférence. La Couronne a demandé que ces cinq jeunes écopent de peines d'adultes. Quatorze des 17 accusés, dont les mineurs, auront un procès commun.
Les accusés d'origine arabe, soit Karim Ouanouki, 25 ans Abdelkader Lala, 25 ans et Omar Boumlil, 35 ans ne feront pas partie du même procès. Ces trois hommes sont accusés d'avoir fait du trafic de drogues à l'intérieur d'un bar sans nom de la rue Charland, au nord du quartier Saint-Michel.
Perquisitions
Ce bar fait partie des 12 endroits qui ont fait l'objet d'une perquisition de la police mardi soir. Deux voitures et des logements ont aussi été fouillés. La police a saisi 850 roches de crack, 250 grammes de marijuana, deux armes, des munitions, deux véhicules, 4000$ en espèces et 20 téléphones cellulaires. La police a également saisi des vêtements typiques de membres de gangs de rue qui prouvent l'adhésion des accusés à un gang, a expliqué le commandant Richard Martineau, de l'escouade moralité, alcool et stupéfiants de la section Nord.
Ce présumé gang vendait une partie de sa drogue aux prostituées de rue du boulevard Saint-Michel, selon la police de Montréal. La police connaît bien ces filles. Depuis le début de l'année, elle a fait pas moins de 53 arrestations liées à la prostitution dans ce secteur. Aucune fille ne travaillait pour le gang, selon le commandant Martineau.
Les autres accusés sont Herman Belleville, 19 ans; Doumick Evans Jean, 18 ans; Sterlyn Angibeau Demosthene, 18 ans; Heroldson Segur, 20 ans; Nathan Jean, 38 ans; Hervé Lamarre, 28 ans; Joseph Luckens, 24 ans, et Edson Joseph, 22 ans. Des mandats d'arrêt ont été lancés contre deux autres personnes.