 
02-02-07, 12:01 PM
|  | Senior Member | | | | February 2 - Gangs haïtiens d'ici et d'ailleurs Gangs haïtiens d'ici et d'ailleurs
</B> Les vieux soldats ne meurent pas, ils disparaissent tout doucement... PORT-AU-PRINCE, 29 Janvier - Haïti synonyme de gangs ! A l'intérieur comme à l'extérieur. Pendant que des jeunes brigands tuent un reporter-photographe dans un quartier populaire de Port-au-Prince, sous prétexte qu'il les a photographiés sans leur autorisation, un tribunal de Montréal condamne plus d'une douzaine de membres d'un gang de trafiquants de cocaïne, des haïtiens tous ou presque. Et la police de Miami est toujours à la recherche des individus qui ont tendu récemment une embuscade en plein centre ville de la métropole floridienne, tuant un jeune haïtien et blessant grièvement sa mère et une petite amie. On subodore un règlement de compte et que les agresseurs étaient également d'origine haïtienne. Haïti semble se donner une nouvelle image : les gangs. Phénomène de globalisation, accentué dramatiquement par la nouvelle politique tout à fait impériale consistant à exporter " ses " criminels d'origine étrangère dans leur pays natal. Globalisation : Bernard Mathieu, dit Ti Pon, le chef du gang montréalais de la rue Pelletier, pouvait donner l'ordre d'enlever la sœur d'un concurrent à Port-au-Prince et de l'exécuter si ce dernier continuait à lui tenir tête. On rapporte aussi que de nombreux jeunes haïtiens, dont quelques-uns de bonne famille, comme on dit chez nous, font de la prison depuis de nombreuses années en République dominicaine voisine pour crimes de sang ou trafic de drogue ou autre. Dans certains cas, leurs parents les avaient envoyés poursuivre des études universitaires. Mais pourquoi des haïtiens ? L'œuf et la poule... On ne finirait pas d'épiloguer sur le point de savoir si les gangs ont été importés en Haïti ou si c'est nous qui les produisons. C'est l'œuf et la poule, lequel a vu le jour avant l'autre ? Oyez la députée du Bloc québécois, Maria Mourani, auteur d'un livre " La face cachée des gangs de rue ", commentant les condamnations prononcées par le juge de Montréal et dont plusieurs pourraient résulter aussi dans une déportation en Haïti. " Nous allons exporter cette criminalité dans un pays qui n'a pas les structures policières, judiciaires et politiques nécessaires pour la gérer comme il faut. On pourrait pourtant gérer cette situation ici. " Mais nous n'allons pas nous empresser de jeter la pierre aux étrangers, tout comme on ne dispose pas de statistiques qui nous permettraient de mesurer le poids véritable du facteur " déportés " (ces criminels expulsés en Haïti à peine sortent-ils de prison aux Etats-Unis et au Canada) dans le phénomène du kidnapping actuellement en vogue dans notre pays. Cependant les deux sont aussi vraisemblables et même évidents l'un que l'autre. Il a suffi de quelques mois pour remplacer les petits poseurs de barricades enflammées à Port-au-Prince par une armée de criminels endurcis dont la main ne tremble jamais devant l'objectif, dût-il être un petit garçon de six ans. En même temps, la société haïtienne expose une image de décadence qui pourrait alimenter des instincts criminogènes. Nous sommes au bout d'un monde fini mais sans le courage de s'en inventer un autre. Mercedes, casino et boîtes de nuit... La jeune criminalité haïtienne (premier caractère qu'elle partage avec celle des grandes villes d'Amérique du nord, Ti Pon et ses camarades n'ont pas plus de 35 ans) s'est développée aussi dans une société (entendez Haïti) dominée aujourd'hui par l'appât du gain facile et une conception cynique de la richesse matérielle qui en vient à constituer une fin en soi, écartant toutes les autres valeurs, intellectuelles ou même spirituelles. Le pays a été classé en 2006 comme le plus corrompu de la terre par une ONG occidentale nommée Transparency International. On peut contester le caractère trop unilatéral d'une telle condamnation. Mais le fait existe. Trop de jeunes qui sont pressés de prendre la misère comme une excuse aux pires abominations. Mais plus grave encore, trop de jeunes de la classe aisée qui crachent sur les valeurs sociales les plus élémentaires pour cultiver le " quick money ", le rêve d'être millionnaire avant 25 ans. Mais sans lever le petit doigt. Travailler est une honte. Le dodo, métro, boulot devenant Mercedes, casino et boîtes de nuit. Sans oublier le proverbe : le poisson pourrit toujours à la tête. Si le kidnapping a tant réussi (si l'on ose dire) c'est à cause de l'implication de plusieurs catégories sociales. Hommes