Porto Alegre, 4 févr. 02 [AlterPresse] --- L'être humain doit être sujet et non objet de l'economie :
c'est ce qui ressort d'une conférence sur l'économie solidaire, qui a eu lieu le 1er février dernier dans le cadre du Forum Social Mondial, réalisé a Porto Alegre au Brésil.
"Il faut repenser les concepts en partant de l'être humain en tant que centre de l'économie", a lancé Carola Reintjes de Coalition Rurale, Espagne. La panéliste a dénoncé le fait que dans l'économie capitaliste, "l'être humain est soumis a l'intérêt du capital".
Carola Reintjes a présenté l'économie solidaire comme un ensemble de pratiques fondées sur l'autonomie, l'indépendance, la participation et la coresponsabilité des acteurs. Elles s'enracinent dans la propriété sociale et le contrôle social des processus de productions et des circuits financiers, a-t-elle ajouté.
Pour Carola Reintjes, l'économie solidaire peut définitivement contribuer à la "naissance d'un autre monde". Voilà pourquoi elle propose plus d'articulation, de coordination et de réflexion au niveau des secteurs impliqués dans les expériences d'économie solidaire.
Retraçant l'histoire de l'économie solidaire, le chercheur français Jean Louis Laville a situé ses premières manifestations au cours du XIXème siècle.
Passant par diverses périodes, les expériences ont contribué à faire naître en Europe au XXème siècle l'État social, a-t-il souligné.
L'enjeu aujourd'hui est de "construire une autre mondialisation au quotidien, celle de la solidarité". Il a cependant mis en garde contre le risque "d'instrumentalisation de l'économie solidaire dans le but de combattre les effets du néolibéralisme" sans toucher aux causes réelles de l'exclusion et de la marginalisation.
L'économie solidaire doit revoir les rapports hommes-femmes dans le processus de production, d'échanges et de consommation des produits, a soutenu, pour sa part, Rosa Guillen, militante de la Red de Mujeres Latino-americanas Transformando la Economia.
Elle a critiqué le capitalisme qui "asservit" les femmes.
Jose Luis Coraggio de l'Université Sarmiento General en Argentine, a enfin proposé une reformulation des règles de l'économie d'après le modèle d'economie solidaire, en y intégrant des "règles éthiques" et une perspective démocratique. Même si elle est "anti-marché capitaliste", l'économie solidaire n'est ni "anti-marché", ni "anti-état", a enfin précisé Coraggio.
Le public qui s'est montré très enthousiaste a largement participé au débat. Un séminaire en deux étapes devait suivre la tenue de la conférence