Procès du Gang de la rue Pelletier (Quebec): Verdict Aujourd'hui
Le mercredi 24 janv 2007
Plus de quatre mois après le début du super procès du gang de la rue Pelletier, le juge Jean-Pierre Bonin rendra son verdict ce matin au Centre judiciaire Gouin. Ce procès, très médiatisé, est le premier au Canada dans lequel des présumés membres de gangs de rue risquent d'être reconnus coupables de gangstérisme.
Des 15 hommes accusés de trafic de crack, de cocaïne et de complot, 10 sont aussi accusés de gangstérisme. Pour ce dernier crime, ils pourraient écoper une peine maximale de 14 ans de prison.
Ce procès a révélé que les trois quarts de la cocaïne saisie dans les aéroports de Montréal de 2000 à 2004 provenaient d'Haïti. De plus, près de 80% de toute la cocaïne saisie est liée à la corruption interne, a-t-on appris. Une partie de cette drogue se vendait rue Pelletier, devant l'école secondaire Calixa-Lavallée, dans l'arrondissement de Montréal-Nord.
Les clients des trafiquants de la rue Pelletier allaient de la prostituée de rue jusqu'à l'écolier, selon l'enquêteur principal du projet Abat, Christian Charette. C'est ce projet de l'escouade policière Sans Frontière -une escouade créée spécifiquement pour lutter contre les gangs de rue- qui a mené à l'arrestation des accusés en avril 2005. L'enquête a débuté près d'un an plus tôt.
La preuve de la Couronne est basée essentiellement sur de l'écoute électronique, des achats de drogues faits par des agents doubles et de la filature. Les 100 000 conversations interceptées sont pour la plupart en créole. Parmi les accusés, un seul n'est pas d'origine haïtienne.
Selon la Couronne, le «gang de la rue Pelletier», dont le chef est Bernard «Ti-Pon» Mathieu, entretient des liens avec le «gang des cousins Joseph». Jean-Pierre Joseph a été décrit comme l'«un des principaux chefs» du gang de rue des Dope Squad (famille des Bloods). Avec son cousin, Hansley Joseph, il trafiquerait de la cocaïne au kilo. Le livreur de l'organisation serait Serge Hadley Mussotte. Roberto Aurélius, aussi membre des Dope Squad, serait impliqué dans le trafic.


Ti-Pon dirigerait par l'entremise de ses lieutenants, Jean-Robert Pierre-Antoine, alias Ti-Jean et Jean-Yves Longin-Valbrun, alias Infinity, un groupe de vendeurs de crack. Réginald Casimir serait l'un des principaux fournisseurs. Dans la hiérarchie du gang, Loukens Févrius, alias FBI, et Clinton Saint-Thomas, alias Président, sont sous les ordres des lieutenants. Les accusés Roger Léger et Célonie Mervilus ont été dépeints comme des distributeurs de stupéfiants à grande échelle, notamment pour l'organisation de Mathieu.
Les 12 avocats des accusés n'ont pas présenté de défense. Ils ont plaidé que les gangs de la rue Pelletier et des Joseph n'existaient pas. Ils ont toutefois admis dans certains cas que leurs clients faisaient du trafic de crack.
S'ils sont reconnus coupables, Ti-Pon, Clinton Saint-Thomas et Célonie Mervilus risquent l'expulsion vers Haïti. Ti-Pon et Clinton Saint-Thomas sont résidents permanents au Canada. S'ils écopent une peine de prison de plus de deux ans, ils purgeront leur peine jusqu'à ce qu'ils soient admissibles à la libération conditionnelle. Une fois qu'ils y seront admissibles, le processus d'expulsion se mettra en branle sans qu'ils aient la possibilité d'interjeter appel.