Fondée en 2004 dans la diaspora haïtienne en Floride, l'organisation R-Solution veut apporter sa contribution au développement du pays. A côté de son programme d'emplois et la prise en charge des enfants démunis de Petit-Goâve, elle compte exécuter un projet-pilote d'assainissement à Pointe-à-Raquette (La Gônave).
Depuis 2004, les responsables de la R-Solution font rentrer légalement des jeunes haïtiens aux Etats-Unis d'Amérique pour travailler dans des domaines tels que l'agriculture et l'hôtellerie. Réalisée dans le cadre du projet «Guess worker program » élaboré par les autorités américaines, cette activité vise à combattre la migration clandestine aux Etats-Unis. « Au lieu de risquer leur vie dans des embarcations de fortune, nos compatriotes peuvent entreprendre des démarches légales pour entrer sur le sol américain », a dit Ritho Jean-Louis, le président de la R-Solution.

Plus d'une centaine d'Haïtiens ont déjà bénéficié des bienfaits du programme Guess worker. En janvier dernier, près d'une cinquantaine de candidats ont réussi à décrocher un contrat de travail pour une période six mois. Une fois le contrat arrivé à terme, les travailleurs doivent regagner leur pays. « Les individus qui choisissent de prendre la poudre d'escampette après l'expiration de leur contrat de travail on peut les compter sur les doigts d'une main », se réjouit M. Jean-Louis, estimant que Haïti peut tirer beaucoup de profit de ce programme. Le dossier des rares travailleurs qui font défection ainsi que celui de leur sponsor sont remis aux autorités américaines.

Pour être admis au programme d'emplois de la R-Solution, le candidat doit avoir pour référence par une personne qui réside légalement aux Etats-Unis. Celle-ci doit aussi payer tous les frais relatifs au voyage incluant étude de dossier, test médical et billet d'avion. A son tour, le travailleur potentiel prendra l'engagement de retourner en Haïti à l'expiration du contrat de travail. Un travailleur qui respecte son engagement peut retourner aux Etats-Unis à n'importe quel moment. C'est le cas d'Oslin Jean Dady qui, en juin 2007, avait regagné Haïti après avoir passé près de deux mois aux Etats-Unis. En janvier, avec quarante-trois autres jeunes, il y est retourné pour une période de six mois.
La prise en charge des démunis
A côté de son programme de création d'emplois et de sécurité sociale, la R-Solution prend en charge plusieurs centaines d'enfants défavorisés en Haïti. Chaque quinzaine, a affirmé Ritho Jean-Louis, des kits alimentaires sont distribués à près de cinq cents enfants dans la zone de Petit-Goâve où l'organisation a son quartier général en Haïti. Plusieurs de ces enfants, a-t-il poursuivi, arrivent à fréquenter l'école grâce à la contribution des membres de l'organisation. En attendant de trouver des fonds pour construire un village moderne et modèle dans le quartier de Fort-Royal au profit des enfants et de leurs parents, les responsables de la R-Solution invitent les Haïtiens de l'extérieur comme ceux de l'intérieur à cultiver la solidarité afin de sortir de notre situation actuelle.

Une séance de travail organisée à Miami du 4 au 6 avril 2008 de concert avec le Service d'entretien et d'assainissement (SEDA) a été l'occasion pour les responsables d'évaluer le chemin déjà parcouru depuis quatre ans. D'autres perspectives ont été dégagées pour les prochaines années. La problématique de l'assainissement et du recyclage a été au centre des discussions. Des personnalités comme l'ancien maire de Port-au-Prince, Emmanuel Charlemagne, et le journaliste Roosevelt Jean-François ont expliqué à l'assistance comment le pays peut tirer profit des immondices qui jonchent les rues, surtout à Port-au-Prince. L'exemple de la ville de Miami qui fait des déchets de toutes sortes une industrie rentable a été présenté par les conférenciers.
Un projet pour assainir Pointe-à-Raquette
«Assainir les villes d'Haïti est aujourd'hui une nécessité qui saute aux yeux », a reconnu Roosevelt Jean-François. Il a invité tous les secteurs du pays, le secteur privé, la société civile et l'Etat haïtien, à s'y impliquer à fond. « La presse, les églises, les écoles...doivent dire aux gens de ne pas jeter les détritus n'importe où, a dit le journaliste. L'Etat haïtien doit, de son côté, faciliter la création de petites et de moyennes entreprises dans le domaine. Et l'université, comme aux Etats-Unis d'Amérique, doit produire des réflexions sur l'assainissement et le recyclage des villes du pays. »

La R-Solution et le SEDA veulent prêcher d'exemple. Ils ont fait choix de la commune de Pointe-à-Raquette (île de la Gônave) pour exécuter un projet pilote dans le domaine de l'assainissement. Les deux maires adjoints de la commune, Feine Sagagne et Emile Dépeigne, qui ont assisté à la séance de travail, promettent de supporter ce projet qui sera exécuté grâce à la contribution des membres des deux organisations.
Source: Le Nouvelliste