L'école primaire Vision débute un projet de parrainage auprès d'élèves haïtiens
Article mis en ligne le 15 décembre 2007 à 7:39
Sous l'initiative de Stéphanie Rivard, titulaire de la classe de 4e année, les 109 élèves de 1ère à 6e année de l'école Vision à Victoriaville ont entrepris ces derniers mois un projet de parrainage auprès de six enfants vivant en Haïti, dans la région de Kenscoff au Sud de Port-au-Prince.
À la suite d'un séjour de trois semaines en Haïti l'été dernier, Stéphanie Rivard est revenue à l'automne auprès de ses élèves avec un projet bien spécial dans ses bagages, qui correspondait exactement avec l'orientation que veut se donner l'école Vision, une institution privée et trilingue.
«Je suis partie l'été dernier avec une vingtaine d'anciens participants de Solidarité Jeunesse pour la mise sur pieds d'un camp de vacances où de jeunes haïtiens pouvaient s'amuser pendant trois jours, explique Mme Rivard. À mon retour, j'ai proposé le projet, parce que ça cadrait directement dans la mission de l'école de développer à fond l'ouverture des élèves pour l'international, mais aussi parce que ça permet de faire prendre conscience aux élèves qu'il y a des réalités complètement différentes des leurs», continue l'enseignante.
«En plus, le projet est en lien directement avec le volet solidarité de l'école, qui est un établissement vert Bruntland», ajoute la directrice de l'école, Valérie Vézina.
Celle-ci explique qu'à l'automne, une lettre de présentation a été envoyée aux parents leur demandant de collaborer en faisant faire quelques tâches à la maison à leurs enfants, afin qu'ils gagnent un peu d'argent de poche. Un montant de 9 $ par enfant était suggéré, qu'ils redonneraient par la suite dans la caisse du projet, afin de payer une partie des frais scolaires et des costumes des étudiants qu'ils parrainent. Chaque classe parraine un enfant, avec lequel les enfants correspondent également.
«Plus de 900 $ ont finalement été amassés», indique la directrice adjointe Annie Croteau.
Pour s'assurer que l'argent se rende à bon port et soit utilisé à bon escient, les organisatrices ont trouvé un collaborateur de choix, Rolland Gingras, bien connu pour ses multiples voyages en Haïti et l'aide qu'il leur apporte durant chacun de ceux-ci. Son dernier, qui a permis de remettre la somme amassée par les élèves au Père Cico et aux différentes responsables qui encadrent les six jeunes parrainés, était d'ailleurs son 97e voyage. Celui-ci s'est effectué du 7 au 21 novembre dernier, en compagnie d'un groupe de Solidarité Jeunesse en stage humanitaire.


Émy Allaire et Noémie Drolet, toutes deux étudiantes en secondaire 5, faisaient partie du groupe et sont venues témoigner vendredi, aux côtés de Rolland Gingras, de leur expérience auprès des élèves de l'école Vision. Elles ont relaté les anecdotes et les différences marquantes du contexte dans lequel leurs jeunes amis parrainés devaient vivre et Rolland Gingras en a profité également pour faire circuler quelques photos, dont celle d'un jeune haïtien qui s'était fabriqué un vélo… à partir de bouts de bois!
Celui-ci a aussi raconté comment, avec de l'aide apportée comme celle des élèves de l'école Vision, plusieurs des élèves parrainés deviennent des adultes épanouis. «Certains sont devenus avocats, d'autres notaires, explique M. Gingras. Il y aussi l'histoire d'Altagrâce Clément, devenue une infirmière très impliquée dans son milieu, qui fut d'ailleurs racontée dans le livre Dlo sé la vi de Monique Giroux».
Les jeunes stagiaires ont tenu également à témoigner de la bonne circulation des sommes destinées à leurs amis haïtiens. «On sait à quoi l'argent a servi, c'est nous qui sommes allées la remettre dans la classe des enfants parrainés», mentionne Emy Allaire, forte de son expérience.
Pour Noël, les élèves du primaire de l'école Vision étaient invités à écrire une carte de voeux et d'encouragement pour leurs amis parrainés. «Nous nous sommes assurés par contre que les élèves ne posent pas des questions sur les cadeaux demandés au Père Noël ou ne mentionnent pas les cadeaux qu'eux espèrent avoir, comme des MP3, par exemple!», rassure l'instigatrice du projet, Stéphanie Rivard. Celle-ci a également ajouté qu'ils demeuraient réalistes au niveau de la correspondance, pour laquelle l'envoi postal est plus difficile. Ils s'en tiendront probablement à un rythme d'environ trois envois par année, pour débuter.