d'affaires, policiers et chefs de gang. Quelques play-boys et cover-girls pour amadouer ou rabattre les futures victimes. Et l'absence de toute autorité de l'Etat, livrant toute une population pieds et poings liés à cette terreur d'un nouveau genre. Quant aux parents, ils la ferment s'ils sont dans le besoin. Ou ils n'hésitent pas dans d'autres cas à servir de couverture. Même à contre cœur. C'est le règne des jeunes et de la richesse instantanée. A bas les études, le culte de l'effort, la morale de papa. Travail, non. Famille, mais sans familiarité. Patrie, connais pas. Soyez riche à n'importe quel prix, ou tu meurs. Bwè pwazon. A 40 ans, on est déjà tous des PPW (comme on disait pour s'amuser dans les années yéyé) = Passera Pas le Week-end. Le cocktail misère-décadence sociale-laxisme-et faillite politique... Nous voici très loin des petits gigolos du film de Laurent Cantet " Vers le sud ", d'après le scénario si touchant du romancier haïtien Dany Laferrière, et qui se font entretenir par des touristes d'âge mur en quête d'une rédemption de leur féminité. Pouvait-il exister pire misère que sous la dictature des tontons macoutes. Misère dans tous les sens du mot. Cependant le cocktail misère-décadence sociale-laxisme-et faillite politique ou encore de démission à la fois individuelle et institutionnelle, celui-là est définitivement ingérable. Un point de non-retour. Finis les tours de passe-passe genre sauveur de la nation. Et voilà la différence tragique entre notre pauvre Haïti et toutes ces mégapoles du nord qui de plus nous " exportent leur criminalité ", pour reprendre l'expression de Maria Mourani. Il y a donc quelque chose de plus qu'un va et vient déportés - petites frappes emprisonnées dans les frontières matérielles et mentales de leurs bidonvilles. Au propre comme au figuré. Il y a une société au bout du rouleau qui ne fournit plus aucun garde fou à force de tourner depuis trop longtemps à vide. Une société bluff, mais qui ne peut plus se bluffer elle-même. Comme le personnage du film " La femme du boulanger " : nous sommes " dans un pétrin mais qui ne pétrit plus ". Une société toute entière " chimérisée. " Oui, à ce point de vue, Haïti représente un danger non seulement pour elle, mais pour le monde. Haïti en Marche, 29 Janvier 2007
Last edited by Rolaurie : 02-02-07 at 12:16 PM.
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02-02-07, 03:10 PM
|  | Registered User | | | | | Je ne comprends pas : dans le titre du thread c'est écrit 2 février et à la fin du message c'est écrit 29 janvier.
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02-03-07, 10:55 AM
|  | Senior Member | | | | Al, c'est parce que l'analyse est écrit le 29 février et on l'a publié le 2 février 2007
J'espère que j'ai été clair pour toi! | | 
02-05-07, 10:27 AM
|  | Registered User | | | | | Ok je comprends, mais pourquoi mettre la date du 2 février alors que c'est déjà écrit à côté ? ça fait double emploi non ?
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02-05-07, 11:04 AM
|  | Senior Member | | | | Al, l'essentiel c'est que tu comprennes le post n'est-ce pas?
la date n'est pas tellement importante... | | 
02-05-07, 11:21 AM
|  | Registered User | | | | En effet, mais je pense qu'il est également important pour moi de te comprendre ! et donc de comprendre la manière dont est présenté le sujet.
Je n'ai pas tellement aimé le ton de l'article qui laisse sous-entendre qu'il n'y a plus d'espoir. Je pense le contraire.
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02-05-07, 04:39 PM
|  | Senior Member | | | | so, c'est le ton de l'article qui est le problème pas la date ?
eh bien Al, j'abonde dans ton sens un petit peu mais n'empêche que l'auteur a raison sur beaucoup de choses. | | 
02-07-07, 06:08 AM
|  | Registered User | | | | | Oui il a raison sur beaucoup de points, mais surtout dans la conclusion. je pense que les causes qu'il a trouvée ne sont pas vraiment les bonnes. Or si l'on veut changer quelque chose il faut d'abord comprendre pourquoi ça se passe ainsi.
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02-08-07, 09:07 AM
|  | Registered User | | | | C'est son point de vue Al Saqr
tu peux ne pas être d'accord cependant il a essayé lui
__________________ Jésus aie pitié de nous | | | Thread Tools | Search this Thread | | | | | Display Modes | Linear Mode | Posting Rules | You may not post new threads You may not post replies You may not post attachments You may not edit your posts HTML code is Off Points Per Thread View: 2.00 Points Per Thread: 50.00 Points Per Reply: 20.00 | | | |