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Angelina Castelli, mère du membre du Wolf Pack Jean Pierrin risque toujours l'expulsion vers Haïti pour avoir trempé dans le crime organisé. Elle comparait aujourd'hui devant la Commission sur l'immigration et le statut de réfugié.
L'Agence des services frontaliers du Canada reproche à Mme Castelli d'avoir été membre d'une organisation criminelle. « Nous voulons démontrer devant la Commission qu'elle nourrissait les membres du gang, qu'elle hébergeait les jeunes filles, qu'elle faisait des appels téléphoniques et que sa résidence servait de quartier général pour le groupe », énumère Amélie Morin de l'Agence.
La femme de 45 ans, originaire d'Haïti, est accusée en vertu de la Loi sur l'immigration. Elle n'a jamais été traduite devant les tribunaux. Elle a d'ailleurs toujours nié avoir été au courant des activités auxquelles se livrait son fils.
Reportée deux fois
Mme Castelli répondra aux allégations portées contre elle après que sa comparution devant la Commission de l'immigration eut été reportée à deux occasions.
La seconde fois, l'arrivée d'un témoin-surprise, en l'occurrence une victime du réseau de prostitution juvénile démantelé en 2002, a obligé son procureur à se retirer du dossier. À l'époque, Me Éric Blouin se disait mal à l'aise de défendre Mme Castelli puisqu'il avait lui-même travaillé par le passé avec Me Guy Bertrand et la Fondation Scorpion.
Depuis, l'accusée a un nouveau procureur, Me Andy Eustache Bernard. Toutefois, la victime du réseau qui était prête à témoigner à l'automne s'est depuis désistée.
Aujourd'hui, la Commission entendra l'enquêteur chargé de l'opération Scorpion et un autre, responsable de l'écoute électronique.
Angelina Castelli détient le statut de résidente permanente. Elle est arrivée au pays en 1994.
La «bonne mamie» des jeunes filles qui se prostituaient sous le joug du Wolfpack à Québec voit encore une fois sa possible expulsion du Canada retardée.
Angelina Castelli, 45 ans, risque d'être expulsée du Canada en raison de ses liens avec les membres du Wolfpack, organisation criminelle démantelée en 2002 dans le cadre de la très médiatisée opération Scorpion à Québec.
L'Agence des services frontaliers du Canada estime que cette résidente permanente établie au Canada depuis 1994 devrait être renvoyée dans son pays d'origine, Haïti.
Appelé à titre de témoin devant la commission de l'Immigration, l'expert en écoute électronique de la police de Québec François Bouchard a expliqué hier les liens qui unissaient Castelli au Wolfpack.
Ainsi, il allègue que la résidence de Castelli, sise au 201, rue du Roy à Québec, servait de point d'ancrage pour les activités du Wolfpack. Il faut dire que le fils de Castelli, Jean Pierrin, a lui-même été reconnu coupable de trafic de drogue et de proxénétisme au terme de l'opération Scorpion.
«Elle était directement reliée avec les dirigeants du groupe, elle les connaissait personnellement, les invitait chez elle, leur parlait régulièrement, a soutenu le policier. Les jeunes filles l'appelaient bonne mamie. Elle les hébergeait, les nourrissait, les consolait ; les jeunes filles en avaient fait leur confidente.»
De plus, sur les 27 000 documents d'écoute électronique enregistrés entre le 8 novembre et le 19 décembre 2002, près de 7 000 conversations s'étaient déroulées chez elle.
L'avocat de Castelli, Me Andy Eustache Bernard, a pour sa part tenté de démontrer qu'il n'y avait pas eu d'accusations criminelles portées contre elle. C'est donc dire que la preuve était insuffisante pour l'incriminer.
«Nous avons manqué de temps car nous avons dû clore l'enquête très tôt pour la protection des jeunes filles, a répondu le policier Bouchard. Il nous en manquait très peu pour arriver à des accusations.»
Au terme de l'écoute de la preuve, le représentant de l'Agence des services frontaliers a demandé un sursis pour réexaminer la preuve avant de faire son plaidoyer final. C'est la troisième fois que l'audience est reportée. Mme Castelli devra se représenter en cour le 29 mai.
Prostitution juvénile à Québec: une quinquagénaire risque l'expulsion
Le jeudi 17 mai 2007
Prostitution juvénile à Québec: une quinquagénaire risque l'expulsion
Angelina Castelli saura bientôt si elle est renvoyée dans son pays pour avoir frayé avec les Wolf Pack, un gang de rue qui a fait les manchettes en 2002 pour son implication dans le trafic de drogue et la prostitution juvénile, à Québec.
