SOCIETE - 6e journée Internationale des réfugiés
Aujourd'hui, 72 pays célèbrent la 6ème journée internationale des réfugiés, sous l'égide du Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (UNHCR). Depuis plus de trente ans, la Thaïlande accueille les ressortissants de ses voisins. Après les Laotiens et les Khmers, la question des réfugiés birmans pose le problème de l'intégration
150 000 Karens et Karenni vivent sous perfusion sous la protection des Nations Unies et des ONG dans des « camps prisons » le long de la frontière birmane en attendant une solution
Depuis plus de 30 ans, la Thaïlande est largement concernée par le phénomène des réfugiés. En sus de près d'un million de Khmers et Laotiens qui ont fui les tyrannies communistes depuis 1975, elle offre depuis 1984 l'asile aux ressortissants birmans. Entre 1970 et 1995, la junte Birmane a reconquit des territoires ethniques de fait indépendants, détruisant 3 000 villages, et produisant 550 000 déplacés et 400 000 réfugiés en Thaïlande.
Non signataire de la convention de 1951, la Thaïlande n'est pas tenue de respecter les droits des réfugiés. Néanmoins, les 150 000 Karens et Karenni bénéficiant de la protection des Nations Unies n'en sont pas moins réduits au statut d'assistés dans 9 « camps prisons » coûtant la bagatelle de 60 millions de dollars par an. Privés de cette protection, 350 000 Shans et Mon, non reconnus et privés de liberté, sont la proie d'employeurs parfois esclavagistes.

De peur d'encourager des migrations massives, la Thaïlande n'avait, jusqu'en 2004, d'autre politique pour ces infortunés que le retour en Birmanie. Mais le contexte politique et l'omniprésence des mines rendent inenvisageable une telle perspective. En 2004, la Thaïlande légalise 1,4 millions de travailleurs étrangers (le nombre de travailleurs birmans vivant en Thaïlande est estimé à lui seul à près de 2 millions). L'année suivante, la princesse Sirindhorn impose la scolarisation primaire de tous les enfants, même les illégaux, et en 2006, les réfugiés bénéficient d'une nouvelle ouverture : ils sont autorisés à s'établir dans des pays tiers (Norvège, USA, Australie, etc.). Mais l'idée n'attire que 50% des bénéficiaires potentiels et les nouveaux arrivants remplacent systématiquement les rares partants.

Dans le même temps, le gouvernement indique que l'autorisation d'une installation définitive en Thaïlande est imminente. Cela alors que l'intégration sur place reste un sujet tabou pour des Thaïlandais ayant toujours en mémoire, outre les conflits du passé, le chômage massif de la crise financière de 1997. Mais les Thaïlandais, qui délaissent de plus en plus les emplois pénibles et mal payés (500,000 postes vacants dans le secteur primaire), sont en proie à une problématique pénurie de main d'oeuvre aggravée par le vieillissement de la population et une natalité insuffisante. Ainsi, le développement de la Thaïlande semble bel est bien conditionné par l'accueil d'immigrés. Indésirables depuis 20 ans, les migrants et autres réfugiés sont donc en passe de devenir une ressource indispensable à la poursuite croissance du pays. Lire aussi le dossier du magazine « Gavroche » n°152 du mois de mai.
Yann-François Lucas (
lepetitjournal.com - International Bangkok) 20 juin 2007
La France se mobilise pour la 6ème journée internationale des réfugiés
Depuis 1950, le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (UNHCR) est venu en aide à 50 millions de personnes. Aujourd'hui, ses 6 700 agents et 600 ONG partenaires prennent en charge 21 millions de persécutés parmi lesquels 40% de réfugiés, 31% de personnes déplacées, 11% d'apatrides et 3% de demandeurs d'asile. L'UNHCR veille également à l'application de la convention de 1951 sur les droits et devoirs des réfugiés (liberté religieuse et de mouvement, droit au travail et a l'éducation), ratifiée par 146 pays.
Avec 49,700 demandeurs d'asile non régularisés, la France obtient une bien peu enviable médaille d'or. Ces demandeurs sont pour l'essentiel originaires de pays connus pour des penchants profondéments anti-démocratiques : Haïti, Serbie/Monténégro, Turquie, Russie et République Démocratique du Congo.

A l'occasion de cette 6ème journée internationale des réfugiés, Paris accueillera une conférence sur les réfugiés et demandeurs d'asile en Europe, avec un coup de projecteur sur la situation française. Au square des droits de l'homme du Trocadéro, des stands informeront le grand public sur les problèmes des demandeurs d'asile. Ces derniers inviteront les passants à remplir les formulaires ad hoc pour les sensibiliser à la complexité de la procédure gouvernementale. Par ailleurs, UNHCR exposera des photographies choisies et signées par des personnalités françaises. Des étudiants de Sciences-Po expliqueront la situation de la Colombie, pays comptant le plus grand nombre de déplacés (2 millions, soit presque 10% du total planétaire). Pour plus d'information :
UNHCR Welcome