Search the Web 
Subjects: 30,424 | Messages: 64,972 | Mp3s: 973 | Videos: 103 | Members: 16,720 | Online: 186 | Newest : louctscousy
Haitiwebs Home english  français  register  faq  contact us
Go to Haitiwebs Chat     Register   
Calendar Search Mark Forums Read
Famous Haitian Women The bulk of this material is drawn from Memoire de Femmes, a book published in 1997 and first ported on the internet by Haitiwebs, courtesy of Unicef.
Welcome to the Foire d'Opinions Haitiennes forums.
You are currently viewing our boards as a guest which gives you limited access to view most discussions and access our other features. By joining our free community you will have access to post topics, communicate privately with other members (PM), respond to polls, upload content and access many other special features. Registration is fast, simple and absolutely free so please, join our community today!
If you have any problems with the registration process or your account login, please contact contact us.
Latest Top News ::.. Où est passé le Nouveau Contrat Social du groupe des 184 ? Boulos, vous nous manquez! Le Grand Sud démasqué Quatre policiers mis en isolement Les perles sont éternelles MIAMI / Un concert pour venir en aide aux sinistrés d'Haïti ! Le Marché en fer ou marché Vallières : une nouvelle catastrophe… annoncée ! La promotion socio-économique des femmes via Internet A quand le renouvellement du tiers du Sénat? Appel urgent! pour voler au secours d'Haïti

Follow up
 
LinkBack Thread Tools Search this Thread Display Modes
  #1 (permalink)    
Old 03-24-05, 11:19 PM
haitiwebs's Avatar
haitiwebs haitiwebs is offline
Administrator
 
Posts: 4,573
Violette Atletic Club Real Madrid
haitiwebs is on a distinguished road
Marie-Madeleine (Joute) Lachenais