Mère de quatre enfants, la femme de 56 ans est arrivée d'Haïti en 1994. Comme elle n'a pas la citoyenneté canadienne, elle pourrait être expulsée sans avoir été accusée dans le dossier des Wolf Pack. En vertu de la Loi sur l'immigration, il suffit d'appartenir à une organisation qui s'adonne à des activités criminelles pour être renvoyé du Canada. Il est rare qu'une telle disposition soit utilisée à l'encontre d'une personne comme Angelina Castelli, qui n'a jamais été condamnée pour un délit quelconque.
Dans l'esprit des policiers de Québec qui ont mené la fameuse enquête Scorpion sur le réseau de prostitution juvénile, il n'y a aucun doute que Mme Castelli est une criminelle. Si elle n'a pas été formellement accusée, «c'est parce qu'on a manqué de temps», a expliqué, mardi, le sergent-détective François Bouchard, devant le tribunal de l'immigration. À l'en croire, les enquêteurs ont dû clore le dossier plus tôt que prévu afin de protéger la vie des adolescentes qui «travaillaient» pour le gang de rue.
L'enquête reposait en grande partie sur l'écoute électronique. Or, a souligné le policier de la Vieille Capitale, l'autorisation du juge Pierre Bousseau d'écouter sur la ligne téléphonique de Mme Castelli était encore valable pour 19 jours quand les policiers ont été forcés de passer à l'action. «En poursuivant l'écoute, on aurait eu plus de preuves et on aurait pu l'accuser», a-t-il dit.
Quartier général
Entre le 8 novembre et le 19 décembre 2002, les policiers ont intercepté 27 000 conversations. Le quart d'entre elles (6842) l'ont été au domicile de Mme Castelli, rue Du Roy, à Québec. L'endroit, selon la police, servait de quartier général à son fils, Jean Pierrin, et aux Wolf Pack. Quelques victimes y ont aussi été vues, et entendues, régulièrement. L'une a même vécu là un bout de temps. "La majorité des suspects ont été captés chez Mme Castelli", a indiqué le sergent Bouchard, en énumérant les noms de plusieurs des 11 personnes condamnées en marge de cette affaire.
Selon lui, Mme Castelli était parfaitement au courant des activités illicites qui se tramaient dans son logement. "Elle agissait comme réceptionniste, et elle relayait les messages. Elle a encouragé des jeunes filles à participer aux activités du groupe", a relaté l'enquêteur de la police de Québec. Au cours de l'audience, il a fait entendre cinq ou six conversations assez explicites démontrant les agissements de la quinquagénaire. C'est aussi en face de chez elle qu'un agent double a rencontré une jeune fille dont il avait sollicité les faveurs sexuelles en parlant au téléphone à son fils.
Ce sont toutes ces présomptions de la police que le commissaire Yves Dumoulin devra examiner avant de rendre une décision. Le 29 mai, les avocats présenteront leurs plaidoiries.
Angelina Castelli, cette femme de Québec considérée comme la «maman» du Wolfpack, ce gang de rue de Québec spécialisé dans la prostitution juvénile, jouait hier sa dernière carte pour éviter d'être déportée vers son pays, Haïti.
La particularité du dossier Castelli, c'est que la femme de 45 ans n'a jamais été accusée de quoi que ce soit en marge de la fameuse opération Scorpion, qui avait mis au jour un réseau de prostitution juvénile qui comptait parmi ses clients plusieurs notables de la Vieille capitale.
Pourtant, la police de Québec n'en démord pas, elle était un membre clé du gang, son appartement, un modeste HLM, était le quartier général de l'organisation. Elle y hébergeait, selon la police, les jeunes victimes du réseau. Elle est aussi la mère d'un petit caïd du gang, Jean Pierrin.
Déportée
Pour cette raison, l'Agence des services frontaliers du Canada veut la faire expulser du Canada vers son pays natal, Haïti.
Depuis 14 ans au Canada, elle a le statut de résident permanent.
Hier à la Commission de l'immigration et du statut de réfugié, les avocats des deux parties faisaient entendre leurs plaidoiries au commissaire Yves Dumoulin.
L'avocat de Mme Castelli, Me Andy Eustache Bernard, dans un long exposé, a tenté de démolir point par point la preuve contre sa cliente, qui sanglotait à ses côtés.
Il note que sur les 6842 conversations téléphoniques interceptées par la police chez elle en 41 jours en 2002, aucune ne permet de conclure qu'elle a incité des jeunes filles à se prostituer. Elle n'a jamais parlé «business» avec les membres du gang.
Il a aussi insisté sur le fait que sa cliente vit pauvrement, loin de la grande vie qu'aurait pu lui procurer le crime.
«Son fils venait parfois à la maison, avec des amis, pour manger. S'il y avait eu des activités criminelles, ils auraient eu l'argent pour aller manger au restaurant dans le luxe, et non chez la mamie qui est sur le bien-être social», a-t-il invoqué.
Le commissaire Dumoulin a pris le tout en délibéré et devrait rendre sa décision d'ici deux ou trois mois.