1778 - 1843
Aucune femme, sinon Joute Lachenais, n'aura eu, dans l'histoire de notre pays, ce privilège combien rare d'une présence aussi constante dans les coulisses et les dédales du pouvoir. Et en y faisant sentir 36 ans durant (de 1807 à 1843) un empire si visible, aucune non plus ne parviendra à établir ainsi, haut la main, ce record d'ascendance unique dans nos annales qui lui vaut d'une histoire malicieuse cette appellation singulière de «présidente de deux présidents».
Outre évidemment ce qui devait tenir d'un attachement d'ordre affectif et sentimental, on demeure perplexe de ne rien trouver de saillant à sa présence continue au palais présidentiel aux côtés d'Alexandre Pétion; on l'est davantage quand on sait qu'à la mort de celui-ci, évoluant encore dans les allées de ce palais, seul lieu de tout le pays vraisemblablement digne de ses pas, Mme Lachenais, dans une impassibilité de marbre, oserait-on dire, sera «tout naturellement» à attendre la nomination du général Jean-Pierre Boyer, lequel, on le sait, viendra prendre la succession et du président et du conjoint; abasourdi on est enfin qu'une figure aussi exceptionnelle n'ait jusqu'à présent fait l'objet d'aucune biographie étendue et sérieuse, ce qui, bien entendu, nous aurait valu aujourd'hui de pouvoir fournir plus amplement réponse à cette troublante et lancinante question: Qui était Joute Lachenais?
Marie-Madeleine (dite Joute) Lachenais serait née à l'Arcahaie en 1778 (1782 selon Corvington) de Marie Thérèse Fabre et du colon de Lachenais. En 1802, de son union avec Marc-Joseph Laraque, commandant de l'Arcahaie, lui est née une fille. C'est Marie-Joseph Laraque dite Fine (qui deviendra Fine Faubert, l'épistolière si touchante). On lui connaît également deux filles de Pétion: Célie et Hersilie, puis une de Boyer: Azema. Si ces faits jettent un éclairage bien que sommaire sur l'amante et la mère, ils semblent, par contre, d'un mutisme exaspérant en ce qui a trait à la politique, celle qui, peut-être, parce que bonne mère et bien-aimée compagne (comme la nomme Boyer dans sa correspondance), se révélera d'une emprise si profonde.
Pour la comprendre cette emprise, sans doute devons-nous garder continuellement à l'esprit cette image particulière d'une époque où, comme le signale Beaubrun Ardouin, «les femmes des officiers étaient autorisées à partir en campagne avec leur mari et qu'elles faisaient leur entrée triomphale dans la ville de Port-au-Prince caracolant avec fierté au milieu des officiers et des soldats». Toujours est-il, en tout cas, qu'elle ne manquera nullement de la mettre à profit et réussira «la plus étonnante man?uvre politique que jamais femme eût conçue sous notre ciel»,(1) en placant en orbite, pour la succession assurée de son conjoint, son favori et ami, Boyer. Elle n'a pas peu contribué auparavant à lui faire obtenir tous ses grades supérieurs (écartant ainsi des présumés successeurs, vétérans de haute valeur de l'armée tels Bonnet, Delva, Lys et bien d'autres), se réservant à l'occasion de le protéger délicatement des «irritations» grandissantes d'un époux que ne manquait d'assombrir une préférence un tantinet marquée. Dans les avenues onduleuses du pouvoir, rapporte-t-on, il était vain d'espérer se faire jour si, jouant d'assiduités et de constance, on ne se faisait fort d'obtenir auparavant l'oreille et les bonnes grâces de Joute ou, ce qui équivalait au même, celles de son favori dont l'influence, en dépit de tout, ne laissera étrangement de croître(2). Parlant de l'autorité que Pétion voulait rendre héréditaire, n'arrivait-t-il pas souvent qu'on fasse tout naturellement allusion au général Boyer lequel, bien que ni parent, ni allié du président, n'était pas moins considéré, étant donné ces étroites faveurs, comme membre à part entière de la famille?
[BREAK]
On a peine à le croire, cette influence de Mme Lachenais, cette ascendance, disions-nous, ne se fera pas moins marquante après la montée de celui-ci au pouvoir. En effet, si malgré les lois votées par la Chambre en 1818 et en 1840, elle ne parvient point à obtenir de son parcimonieux favori, l'érection du monument en marbre fin qu'elle commande de Paris «et destiné à abriter les cercueils de Pétion et de Célie»(3) pas plus que celle «d'une chapelle pour recevoir les restes de Pétion à l'emplacement où celui-ci était né, rue de la Révolution»(4). Il arrive, par contre, qu'elle le fléchisse sur des dispositions autrement importantes. Ainsi donc, quand en 1838, ayant obtenu de la France cette levée de sanctions tant attendue et la renonciation à tous droits et prétentions sur le pays, Boyer, jugeant accomplie sa tâche, se décide à abdiquer le pouvoir, n'est-ce point elle qui, l'exhortant à y rester, parvient, cela va sans dire, à obtenir gain de cause? Quand, plus tard, elle apprend que le nom de Soulouque(5), gérant de ses habitations et également officier de la garde du président, figure en bonne place dans une liste de conjurés accusés de menées attentatoires à la vie du président, n'est-ce point encore elle qui, par une opportune intervention, arrive à obtenir, de l'inflexible Boyer lui-même, cette faveur combien insigne qu'il ne soit ni interpellé, ni inquiété? Quelques jours plus tard, le 3 juillet 1827, ceux des conjurés qui, ayant eu du mal à se mettre à couvert, s'étaient vus appréhendés, paieront tout bonnement de leur vie leur folle et audacieuse équipée.
La toute-puissance de Joute Lachenais ne contreviendra point cependant au vent d'opposition qui, faisant rage depuis Darfour et culminant au soulèvement contre Boyer, les voit prendre en 1843, le chemin de l'exil. «Dans la soirée du 13 mars, à 7 heures, Boyer pria le sénateur Madiou d'accompagner Madame Joute Lachenais jusqu'au rivage de la mer où la chaloupe de la corvette du «Scylla» attendait la famille présidentielle»(6) en prenant bien soin, peut-être par simple souci d'éviter qu'ils terminent leur vie dans la gêne ? la fortune personnelle de Boyer selon B. Ardouin ne s'élevait même pas à 25.000 piastres ?, de verser à Madame Joute Lachenais, deux jours avant de faire tenir au sénat sa lettre de démission, «... la somme annuelle que celle-ci, suivant le v?u de la loi du 27 avril 1818, aurait du recevoir du Trésor, et qui ne lui avait jamais été réglée. Il signa un ordre de paiement de 29.000 gourdes et plus dues à Célie Pétion»(7).
Après 36 ans de règne, une vie aussi bruyante d'ordres, aussi riche de démêlés de cour, pouvait-elle s'accommoder de routines différentes et des rigueurs astreignantes de l'exil? Quatre mois, en effet, après son départ du pays, le 22 juillet 1843, Joute Lachenais meurt à Kingston, Jamaïque. Boyer, dit-on, l'aurait épousée peu avant sa mort. Sa fille Hersilie mourra également deux ans après.
(1) Placide David, cité dans Femmes haïtiennes, op.cit. p67.
(2) Thomas Madiou, op.cit. Tome V, pp12-13.
(3) Célie Pétion est morte à l'âge de 20 ans, le 28 septembre 1925 des suites d'une fièvre pernicieuse. On lui reconnaissait de qualités humaines incontestables et une telle propension à servir que, malgré son jeune âge, on la comparait déjà à Claire-Heureuse Dessalines.
(4) (7) Georges Corvington, Port-au-Prince au cours des ans, Tome III pp83 et 93
(5) A ne pas confondre avec le futur empereur.
(6) Thomas Madiou, op.cit. Tome III, p470.
Digg this Post!Add Post to del.icio.usBookmark Post in TechnoratiFurl this Post!
Reply With Quote
Post New Thread  Follow up
Thread Tools Search this Thread
Search this Thread:
Advanced Search
Display Modes
Posting Rules
You may not post new threads
You may not post replies
You may not post attachments
You may not edit your posts

vB code is On
Smilies are On
[IMG] code is Off
HTML code is Off
Trackbacks are On
Pingbacks are On
Refbacks are On

Points Per Thread View: 2.00
Points Per Thread: 15.00
Points Per Reply: 5.00
Similar Threads
Thread Thread Starter Forum Replies Last Post
Madeleine Sylvain-Bouchereau haitiwebs Famous Haitian Women 0 03-25-05 12:18 AM
Marie-Jeanne haitiwebs Famous Haitian Women 0 03-24-05 11:05 PM
copyrights © 1999 - haitiwebs.com, a Virtual Haitian Community. All rights reserved.
The time now is 08:11 PM.

SEO by vBSEO 3.0.0 ©2007, Crawlability, Inc.